En solidarité avec Gaza: Retrait de « La Dernière Reine » du cinéma du Parc à Montréal – Le Jeune Indépendant
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Culture

En solidarité avec Gaza: Retrait de « La Dernière Reine » du cinéma du Parc à Montréal

En solidarité avec Gaza: Retrait de « La Dernière Reine » du cinéma du Parc à Montréal

Le cinéma du Parc à Montréal se retrouve au cœur d’une controverse artistique après avoir annulé la projection d’une série de films sur la Palestine de la réalisatrice libanaise Jocelyne Saab. En solidarité avec ces films censurés, les réalisateurs de « La Dernière Reine », Adila Bendimerad et Damien Ounouri ont décidé de retirer, ce jeudi, leur film de la programmation du cinéma, dénonçant ainsi la censure dont est victime le cinéma palestinien.

L’événement intitulé « Du fleuve à la mer », prévu en soutien à Gaza et organisé par plusieurs associations, a été annulé de manière unilatérale par le conseil d’administration et la direction générale du cinéma du Parc, quelques heures seulement avant le début des projections. Les réalisateurs ont exprimé leur déception dans un communiqué, soulignant que leur engagement quotidien a toujours été centré sur des valeurs telles que la justice, la dignité humaine et la liberté d’expression.

« Notre forte croyance en l’art comme moyen d’émancipation et de dialogue est au cœur de notre travail, dans lequel nous avons toujours tenté de mettre en lumière la question coloniale, l’effacement de l’histoire et l’étouffement des voix individuelles et collectives», a fait savoir la même source.

Les réalisateurs ont également critiqué la décision de censure en rappelant d’autres incidents similaires en France et en Allemagne, où des films liés à la Palestine ont été retirés des programmes, alimentant ainsi des préoccupations quant à une tendance croissante à entraver la liberté artistique. « Ceci nous mène à refuser toute forme de discrimination et de censure à l’encontre de tous les cinémas du monde, et de la culture en général », ont-ils précisé.

« Aujourd’hui particulièrement, nous sommes choqués par la censure et l’arbitraire qui frappe le cinéma palestinien, alors qu’un nettoyage ethnique est en cours à Gaza et en Cisjordanie. D’abord en France où le film « Wardi » du réalisateur norvégien Mars Grorud a été retiré de la programmation scolaire par le rectorat de Paris. Ensuite en Allemagne où le film « Wajib » d’Anne- Marie Jacir a été déprogrammé sans explication d’une chaîne de télévision », a confié l’équipe du film.

Suite à la décision du cinéma du Parc, les réalisateurs ont initié un dialogue avec l’établissement pour comprendre les raisons derrière cette annulation. « Le cinéma du Parc nous a expliqué que quelques heures avant la projection des films de Jocelyne Saab, en plus d’une pétition en ligne contre la tenue de l’événement, le cinéma avait subi « une attaque » recevant plusieurs centaines de mails et de « menaces », selon leurs termes, de différentes natures, dont ils ne peuvent parler publiquement », ont-ils expliqué.

Les réalisateurs ont «proposé au cinéma grâce à la médiation de notre distributeur, le Festival du monde Arabe de Montréal, d’ouvrir un dialogue public pour lever le voile sur ces pressions externes qui semblent devenir une pratique courante dans la censure et l’annulation du cinéma palestinien, que ce soit sur les artistes, les distributeurs ou les exploitants de salle », a affirmé la même source.

Ces pratiques sont, selon Adila Bendimerad et Damien Ounouri très inquiétantes, opaques, non démocratiques et de ce fait inacceptable. « Nous espérions par ce dialogue soulever la question de cette censure, comment elle est vécue et comment peut-on la combattre. Malgré les efforts consentis par les différentes parties, ce dialogue ouvert au public peine à se mettre en place, et jusqu’à aujourd’hui nous jugeons ne pas avoir reçu un geste clair et fort de la part du cinéma du Parc », ont-ils estimé.

En réponse à cette impasse, les réalisateurs de « La Dernière Reine » ont pris la décision de retirer leur film de la programmation du cinéma du Parc jusqu’à ce qu’un geste significatif soit fait par l’établissement pour restaurer l’ouverture au dialogue et la libre expression artistique. Ils espèrent également que les films annulés seront reprogrammés dans le cadre de l’événement « Du fleuve à la mer ».

Les réalisateurs ont conclu sur une note d’excuse envers le public montréalais. « Nous continuerons toujours à défendre l’idée que tout artiste et toute œuvre doivent être protégés, et peuvent aspirer à être libres du fleuve à la mer, et à travers le monde entier. Nous nous excusons auprès du public montréalais et espérons que « La Dernière Reine » pourra être diffusé dans un cinéma qui sait protéger ses films », ont confié les réalisateurs.

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