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Nationale

En attendant les élections locales : Une reconfiguration et des interrogations

En attendant les élections locales : Une reconfiguration et des interrogations

Le parti du Front de libération nationale (FLN) est arrivé en tête des élections législatives du 2 juillet 2026, avec 90 sièges remportés sur les 407 que compte l’Assemblée populaire nationale. Il s’agit d’un résultat inattendu pour le vieux parti, qui subit à chaque élection une érosion importante dans l’électorat et des pertes importantes de ses voix traditionnelles.

Les chiffres sur le décompte des voix exprimées permettent de constater la saignée dans la base traditionnelle du vieux parti. Cette nouvelle configuration préfigure ce qui pourrait se dessiner lors des prochaines élections locales, prévues à l’automne prochain.

Néanmoins, ce score permet au FLN de garder une suprématie dans les structures stratégiques et influentes de la Chambre basse du Parlement, notamment le poste de la présidence de l’Assemblée, ainsi que les postes de ses adjoints et dans les composantes humaines des différentes commissions spécialisées.

Selon les résultats provisoires annoncés ce lundi par le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, le Rassemblement national démocratique (RND) occupe, quant à lui, la deuxième position avec 73 sièges, suivi du Front El Moustakbal avec 59 sièges et du Mouvement de la société pour la paix (MSP) avec 43 sièges. Le Mouvement El-Bina a, quant à lui, remporté 38 sièges, en deçà de ses ambitions électorales, mais certainement en raison de l’exclusion de sa liste dans la wilaya d’Alger.

Le score du RND est assez spectaculaire puisqu’il a gagné pratiquement une vingtaine de sièges de plus, bousculant carrément le FLN et le talonnant de près. Au sein du parti, ce résultat est accueilli avec enthousiasme et devrait encourager les cadres et les militants à entrevoir avec de grands espoirs les prochaines élections locales, prévues en automne.

Les indépendants, avec 32 sièges, ont nettement reculé alors qu’ils étaient la deuxième force politique du pays en 2021, quand ils ont fait un raz-de-marée électoral post-hirak.  

De son côté, le Front des forces socialistes a obtenu une douzaine de sièges, juste après le parti de Sawt El Chaâb. Le score du FFS ne lui permet pas, selon le règlement intérieur de l’APN, de constituer un groupe parlementaire, sauf s’il venait à y avoir des amendements ultérieurs.

Avec quatre sièges, le RCD revient à l’APN, tout comme d’autres formations, comme Jil Jadid (3 sièges), le Parti des travailleurs (3 sièges), le TAJ (3 sièges) ou le Front de la justice et du développement (3 sièges).

Dans tous les cas, le futur Parlement sera représenté par 23 partis politiques, en plus des indépendants. Une composante assez hétéroclite, qui ne bouscule toutefois pas les grands équilibres politiques au sein de l’Assemblée populaire nationale, dont l’alliance dite de la majorité entre le FLN, le RND, El Moustakbel et sans doute El Bina, devrait être reconduite durant cette législature. Ainsi, le statu quo est donc réel au sein du futur Parlement.

Il est clair que le réexamen des recours déposés par les partis politiques pourrait modifier les résultats provisoires dévoilés ce lundi. La possibilité est retenue après l’expérience de 2021, quand le FLN et d’autres partis ont perdu de nombreux sièges.

S’agissant du taux de participation, le taux s’est établi à 21,24 % à l’intérieur du pays et à 10,75 % pour la communauté nationale établie à l’étranger. Le phénomène de l’abstention est maintenant bien établi en Algérie et soulève de nombreuses interrogations. La chute de ce taux, notamment lors des législatives, a commencé en 1997, certainement après le constat officiellement reconnu de la fraude électorale massive qui a permis au RND de l’époque de gagner les élections, deux mois après sa naissance.

Il serait injuste d’accuser les partis politiques de défaillance organique ou de faillite de leurs discours pour expliquer cet absentéisme endémique, car d’autres raisons objectives expliquent le phénomène, dont la perte de confiance entre le citoyen et les élus ainsi que les liens sombres entre l’argent sale et la politique. 

Par contre, il faudra noter la résurgence du nouveau phénomène inexplicable des bulletins blancs, qui flirte, depuis plusieurs scrutins, avec un million de voix. Un score qui pénalise aussi bien les partis et leurs candidats que le scrutin lui-même.  



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