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Eliminatoires CAN 2015 : Tribunes, le match qu’il ne fallait pas perdre

Eliminatoires CAN 2015 : Tribunes, le match qu’il ne fallait pas perdre

Gagné ! Sut toute la ligne. Sur au moins deux défis. Pourvu que ça dure. D’abord les Verts, qui et à l’épreuve du test malien, ont su faire preuve de patience pour déjouer les plans d’un onze adverse difficile à manier au triple plan technique, tactique et physique au cours d’une soirée somme toute réussie.

Au niveau comptable évidemment qui voit les Fennecs, sans être brillants mais bénéficiant de larges circonstances atténuantes, réaliser l’essentiel : une courte mais précieuse victoire qui comptera pour la suite de leur parcours sur la route du Maroc. Qui plus est devant un concurrent directe au leadership d’un groupe « B » où le scénario quant à l’attribution des deux places qualificatives semble déjà être écrit.

Trois bonnes unités de prises et un autre suris pour le nouveau sélectionneur, Gourcuff, un temps perturbé par l’enchaînement et la proximité des sorties officielles et maintenant ravi plus que d’autres de cette bonne entame. Un technicien qui peut maintenant travailler à mettre en place ses idées sans trop de pression, le côté résultats immédiats étant (au moins jusqu’au 11 octobre prochain et le match de Blantyre contre le Malawi) momentanément « réglé ».

Gagné aussi le « match » des tribunes d’un stade Tchaker qui risque (voir polémique entre le président de la FAF et les autorités locales de la Wilaya de Blida, après la sortie de Raouraoua, qui en appellera même à l’intervention directe du Chef du gouvernement, en raison de problèmes rencontrés dans l’organisation de la rencontre contre le Mali) de perdre très bientôt (on parle avec insistance du stade Hamlaoui de Constantine) son statut de jardin fétiche des Fennecs où ils n’ont jamais perdu, après nombre de « défaillances » mises en lumière par le Bureau fédéral dans sa dernière réunion. Deux matches de gagnés dans une même soirée.

Du baume au cœur des vrais amoureux du sport populaire qui continue, en dépit de tout (une violence endémique) à attirer les foules quand on sait que des centaines de supporters assis dans les travées de Tchaker n’avaient pas hésité à faire le tour du pays (ils sont venus de partout et pratiquement les 48 wilayas étaient représentées pour porter les Medjani and Co à la victoire dans les dernières minutes d’un match fermé à double tour par un vis-à-vis malien très costaud dans tous les sens du mot). Un succès confirmant la tendance toujours à la hausse d’une sélection algérienne sur la bonne voie et à laquelle on semble tout pardonner tant qu’elle gagne. Succès aussi d’un public qui nous doit confirmation.

Condamné à se faire pardonner ses excès. A nous faire oublier toutes ces scènes déplorables et condamnables dont il est, pour beaucoup, depuis déjà quelques saisons des plus heurtées, un des acteurs principaux. Avant cet Algérie- Mali finalement bien négocié et qui ouvre grandement les portes de la suprématie, la grande inconnue était, on le devine, le comportement d’un public de Tchaker mis en demeure, depuis la disparition d’Ebossé, de bien se tenir. De démentir cette étiquette difficile à porter et qui lui colle à la peau.

Celle d’un 12e homme dont la place est ailleurs que dans un stade dédié en principe au beau jeu (c’est le métier des joueurs qui oublient souvent pourquoi ils sont là, en jouant au détonateur, c’est-à-dire allumer les tribunes) et au respect de l’autre. Du fairplay que joueurs et supporters, dans des moments d’égarements en série et difficilement contenus, d’en défendre les vertus.

Tchaker, encadré par un impressionnant dispositif de sécurité, et à l’écoute du continent, a bien tenu son rôle. Retenu les leçons parvenues quelques heures auparavant de la capitale du Malawi où la sélection locale recevait l’Ethiopie sans le moindre incident. Un Malawi que les supporters maliens avaient accueillis, dimanche, avec des applaudissements.

Dans un parfait esprit. Dans le prolongement du match de la veille à Addis-Abeba où, malgré la défaite, les Ethiopiens nous faisaient découvrir une des nombreuses facette de la sportivité qu’on aimerait tant revoir dans nos stades : des supporters se contentant d’encourager leurs favoris. Tout simplement. Sans excès. Dans la pure tradition d’hospitalité des peuples locaux. En respectant les hymnes nationaux des adversaires. En les acclamant même. A Blida, on a vu tout cela ou presque.

Vu que l’on pouvait recevoir nos invités dans les règles de l’art. Vu que l’on pouvait espérer (les sanctions seules ne serviront à rien sans des campagnes de sensibilisation de tous les instants) que le pire, après le drame de Tizi, est derrière nous. Les Verts ont rassuré en faisant le plein de points. Au même moment, le public, venu nombreux les soutenir, a fait le plein de confiance. Laissé apparaître les prémices d’une réelle prise de conscience. On attend confirmation.

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