En détention depuis un an : L’Allemagne demande la grâce de Boualem Sansal
Le Président allemand Frank-Walter Steinmeier a demandé à Abdelmadjid Tebboune de gracier l’écrivain Boualem Sansal, détenu depuis un an. En raison de « son âge » et de « son état de santé fragile », l’auteur pourrait être autorisé à se rendre en Allemagne pour recevoir des soins médicaux, souligne la diplomatie allemande. C’est ce qu’a indiqué hier un communiqué de la présidence de la République.
Frank-Walter Steinmeier a sollicité du président Tebboune « la grâce de Boualem Sansal ». « Un tel geste serait l’expression d’un esprit humanitaire et d’une grande clairvoyance politique », a-t-il déclaré. Selon lui, cette initiative reflète non seulement les liens personnels de longue date avec le président Tebboune, mais aussi la qualité des relations entre l’Allemagne et l’Algérie.
Il convient de rappeler que la Cour d’Alger a confirmé le 1er juillet dernier la condamnation à cinq ans de prison ferme prononcée contre l’écrivain Boualem Sansal, initialement décidée le 27 mars par le tribunal de Dar El Beïda. Cette décision fait suite à l’appel interjeté par l’auteur et le procureur, ce dernier ayant requis une peine plus lourde de dix ans. Boualem Sansal, âgé de 75 ans, est détenu depuis le 16 novembre 2024, après son retour en Algérie depuis la France.
Il avait été poursuivi pour « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Algérie », notamment pour avoir relayé, dans une interview à un média français d’extrême droite, des thèses considérées comme contraires à l’unité nationale et à l’histoire officielle du pays. Le tribunal avait assorti sa peine d’une amende de 500 000 dinars.
Pour les autorités, il ne s’agit pas d’un problème de liberté d’expression mais de souveraineté et de défense de l’intégrité nationale. Remettre en cause l’unité du pays, héritée du long combat de libération contre la colonisation, est perçu comme une trahison. Les critiques de Sansal sur le Sahara occidental, territoire non autonome selon l’ONU depuis 1963, ont encore renforcé ce sentiment.