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Nationale

Elections législatives : Vives tensions dans le camp des islamistes

Elections législatives : Vives tensions dans le camp des islamistes

Alors que la bataille électorale ne fait que commencer, les islamistes vivent de vives tensions. C’est ainsi que des informations font état de grandes divergences, de désaccords et de cas d’indiscipline flagrante de la part des bureaux locaux des partis, qui viennent juste de fusionner en grande pompe.

Selon des sources, les clauses de l’accord sur la confection des listes des candidatures n’ont pas été respectées totalement. A Alger, par exemple, le mouvement Ennahdha refuse la proposition de Djaballah de mettre tête de liste son député Arribi, alors que l’accord initial prévoit que la capitale serait « offerte » à Ennahdha, tout comme Blida au mouvement El Bina ou Skikda au parti Adala.

La crise a pris une telle ampleur que la direction de d’Ennahdha aurait décidé de se réunir en urgence pour trancher la question. Certains suggèrent une session extraordinaire du majlis choura pour mettre fin à ces divergences. Des sources du parti Ennahdha pensent même que leur fusion est « venue trop tôt » et qu’il faudra à leur formation confectionner sa propre liste de candidatures, d’autant que la barre des 4% des voix exprimées ne les touchent pas.

Ennahdha peut déposer ses listes dans quarante wilayas sans recourir aux signatures des citoyens, grâce à ses scores lors des législatives de 2012 sous la bannière de la défunte Alliance de l’Algérie verte, avec le MSP et Islah. Même revendication chez une partie de la base de Adala, qui pensent que leur mouvement est bien présent sur le territoire national et que certaines grandes villes devraient revenir à leurs cadres et dirigeants, comme Constantine, où on prévoit comme tête de liste l’inamovible Benkhalef.

Pire, on refuse les termes de l’accord de fusion qui stipule que les trois partis partagent les 48 wilayas en trois blocs, seize pour chaque parti. Des contestations qui se justifient par la situation du parti El Bina, nouvellement agréé, et qui n’est ni populaire, ni présent partout. D’ailleurs, au niveau de d’Ennahdha ou Adala, on conteste vigoureusement l’option de mettre tête de liste à Blida le SG Ahmed Dane. 

Selon nos informations, ce sont surtout les cadres et militants des bureaux régionaux qui refusent les accords « venus d’en haut », alors que la situation locale dans l’Algérie profonde est bien « spéciale », nous dit-on. « Il faudra bien plus de temps pour tempérer les ardeurs et convaincre les récalcitrants », nous confie t-on. Ces tensions au sein de la nouvelle alliance islamiste risquent de durer tout ce mois de préparatifs jusqu’à la clôture des dépôts des dossiers, dont la date est fixée au 5 mars.

D’un autre côté, on évoque les mêmes divergences entre les bases militantes du MSP et du Front du Changement dans certaines wilayas. Des militants du MSP refusent qu’on mette des noms appartenant au parti de Menasra en haut du classement de la liste commune qu’on prévoit déposer, en mettant en exergue l’absence de notoriété de certains ou leur manque d’une aura politique ou associative. Cet état de fait est constaté notamment dans certaines régions où le mouvement de Menasra n’a pas d’assise ni de présence effective.

Pour l’instant, il semble que ces bras de fer locaux risquent de peser lourdement sur l’agenda des leaders, d’autant que certains observateurs avaient noté le report surprenant d’une réunion au sommet entre Djaballah, Dhouibi et Dane, alors qu’elle était prévue ce week-end.

Des sources au sein de la nouvelle alliance estiment, par contre, que ces divergences sont politiquement naturelles en raison de la proximité des législatives, qui charrient des ambitions personnelles, et surtout de l’impréparation de la base de ces partis sur les vrais objectifs de l’union et de la fusion.

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