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Nationale

Endettement extérieur : Une solution temporaire et partielle, selon les experts

Endettement extérieur : Une solution temporaire et partielle, selon les experts

L’Algérie n’a d’autre choix que de recourir à l’endettement extérieur pour financer des projets stratégiques importants. Pour combler le déficit budgétaire, le gouvernement opte pour ce choix comme ultime solution. Mais est-ce vraiment la seule ? Oui, mais il faut agir vite et accompagner cette décision par des mesures urgentes, car l’endettement extérieur n’est qu’une solution temporaire et partielle. C’est juste un outil qui permet de gagner du temps. C’est du moins l’avis de Rachid Sekkak, ancien directeur de la dette extérieure à la Banque d’Algérie.

L’endettement extérieur, longtemps diabolisé, est considéré comme étant un tabou et donc une fatalité pour l’Algérie qui a cette fois-ci choisi de faire appel uniquement aux institution financières internationales dont elle est membre, à l’instar de la Banque africaine de développement. Cependant, cette « solution » n’est qu’« un moyen temporaire et une solution partielle » au déficit budgétaire du pays qui ne fait que se creuser si on ne prend pas des mesures urgentes à même de redresser progressivement la situation, comme cela a été souligné par M. Sekkak qui s’est exprimé, hier, sur les ondes de la Chaîne 3. Selon lui, l’endettement extérieur ne peut être à lui seul une solution, c’est un outil qui permet de gagner du temps. Il n’est qu’un moyen d’atténuer dans le temps les coûts qui seront associés avec les mesures à prendre pour revenir à des équilibres budgétaires et aux équilibres de la balance des paiements. « Si aucune mesure n’est prise pour gérer nos déficits budgétaires, les problèmes s’aggraveront », a-t-il averti. Pour lui, « il n’y a pas de miracle. Comme pour un ménage, on doit choisir entre augmenter ses revenus ou réduire ses dépenses », ou les deux à la fois. Il faut donc, explique-t-il, définir rapidement une trajectoire budgétaire très claire et mettre en place des réformes structurelles, et développer une capacité prospective. L’invité de la rédaction a expliqué que l’endettement extérieur « ne pourra pas substituer totalement la planche à billets ». La raison est que « le niveau de nos déficits budgétaires et le niveau du déficit de la balance des paiements sont actuellement très élevés ». « L’endettement ne pourra pas être une solution à ces déficits. La solution c’est de travailler sur la réduction de ces déficits », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, l’ancien directeur de la dette à la Banque d’Algérie a souligné le fait que nous sommes un pays qui vit bien au-dessus de ses moyens. Lorsque le déficit commençait à se faire sentir en 2014, en raison de la chute drastique des prix du pétrole, « nous avons maintenu un niveau très élevé des dépenses publiques. Le déficit atteint alors un niveau représentant 15% du PIB, alors que les pays européens ne peuvent dépasser 3% ». Il a dans ce sens cité le Fonds de régulation des recettes, ce qui constitue en quelque sorte le carnet d’épargne pour un ménage, qui a été vidé en moins de 18 mois parce qu’« on a préféré continuer à vivre au-dessus de nos moyens ».

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