-- -- -- / -- -- --
Energies

Le projet Desertec passe à la trappe

Le projet Desertec passe à la trappe

Le gouvernement semble renoncer au projet de l’énergie solaire Desertec, devant être réalisé en partenariat avec l’Allemagne.

Nécessitant un investissement estimé à 450 milliards de dollars, le projet butte contre le refus des banques, qui ne veulent pas endosser une telle somme pour un investissement. C’est du moins ce qui ressort de la déclaration du ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, Chems-Eddine Chitour, qui a indiqué que «Desertec est un ancien projet très coûteux, avec un investissement qui avoisine les 450 milliards de dollars».

M. Chitour a précisé que les banques ont refusé de financer le projet en raison de son coût très élevé. Lors de son intervention, ce jeudi, devant les membres du Conseil de la nation, le ministre a expliqué que l’Algérie envisage toutefois un partenariat avec l’Allemagne à l’horizon 2030, sans donner de détails sur la nature de ce partenariat.

De même, le ministre a relevé que l’actuel modèle énergétique du pays ne crée pas de richesse, faisant état d’une consommation locale de 60 millions de tonnes/an. Ces chiffres, estime l’expert en énergies renouvelables, suscitent de l’inquiétude quant à l’avenir des futures générations en matière d’énergie.

Le premier responsable du secteur a annoncé également la mise en place d’une nouvelle agence des énergies d’ici à la fin de l’année en cours. Le lancement de cette agence, censée porter le nom de «Chams Elkahrabaa», concernera, dans un premier temps, dix wilayas du Sud, a expliqué le ministre qui a cité, entre autres, Biskra, Ghardaïa, Ouargla et Laghouat.

Pour rappel, depuis les premières discussions en vue de sa mise sur pied, ce projet a fait couler beaucoup d’encre, notamment sur les visions «contradictoire» des responsables du secteur de l’énergie et le revirement de leurs positions respectives concernant la possibilité de sa concrétisation et sa rentabilité à long terme.

Ainsi, l’ex-ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, avait indiqué pendant l’été 2020 que «le projet de l’énergie solaire Desertec est dépassé et qu’il faut l’enterrer et l’oublier», préconisant de penser à d’autres alternatives «moins coûteuses» en matière de sécurité énergétique.

La déclaration d’Abdelmadjid Attar était venue en totale contradiction avec l’annonce faite, au mois d’avril 2020, par son prédécesseur Mohamed Arkab, actuellement ministre de l’Energie et des Mines, qui avait fait état de la volonté du gouvernement de reprendre les discussions avec la partie allemande en vue de relancer le projet, à l’arrêt depuis des années. «Le P-DG de Sonelgaz est chargé de cette opération, en concertation avec la partie allemande, concernant la réalisation des centrales photovoltaïques.

Le projet a été discuté dans son aspect juridique et opérationnel afin de signer une convention. Et on peut même le faire à distance», avait alors affirmé M. Arkab. En 2011, Sonelgaz et DII avaient signé un accord de coopération, et une étude de faisabilité du projet avait même été engagée.

Mais le dossier est resté en stand-by, voyant les chances de sa concrétisation s’éteindre au fil des années. Le projet Desertec, faut-il le rappeler, visait à exploiter le potentiel énergétique que recèle le Grand Sud de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et ce dans le but d’approvisionner, à hauteur de 20% et de manière durable, les pays de l’Europe en énergie électrique.

Et c’est dans cette perspective que la fondation Desertec a vu le jour en 2003, mais les visées du mégaprojet éco-énergétique n’étaient pas suffisamment concurrentielles avec les solutions locales en termes d’énergie, ce qui a poussé le consortium à abandonner, peu à peu, l’objectif

initial d’exploration de l’énergie vers l’Europe. Le projet a été dès lors recentré sur la partie de l’Afrique subsaharienne.

Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email