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Nationale

Enfants maltraités: Plus de 50 000 cas enregistrés annuellement

Enfants maltraités: Plus de 50 000 cas enregistrés annuellement

Le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche (Forem), Mustapha Khiati, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des enfants en Algérie. Selon lui, plus de 50.000 enfants sont maltraités chaque année.

Le professeur Khiati qui s’est exprimé jeudi dernier sur les ondes de la Chaîne III de la radio algérienne, a estimé que les chiffres officiels communiqués chaque année par les services de sécurité, et qui font état de 10 000 cas par an, « ne correspondent pas à la réalité et sont loin de traduire réellement l’expansion alarmante du fléau ». Il estime que les statistiques sont beaucoup « plus importantes. 

Le nombre de cas de maltraitance est de 50 000 annuellement, voire plus », a-t-il affirmé. ». Le président de la Forem regrette que « beaucoup de cas d’agression ne soient pas déclarés », en raison des tabous empêchant certaines familles, notamment des zones rurales, de les dénoncer.

« Surtout dans le cas de maltraitances intrafamiliales », a-t-il souligné. Aujourd’hui, la situation est « très difficile », au point que l’enfant « n’est plus en sécurité dans notre société », a ajouté le Pr. Khiati. 

Des peines maximales pour les violeurs
Pour faire face aux nombreuses agressions que subissent les enfants (viol, kidnapping, maltraitance, etc), le président de la Forem a insisté sur l’importance de pallier le vide juridique existant en matière de protection des enfants en Algérie. « Il faut déployer plus de dispositifs pour la protection de l’enfant et mettre en place des textes dissuasifs », a-t-il dit.

Allant dans le sens de ce texte de loi, Khiati ne manquera pas de préciser qu’« il est persuadé qu’il faut que les textes portent sur des peines maximales ». Revenant sur ce texte de loi, il tient particulièrement à revenir sur deux questions qui, selon lui, méritent d’être révisées. Elles concernent en premier lieu les diverses grâces dont peuvent bénéficier trop souvent ces criminels.

« La société demande à que ce type de peines soient des peines incompressibles », a-t-il insisté. Il est incompréhensible pour lui que « des grâces arrivent à réduire les 5 à 10 ans qu’encourent ceux qui commettent ce type de crimes à 2 ans et parfois moins ». 

Il soulèvera un autre point qu’il juge primordial : la récidive. « Un violeur est tenté de revenir sur son acte, cela a été prouvé et démontré dans plusieurs pays », indique-t-il. Pour lui, sur ce type de cas, le texte n’offre aucune précision.

Il reviendra dans son intervention sur la notion de « responsabilisation » des parents pour les actes commis par des enfants de moins de 10 ans. Pour lui, dans les nouvelles dispositions pénales, il aurait fallu impliquer la responsabilité des parents pour les actes commis par cette catégorie.

27% des lycéens et 14% des collégiens consomment de la drogue
Évoquant le phénomène de la drogue en milieu scolaire, le président de la Forem a révélé un taux de « 27% des lycéens et 14% pour les élèves du cycle moyen ». Un taux « préoccupant ». D’où l’impératif de considérer ce problème comme « un aspect de violence », selon lui. Pour ce qui est de l’échec scolaire, l’intervenant fait état de 200 000 enfants qui quittent annuellement les bancs de l’école.

Ces derniers peuvent constituer « des consommateurs potentiels de la drogue, faute de programmes de prise en charge », déplore le Pr. Khiati. Afin d’anticiper les menaces dont pourrait être la cible cette population fragile, il appelle à la création d’un Observatoire de l’enfance seul, selon lui, à même de prévenir les déviances dont elle pourrait être l’objet.

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