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Nationale

ENIEM de Oued Aïssi à l’arrêt pour un mois

ENIEM de Oued Aïssi à l’arrêt pour un mois

L’ENIEM de Oued Aïssi est depuis ce mardi, et ce jusqu’au 31 décembre prochain, en arrêt d’activité étant donné l’absence de la matière première, une fois encore, et des contraintes financières. La mise à l’arrêt des ateliers de production pour toute la durée du mois en cours a été décidée par le conseil d’administration (CA), à l’issue de sa réunion, tenue dimanche dernier.

Le conseil a justifié sa décision, rejetée d’ailleurs dans le fond et dans la forme par les travailleurs, par «la persistance du blocage de la banque concernant l’octroi des crédits nécessaires pour le financement des approvisionnements suite à la rupture des stocks des matières premières». Le CA de l’ENIEM a toutefois instruit l’ensemble des responsables afin de veiller au respect de certains critères, à savoir l’épuisement des reliquats de congé annuel des travailleurs et l’octroi d’un congé technique pour ceux ayant déjà consommé leur congé. Concernant la mise en congé technique, les travailleurs garderont leurs salaires de base, lesquels devront être augmentés par l’indemnité d’expérience professionnelle, le maintien des primes et indemnités à caractère familial ainsi que l’indemnité pour salaire unique (ISU).

La décision précise également qu’«il ne sera pas procédé aux différentes retenues mensuelles par rapport à certains prêts. Pour ce qui est des raisons exactes de cette pénurie de matière première et la disette financière de l’entreprise, les dirigeants de l’ENIEM impute, encore une fois, cette situation aux banques. Celles-ci sont en effet accusées par la direction de l’ENIEM de ne pas fournir de crédits à l’entreprise pour l’approvisionnement en matière première». Selon les informations du Jeune Indépendant sur ce sujet, en février dernier, l’ENIEM, géant aux pieds d’argile, avait bénéficié d’une autorisation d’achat à l’importation d’un montant de 1,1 milliard de dinars, ce qui lui a permis d’assurer seulement la production jusqu’à octobre dernier. A ce titre, la banque a déjà débité l’entreprise de 730 millions de dinars sur les 1,1 milliard de dinars

prêtés, et ce avant même l’expiration de l’échéance de 9 mois, comme mentionné dans la convention d’accord. L’autre problématique de l’ENIEM, qui n’est pas des moindres, est le blocage d’un lot important de marchandises qu’elle a importé et qui se trouve au niveau des douanes en raison de l’absence d’autorisation d’importation et d’exploitation de la matière première en CKD/SKD. Cependant, en dépit des arguments avancés par les responsables de l’entreprise, les travailleurs considèrent ceux-ci comme «fallacieux». C’est pourquoi, en guise de protestation contre la décision de leur direction, les travailleurs de l’ENIEM, au nombre de1 500 environ, ont effectué une marche à partir du siège de leur entreprise jusqu’au siège de la wilaya. Il va sans dire que cette marche a causé un énorme embouteillage tout le long de l’itinéraire, long de cinq kilomètres. Il convient de relever qu’une fois arrivés devant le siège de la wilaya, les manifestants ont dégagé une délégation de 20 personnes dans le but de rencontrer le wali en vue de l’informer de leur désarroi et pour qu’il arrête une décision en leur faveur. Au moment où nous rédigeons ces lignes, le wali et la délégation des travailleurs sont toujours en discussion. Notons enfin que l’UGTA, union locale (Syndicat des travailleurs de l’ENIEM), a saisi, par le biais d’une correspondance, le ministre de l’Industrie, où elle a dénoncé la décision arrêtée par la direction de leur entreprise, estimant que celle-ci «est une décision antiréglementaire et antisociale».

Dans le même document, les signataires ont pointé un doigt accusateur vers leur PDG, ce dernier n’ayant pas consulté les travailleurs avant la prise de décision. «Plus grave encore, peut-on lire dans la correspondance, le PDG de l’ENIEM s’apprêterait à enclencher, par la suite, un plan social visant une compression des effectifs, et ce, encore une fois, sans associer à la prise de décision le partenaire social, à savoir le syndicat de l’entreprise». Enfin, le syndicat de l’entreprise ENIEM de Oued Aïssi, tout en condamnant «les agissements irresponsables du PDG et ses provocations intolérables» à leur endroit, interpellent le ministre afin qu’il intervienne pour éviter à l’entreprise de subir de fâcheuses conséquences. Ainsi donc, les travailleurs jettent la pierre à leur direction et celle-ci la jette aux banquiers. Qui dit vrai ?

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