-- -- -- / -- -- --
Monde

En tenue de CRS, un conseiller d’Emmanuel Macron tabasse des manifestants

En tenue de CRS, un conseiller  d’Emmanuel Macron tabasse des manifestants

Alexandre Benalla, un collaborateur d’Emmanuel Macron, a violemment agressé deux manifestants sans défense le 1er mai, après avoir revêtu illégalement la tenue d’un CRS. L’Elysée a ensuite étouffé l’affaire pour tenter de minimiser les retombées de cette attaque brutale et illégale par un collaborateur  du chef de l’État contre des manifestants exerçant leurs droits démocratiques.

Dans un article paru mercredi soir avec vidéo à l’appui, Le Monde a mis en cause le chargé de mission de l’Elysée qui s’était occupé de la sécurité de Macron durant la campagne présidentielle :

« Alexandre Benalla, un proche conseiller du président de la République (…) équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre alors qu’il n’est pas policier, s’en est pris à un jeune homme à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, à Paris. L’homme casqué, visiblement hors de lui traîne (le jeune homme) au sol, le saisit violemment au cou par derrière puis le frappe à plusieurs reprises ».

Dans la vidéo, on voit un groupe de CRS traîner un jeune homme par terre. Ensuite Alexandre Benalla, équipé d’un casque de CRS et d’un brassard de police, force le jeune homme à se coucher par terre à nouveau, l’étrangle et lui assène plusieurs coups sur son crâne et corps sans défense. Benalla a ensuite agressé une jeune femme qui s’était écriée : « Mais arrêtez ! Vous êtes malade ! »

Les faits se sont déroulés le 1er mai 2018, lors d’un « apéro militant » organisé place de la Contrescarpe à Paris. Repéré par Le Monde, Alexandre Benalla a été filmé en train de frapper un homme au sol et de malmener une jeune fille, alors qu’il n’avait aucune autorisation légale d’intervenir, puisqu’il ne fait pas partie des forces de l’ordre.

Le parquet de Paris s’est saisi de l’affaire le lendemain, ce 19 juillet, alors que l’Élysée n’avait pas dans la foulée saisi le procureur de la République de Paris du dossier, comme le dispose l’article 40 du code de procédure pénale.

Le directeur de cabinet de Macron, Patrick Strzoda, a confirmé au Monde que Benalla était bien l’auteur de ces violences le 1er mai. Selon le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, Alexandre Benalla avait demandé la permission, « sur un jour de congé », « de regarder les opérations de police ». Strzoda la lui avait accordée, prétendument en insistant bien sur son statut d’observateur. Par ailleurs, il aurait été accompagné d’un gendarme réserviste, Vincent Crase, qui a « lui aussi été sanctionné ».

La violence que Benalla a déchaînée contre les manifestants, apparemment pour se faire du bien pour sa journée de congé, était arbitraire. La page Facebook de la manifestation déclarait que ce serait « un apéro militant » et un « moment convivial ».
Les Inrocks soulignent à propos de Benalla que « Ce ne sont d’ailleurs apparemment pas les injonctions de s’arrêter qui lui feront suspendre son geste, mais bien la prise de conscience qu’il est filmé. »

L’Elysée tenta d’étouffer l’affaire, et le chargé de mission s’est seulement vu mis à l’arrêt pendant deux semaines. Bruno Roger-Petit a déclaré que cette punition était « la plus grave [sanction] jamais prononcée contre un chargé de mission ». Mais Benalla a continué à assurer des missions de sécurité, dont l’accueil des footballeurs de l’équipe de France lorsque ceux-ci fêtaient leur victoire de la Coupe du Monde sur les Champs-Elysées.

Craignant l’indignation de l’opinion, la Garde des Sceaux Nicole Belloubet a contredit la décision du cabinet de l’Elysée d’étouffer l’affaire, en soulignant que Benalla s’étant rendu à la manifestation sans autorisation.

Benalla a commis ses violences sur les manifestants dans un contexte social extrêmement tendu, ce qui explique pourquoi la présidence a fait le silence sur une affaire qui la mettait directement en cause.

Benalla est un produit du PS. Il avait auparavant travaillé dans les services d’ordre de Martine Aubry et de François Hollande, avant d’être le chauffeur d’Arnaud Montebourg pendant sept jours.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email