Elections: La course au découpage
À l’approche de la convocation du corps électoral, le Parlement accélère la cadence. L’Assemblée populaire nationale examine, mardi, le projet de loi crucial sur le découpage électoral. Entre la création de nouvelles circonscriptions et la redistribution des sièges à l’APN et au Sénat, ce texte s’apprête à redessiner la cartographie politique du pays et à imposer de nouvelles règles du jeu aux partis, avec pour ambition affichée de garantir une représentation nationale plus équitable.
C’est une véritable course contre la montre. À quelques semaines de la convocation du corps électoral en prévision des législatives de juin prochain, le gouvernement et les deux Chambres parlementaires tentent d’accélérer le rythme en finalisant l’arsenal juridique nécessaire au scrutin.
Après la loi sur les partis politiques et le code électoral, c’est au tour du projet de loi sur le découpage électoral d’être soumis aux députés. Le texte est stratégique car il fixe les circonscriptions électorales ainsi que le nombre de sièges à pourvoir au sein des deux chambres. En raison d’un calendrier serré, le vote devrait intervenir dès l’après-midi de demain, avant que le projet ne soit transmis aux sénateurs dans des délais records.
Pour la classe politique, ce texte n’est pas qu’une simple formalité technique. Il contribue à moderniser le système en reflétant mieux les réalités démographiques actuelles. En modifiant radicalement la répartition territoriale, il impose aux partis une nouvelle approche du terrain, rompant avec les pratiques électorales traditionnelles.
Cet ajustement législatif découle de la création de nouvelles wilayas, faisant passer le nombre de circonscriptions de 58 à 69. Par conséquent, la répartition des sièges est totalement revue. À l’APN, le nombre de sièges est fixé à 407. La diaspora voit sa représentation renforcée avec 12 sièges (contre 8 actuellement). Pour les wilayas de moins de 200 000 habitants, un minimum de deux sièges est désormais garanti, sur la base d’un ratio d’un siège pour 120 000 habitants.
Au Conseil de la nation, le critère démographique remplace désormais le principe de représentation uniforme par wilaya pour les deux tiers élus. Cette évolution porte le nombre de sénateurs de 147 à 177, le tiers restant demeurant à la discrétion du président de la République.
Lors de sa présentation devant la commission juridique de l’APN, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a soutenu que ce texte constitue un jalon essentiel pour l’édification d’un système représentatif juste.
Selon le ministre, il s’agit d’ouvrir « une nouvelle étape dans la consécration de la justice électorale ». Cette démarche exprime la volonté de l’État de « ne marginaliser aucun territoire » et de consacrer le principe d’égalité entre les wilayas. Elle s’inscrit, selon lui, dans la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à bâtir des institutions fortes et légitimes grâce à une concertation élargie avec les acteurs politiques.