-- -- -- / -- -- --
Nationale

Elections locales : une campagne et une inconnue

Elections locales : une campagne et une inconnue

C’est ce dimanche que la campagne électorale démarrera. Du moins officiellement, car à travers les réseaux sociaux c’est déjà la grande bataille. Depuis des jours, certaines listes et des candidats indépendants ont entamé leur campagne « électronique », sans attendre le coup de sifflet de la loi. 

Facebook, Youtube, SMS, Messenger, des moyens qui sont sollicités presque gratuitement et sans surveillance ou autre recours de la part des adversaires électoraux. Ainsi, même les partis politiques, pourtant les plus avertis sur le plan de la légalité et du respect de l’éthique, se sont libérés à travers leurs sites, balançant des vidéos et des articles, faisant de la propagande à outrance et faisant fi des règles et de l’éthique.

On le sait, la campagne a bien démarré depuis bien longtemps et il semble que plus personne ne s’émeut, ni chez les formations politiques des plus puissantes aux lilliputiennes, ni chez l’Instance indépendante de surveillance des élections. Comme si l’Internet est déjà intégré dans une sorte de « deal » informel, où tout est permis et licite.

Qu’à cela ne tienne. Pas moins de 165 000 candidats, issus de 50 partis politiques, de listes indépendantes et d’alliances sont en lice pour arracher des sièges dans les 1 541 APC et les 48 APW. Ils seront donc invités à convaincre les millions de citoyens, à travers des meetings populaires, des rassemblements, des rencontres de proximité, des affichages et des cortèges.

Convaincre les électeurs à voter d’abord pour leurs listes, mais surtout à se mobiliser pour ce scrutin qui vient dans une conjoncture assez particulière, marquée par la crise économique et la rareté des ressources. Vingt et un jours de campagne qui vont mobiliser également les anciens liens tribaux et claniques, les réseaux familiaux et les aârouchs, mais aussi les étroits intérêts financiers.

La chkara est déjà là, quoi qu’on dise, et certains électeurs pensent même « vendre « leur voix, en prenant le modèle local du « libéralisme sauvage « régnant dans le circuit économique et commercial et la corruption généralisée et envahissante.

L’intrusion de l’argent sale dans la sphère politique et électorale n’est plus un phénomène, en raison de la disparition des batailles « idéologiques « et des discours de programmes.

« Maslaha » des uns et des autres, c’est le leitmotiv démocratique. Cela se voit avec le parti le plus puissant, le FLN, qui aura connu de fortes perturbations, des colères et des grognes en son sein. Dans certaines mouhafadhas, c’est l’anarchie et le chaos et pratiquement deux listes, voire trois, totalement antagoniques, ont été déposées. Les plus puissants ont imposé leurs noms ou leurs parrains.

Sinon comment expliquer que plus du quart des membres du Comité central, l’appareil le plus redoutable du parti, est candidat aux APC et APW ? Les trois quarts des mouhafedhs sont également candidats, notamment aux APW, certainement pour arracher des sièges et se propulser aux futures sénatoriales.

D’autres membres du Bureau politique du FLN et d’anciens ministres et pontes ont imposé leurs fils ou frères comme têtes de listes. Une cooptation exagérée et un clientélisme malhabile qui favorisent non seulement cette intrusion sans style de la « chkara », mais aussi l’absentéisme criant et flagrant de la part des électeurs.

D’autres partis politiques ont carrément ramené des personnes, d’anciens militants du vieux parti, sans qualification politique et technocratique pour les proposer aux populations locales. Des candidats sans attache partisane et sans conviction politique, juste pour assurer une présence et « agrémenter « le parti qui les parraine.

Tout le monde veut se justifier par rapport au fameux taux de 4%, que la loi pourrait bien les obliger à valider lors des prochaines échéances électorales. C’est le jeu politique, nous dit-on, qui permet des excès et des exceptions.

C’est aussi la tradition qui fait fuir la majorité de l’électorat, instruite par tant de traîtrises, de déceptions et de désillusions. Même l’administration n’a pas échappé aux critiques, en raison de ses décisions qualifiées d’arbitraires.

Elle rejeta des centaines de noms sans vraiment donner des explications et sans possibilité de recours. Reste maintenant le vrai rôle de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections présidée par Abdelwahab Derbal.

Un vrai test après celui des législatives, qui fut comme une première leçon pour une institution qui se construit lentement et qui cherche une crédibilité et une réputation. Derbal aura beau lancer des assurances et des garanties, il devra rester vigilant sur cette vieille pratique de fraude.

C’est sans doute ces soupçons qui l’ont amené à appeler à réviser la loi électorale et à « responsabiliser « les partis politiques et ses délégués ou observateurs dans les bureaux de vote.
Mais en 21 jours de campagne, ce beau monde aura-t-il le pouvoir de changer la donne en faisant augmenter le taux de participation et mettre fin à la hantise de l’abstention ?

Qui pourrait convaincre encore les citoyens sur une opération de plus en plus décrédibilisée par les superpouvoirs et prérogatives des walis et autres chefs de daira sur … les premiers magistrats des communes ?

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email