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Nationale

Elections législatives : Des silences troublants

Elections législatives : Des silences troublants

Quelques jours avant le dépôt des listes de candidatures, plusieurs partis politiques et des indépendants n’ont cessé de dénoncer des blocages administratifs, des pressions bureaucratiques de toutes sortes, ainsi que l’intrusion de plus en plus grandissante des réseaux mafieux dans le monde de la politique à travers l’argent.

D’ailleurs, la collecte des signatures aura connu des épisodes alarmants, si bien que certains chefs de parti en ont critiqué la procédure et dénoncé les contraintes, alors que c’est la loi électorale qui impose ce genre d’exercice. Mais les chroniques relèvent chez l’opinion publique une nette recrudescence des faits de corruption dans la confection des listes de candidatures. Les phénomènes d’achat des consciences, des signatures ou des validations de listes, le marchandage pour un bon classement et un excellent positionnement sur la liste ont été quotidiennement rapportés par la presse.

Ces derniers jours, c’est au tour des leaders de formations politiques de monter au créneau pour dénoncer ces pratiques liées à l’argent sale. Comme Louisa Hanoune du PT qui a déploré que des partis « connus » ont dépensé des sommes colossales pour réunir les signatures exigées par la loi. Elle dira même qu’« il n’y a plus de morale sociale, ni de morale politique ».
Même topo chez le FFS qui accuse des réseaux au sein de l’administration de se livrer à ces pratiques, celle de la vente des signatures aux acheteurs potentiels. Pour le premier secrétaire du parti, Abdelmalek Bouchafa, « l’administration n’a montré aucune volonté de lutter contre ces pratiques odieuses », soulignant que ces « pratiques sont conduites par des réseaux administratifs mafieux qui ont joué un rôle dans la détermination des listes, voire dans la détermination du champ politique qui sert leurs intérêts, jouissant d’une liberté pour exécuter leur plan en l’absence d’un Etat de droit ».

Au FNA, c’est encore Touati Moussa qui a dénoncé ces comportements, alors que Ould Abbès du FLN avait donné l’alerte bien avant en laissant entendre que certains membres de son propre Bureau politique monnayaient leurs « influences » pour imposer des candidatures. Déjà, une récente affaire de dénonciation secoue encore le parti, grâce à des enregistrements sonores réalisés par un ancien député de Constantine, où il est question de marchandage dont la valeur a atteint les deux milliards de centimes (voir édition du 9 mars du JI).

Le phénomène de la chkara a même touché un petit parti, qui vient juste de décider de participer à des élections après une abstention de plus de 27 ans. C’est ainsi que le MDS a révélé que son parti a eu des propositions de la part de personnes pour lui réunir le nombre de signatures nécessaires en contrepartie d’un payement en argent liquide.

D’ailleurs, partout on dénonce que telle personnalité a payé cash sa place. Ou qu’un autre a déboursé des centaines de millions pour arracher des signatures de citoyens. Un vrai marché et une bourse des valeurs électorales s’est imposé durant cette période. Des journaux rapportaient tous les jours ces faits, contraires à l’éthique et à la morale. De hauts dirigeants du monde politique critiquaient ce phénomène. Tout le monde a pris cette position de « dénonciateur », soit par paresse, soit par obligation traditionnelle. On s’interdit de rester muet sur des phénomènes qui prenaient de l’ampleur.
Mais le plus grave demeure le silence des autorités compétentes sur ces questions. Il est presque anormal que la Haute instance indépendante de surveillance des élections n’ait pas tenté de mettre le holà ou de réagir. Son président Derbal aurait pu convoquer les « dénonciateurs » ou exiger au moins des rapports précis. Même le département de Bedoui, si prompt à réagir à la moindre critique contre les agissements de ses services administratifs, semble avoir pris ses distances.

Quant au ministère de la Justice, on s’entend dire que ces « critiques » et ces « accusations » ne relèvent plus du parquet, mais des membres de la HIISE, qui ont les prérogatives pour engager des enquêtes objectives.

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