Alger Confidentiel : Le fiel d’une chaine qui déraille
lProduite par la chaîne franco-allemande ARTE, le sinistre thriller «Alger Confidentiel» est un lamentable navet, stéréotypé, gorgé de contre-vérités et complètement biaisé. Loin d’être une série pour divertir les passionnés de fiction politique ou d’espionnage, ce thriller cache bel et bien des arrière-pensées. Ses messages directs ou subliminaux affichent plutôt une malicieuse perfidie, qui a toujours accompagné la majorité des médias du service public français.
Pour ces derniers, l’Algérie demeure un fertile chantier qui inspire la violence, le crime, le sang, les intrigues, les trahisons, le banditisme et surtout l’archaïsme. Et c’est encore la décennie noire qui refait surface dans leurs scénarios, mêlant tous les ingrédients les plus terrifiants dans un cocktail explosif. Pour les producteurs d’ARTE, cette décennie sanglante est éternelle, n’est pas encore close, brandie comme un épouvantail aux nouvelles consciences modernes et qui aspirent à la paix, au bien-être, au développement et au progrès.
Pour les observateurs attentifs de ces procédés machiavéliques, produits de laboratoires soft power, cette série trahit un imaginaire de haine, un sentiment avéré d’hostilité ou d’animosité sur tout ce qui a trait à l’histoire de l’Algérie, aux luttes de son peuple, à ses institutions. Objectif : ne plus travestir les réalités, ne pas mentir, pour dissiper les doutes et freiner les éventuelles réactions de refus, mais juste créer une «fiction», enjolivée par les romances, l’action des héros, l’atmosphère noire, en mettant toutes les sauces techniques, comme le fait de faire le tournage au Maroc (l’image d’une station d’essence Total l’a trahi).
Mais les fictions ne sont plus innocentes. Elles traduisent bel et bien ce sentiment anti-algérien que le paysage audiovisuel hexagonal distille chaque jour. Un paysage qui semble devenir aujourd’hui la locomotive de ce discours d’extrême-droite, dont les protagonistes politiques gagnent encore des points. Bien plus que la société française qui est «travaillée» en lui inculquant de fausses images et de fausses réalités sur l’Algérie, c’est encore la diaspora, notamment les plus jeunes, qui sont ciblés par cette propagande.
Les observateurs sont d’accord pour dire que derrière ce thriller, c’est la thèse du «qui tu qui ?» qui est remis au goût du jour. Thèse morbide qui ôte toute responsabilité aux hordes terroristes, celles qui ont massacré des dizaines de milliers d’Algériens, qui ont détruit des écoles, brûlé des usines et créé le chaos. Une thèse qui a fait fureur il y a trente ans dans ces médias et qu’aujourd’hui, on remet sur la table médiatique en mettant sur selle les éternels ex-opposants au régime politique algérien.
Jamais ces chaînes de télévision n’ont tenté de disséquer la réalité, de rétablir les vérités sur cette mémoire encore traumatique chez les Algériens. Car le traumatisme vécu par les millions d’Algériens durant ces terribles années est encore vivace, encore plus dur, plus profond qu’on ne le croit. Ce navet d’ARTE n’en fait pas mention, le néglige par une méprisante omission volontaire.
Il faut croire que l’échec probant des documentaires réalisés sur le Hirak a poussé les tuteurs de ces médias à changer de procédés, à privilégier les fictions et à en produire à profusion. Une attitude qui risque encore de durer longtemps. Dommage pour ARTE.