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Nationale

Elections législatives : L’enjeu d’un bon taux de participation

Elections législatives : L’enjeu d’un bon taux de participation

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a lancé un énième appel au vote lors de son meeting à Sétif avant-hier. Un appel qui résume parfaitement une certaine hantise de la part des autorités quant à la participation de l’électorat.

En effet, aux dires des acteurs eux-mêmes, ceux des partis politiques impliqués dans ces élections législatives, des candidats embarqués dans une campagne électorale à la limite de la monotonie et quelque peu « folklorique », les citoyens sont bien loin de la chose « électorale et marquent déjà leur désintérêt. 

Pour beaucoup d’observateurs, ces élections viennent dans un mauvais moment médiatique, d’autant que les législatives algériennes traînent une bien mauvaise réputation et que les membres des APN précédentes n’ont pas beaucoup fait pour soigner leur image de marque.

Un désintérêt qui s’explique par plusieurs raisons et facteurs tout autant politiques que socio-culturels. Mais, ici, il n’est pas question de se pencher sur cette situation qui complique la tâche des pouvoirs publics, notamment les sphères qui misent tellement sur ces élections.

D’où l’appel insistant de Sellal à aller voter. Mais il faudra également dans le même sens rappeler le message du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas hésité à appeler les Algériens à voter massivement. Son dernier message est assez explicite, quand il fait le lien entre l’acte d’aller aux urnes et la stabilité du pays.

Mieux, le chef de l’Etat donne des gages de respect des choix des électeurs, en appelle même aux agents et autres fonctionnaires des différentes administrations de respecter scrupuleusement les consignes de transparence et de bon déroulement du processus électoral.

Auparavant, ce sont les imams et les zaouias qui se sont jetés dans cette bataille de participation, tout comme les responsables des hautes institutions du pays.

On ne connaît pas encore les effets de ce tapage médiatique, mais il est clair que les hautes autorités veulent, à travers ces élections, réussir le pari de la participation, d’un bon taux qui crédibilise davantage le jeu démocratique du pays.

Car, tout l’enjeu politique est là, celui de la légitimation d’un Parlement, mais aussi d’un futur gouvernement, qui seront appelés, dans les prochaines semaines, à prendre des décisions cruciales sur le plan économique et social.

Le contexte de la crise et de l’effondrement des recettes provenant des exportations des hydrocarbures ont déjà impacté la démarche du gouvernement et l’ont poussé à revoir sa copie. En lançant son modèle économique, le gouvernement cherche, bien sûr, à diversifier les sources de ces recettes, à équilibrer ses budgets et à revenir à la réalité sociale et économique.

Or, des réformes de cette ampleur exigent surtout une mobilisation pleine des différentes forces politiques du pays, et une large participation des citoyens qui auront à crédibiliser, par le bulletin de vote, le prochain Parlement.

Car c’est cette future APN qui va cautionner et approuver les futures actions gouvernementales et qui va surtout accompagner l’exécutif dans sa démarche anti-crise, et qui va imposer de nouvelles règles de contrôle des deniers publics.

Dans les milieux politiques, notamment au FLN, on mise sur un « élan citoyen » et un « bon coup », voire une participation qui battrait un record en raison de l’implication des grands partis politiques, et on reste optimiste en dépit des échos abstentionnistes et de la « dépolitisation massive » de la jeunesse, alors que chez des cercles de la haute administration, on demeure dubitatif, incertain, doutant des comportements de notre électorat, jugés trop volatils et subjectifs. Depuis vingt ans, jamais les élections législatives n’ont connu un taux de participation dépassant les 46%.

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