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Elections législatives en Tunisie : Un scrutin au milieu d’une présidentielle inédite

Elections législatives en Tunisie : Un scrutin au milieu d’une présidentielle inédite

Les législatives tunisiennes, qui se sont déroulées ce dimanche en Tunisie et ce samedi pour la communauté tunisienne établie à l’étranger, sont un moment « exceptionnel » pour les Tunisiens. Un rendez-vous électoral où ils ont été appelés à élire leurs députés à travers un scrutin se déroulant entre deux tours d’une présidentielle à rebondissements.

En effet, les bureaux de vote ont ouvert leurs portes en Tunisie dimanche 6 octobre, où près de 7 millions d’électeurs étaient appelés à élire leurs députés lors d’un scrutin législatif qui pourrait déboucher, dans la même dynamique que la présidentielle, sur le rejet des candidats de partis.

La tendance générale est marquée par le désenchantement des Tunisiens en ces troisièmes législatives depuis la révolution de Jasmin de 2011, du fait qu’elles se sont passées entre les deux tours d’une élection présidentielle censée conduire deux candidats de « l’opposition », Kais Saied et Nabil Karoui, en prison, à se tirer la bourre pour la magistrature suprême.

Elles sont pourtant déterminantes dans un pays où le Parlement est chargé des questions préoccupant le plus l’électorat tunisien, à savoir l’économie qui peine à décoller, le chômage bien ancré, les services publics défaillants et l’inflation qui enregistre une tendance haussière.

Les résultats préliminaires sont attendus mercredi, mais des sondages devaient donner une première tendance dès dimanche soir. Trois semaines après le premier tour de la présidentielle, les sondages officieux évoquent l’arrivée d’une vague d’indépendants, qui représentent un tiers des listes en lice, et de nouveaux partis.

Il convient de rappeler que plus de 15 000 candidats se disputent 217 sièges, dans un Parlement jusque-là dominé par le parti islamiste Ennahdha, qui avait fait alliance avec le principal parti du centre, Nidaa Tounes, et depuis, sort le seul gagnant de sa dislocation en petits partis.

Toutefois, Ennahdha, en perte de vitesse, pourrait être devancé par le parti Qalb Tounes, créé il y a moins de six mois par Nabil Karoui, un homme d’affaires issu de Nidaa Tounes. Sous le coup d’une enquête déclenchée en 2017 pour blanchiment et fraude fiscale, Nabil Karoui et sa détention depuis fin août ont largement focalisé l’attention des Tunisiens, faisant passer au second plan la campagne pour les législatives.

Par ailleurs, l’arrestation de l’homme d’affaires, peu avant la campagne présidentielle, et la manière de son jugement, ont alimenté des soupçons d’instrumentalisation de la justice. Les partisans de celui qui est surnommé ‘’le Berlusconi tunisien’’ par ses détracteurs ont accusé Ennahdha et réclamé un report du second tour de la présidentielle, prévu le 13 octobre.

C’est dans ce sillage que le Président par intérim, Mohamed Ennaceur, a souligné son inquiétude autour de ce scrutin, estimant vendredi que l’incarcération de ce candidat est « une situation anormale » et pourrait impacter le processus électoral.

Certains observateurs estiment qu’un bon score de Qalb Tounes aux législatives pourrait être un atout pour Nabil Karoui le 13 octobre. Kaïs Saïed, un indépendant qui ne représente aucun parti, n’a, lui, donné aucune consigne de vote pour dimanche. Une position qui, selon les mêmes appréciations, contribuera à brouiller les cartes, et ce paysage politique sans clivage clair risque de démotiver un électorat déjà exaspéré par les manœuvres

politiciennes qui ont prévalu ces derniers mois.

Nombre de formations ont tenté de répondre à cette exaspération en présentant des visages nouveaux, tel le mouvement Aïch Tounsi, issu de la société civile. Un autre nouveau venu, la coalition Karama, menée par l’avocat islamiste Seifeddine Makhlouf, tente de concurrencer Ennahdha, qui a perdu une partie de son électorat après avoir décidé de s’intégrer au système et de s’allier à Nidaa Tounes. À l’autre extrémité, le Parti destourien libre, porté par l’avocate Abir Moussi, pourrait faire un meilleur score que les 4 % de sa chef de file à la présidentielle.

Cet émiettement entre de multiples formations, très divergentes, alors que le parti arrivé en tête devra convaincre au moins 109 députés pour former un gouvernement, augure, prévoit-on dans les milieux médiatiques, de difficiles tractations pour former le prochain gouvernement tunisien. Une fois en place, le nouveau Parlement aura deux mois pour se mettre d’accord sur un gouvernement qui devra s’atteler à la lourde tâche de relancer une économie peinant à créer des emplois, et résorber une dette énorme.

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