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Nationale

En raison de la crise due au Covid-19:La traite humaine s’amplifie

En raison de la crise due au Covid-19:La traite humaine s’amplifie

La traite humaine s’est amplifiée en raison de la crise économique induite par la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19).
Face à cette situation, l’Algérie, à l’instar des autres pays du monde, est appelé à se mobiliser davantage en cette période de crise sanitaire pour lutter contre ce commerce abominable et impitoyable.
A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains, qui coïncide avec le 30 juillet de chaque année, le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies en Algérie, Eric Overvest, a averti que « la crise mondiale Covid-19 aggrave les risques d’exploitation et de traite des êtres humains, notamment auprès des plus vulnérables ».

Selon les Nations unies, le Covid-19 restreint les déplacements, absorbe les ressources chargées de faire respecter la loi et réduit les services publics et sociaux, par conséquent les victimes de trafics d’êtres humains ont encore moins de chances de pouvoir s’échapper et trouver de l’aide.

Saluant les efforts de l’Algérie contre la traite, notamment ceux du Comité national et des services d’enquêtes et de poursuites, M. Overvest s’est félicité aussi, lors de l’évènement organisé avant-hier au CIC par le Comité national de prévention et de lutte contre la traite des personnes et le Bureau de programmes de l’ONUDC pour l’Algérie, « du rôle fondamental et clé des acteurs de terrain », mis à l’honneur cette année.

« Les acteurs de terrain ici en Algérie participent, chacun dans leurs fonctions respectives, à assurer et garantir protection et assistance aux victimes de la traite », a-t-il déclaré, rendant un hommage appuyé aux premiers intervenants, « ces femmes et ces hommes qui travaillent à identifier, soutenir, conseiller, accompagner, soigner les victimes et qui luttent contre l’impunité des trafiquants ».

Les différents intervenants dans la lutte contre la traite des personne sont notamment la Gendarmerie et la Police nationales, les magistrats, les douanes, les institutions en charge de la solidarité et les médecins.

Le Coordonnateur onusien a également alerté sur le fait qu’il faudra sûrement faire plus à l’avenir, d’autant que plus de 70% des victimes détectées de la traite sont des femmes et des filles, tandis que près d’un tiers sont des enfants.

Dans ce contexte, il a rappelé que le Système des Nations unies en Algérie, et notamment l’ONUDC se tient « prêt à davantage appuyer et soutenir les partenaires algériens dans leurs efforts en mettant en œuvre des projets adaptés, afin de renforcer les capacités sur la base des besoins et priorités nationales ».

Pour sa part, la directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), Ghada Waly, a déclaré au cours de son intervention, que « la COVID-19 a amplifié les dangers de la traite. « Les pertes d’emplois, la pauvreté croissante, les fermetures d’écoles et l’augmentation des interactions en ligne augmentent les vulnérabilités et créent des opportunités pour les groupes criminels organisés », s’est-elle alarmé.

« La crise a aussi rendu plus difficile pour les victimes la demande et l’accès à l’aide », a poursuivi Mme Waly, rendant hommage aux « femmes et hommes qui risquent leur vie et se surpassent pour fournir un soutien essentiel aux victimes de la traite des êtres humains ».

Depuis le début de la pandémie du nouveau coronavirus, les Nations Unies ont à maintes fois souhaité que les pays s’assurent de garder ouverts les abris et les lignes téléphoniques d’urgence, de maintenir l’accès aux tribunaux et la capacité d’action des unités luttant contre les trafics d’êtres humains.

La traite des personnes est un crime grave et une violation des droits de l’homme. Chaque année, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants tombent aux mains de trafiquants dans leur pays ou à l’étranger.

Tous les États sont affectés par la traite d’êtres humains, soit en tant que pays d’origine, soit de transit ou de destination des victimes.

D’après une étude de l’ONUDC, au delà du risque d’attraper le virus, les fermetures de frontière empêchent certaines victimes de rentrer chez elles. Les victimes doivent en outre affronter des ralentissements dans les procédures légales et risquent des mauvais traitements supplémentaires ou bien d’être laissées à l’abandon par leurs ravisseurs.

Parallèlement, le nombre d’enfants forcés d’aller mendier ou chercher de la nourriture dans les rues augmente, à présent que les écoles sont fermées et ne peuvent plus offrir un abri et un endroit où manger.

L’ONUDC avertit aussi que les trafiquants “pourraient devenir plus actifs et s’en prendre à des personnes devenues encore plus vulnérables parce qu’elles ont perdu leur source de revenus, en raison des mesures pour contrôler le coronavirus”.

Même si la plupart des pays ont adopté les lois nécessaires suivant le Protocole de Palerme contre la traite et que certains ont prononcé récemment pour la première fois des condamnations pénales, il reste encore beaucoup à faire pour traduire en justice les trafiquants et faire en sorte que les victimes soient recensées et puissent accéder à la protection et aux services dont elles ont besoin.

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