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Election présidentielle en France: Les “émigrés” livrés à l’extrême droite

Election présidentielle en France: Les “émigrés” livrés à l’extrême droite

La France livrée à l’extrême droite : l’hypothèse reléguée depuis un demi-siècle au rang de plaisanterie relève désormais d’un registre plus sérieux auquel est conviée l’immigration et avec elle les français de confession musulmane. Marine Le Pen n’est plus l’épouvantail avec lequel on éloigne les oiseaux-électeurs du champ politique.

Tous les sondages la donnent au second tour de l’élection présidentielle face à Macron, avec un score plus resserré que celui de 2017. La dirigeante du Rassemblement National a continué de creuser son sillon électoral au point de hisser l’extrême droite au rang de force politique majeure. D’un scrutin à l’autre, elle a amélioré ses performances et si la victoire est encore différée elle a des chances de survenir dans un futur pas très lointain.

Le dernier sondage avant le scrutin de ce dimanche la crédite de 25% (+2) d’intentions de vote contre 26% (-2) pour le président sortant. Au second tour, Emmanuel Macron l’emporterait à avec seulement 51% des suffrages contre 49%. L’autre candidat de l’extrême droite, Eric Zemmour semble avoir décroché. Il n’est plus qu’à 8,5%. La dynamique initiale s’est essoufflée, au point où il est considéré comme ayant été un lièvre chargé d’aiguiller le débat électoral en France vers l’extrême droite à savoir la stigmatisation du musulman et de l’étranger.

En exagérant les problèmes de l’islam et de l’immigration avec la prédiction apocalyptique d’un grand remplacement qui va rayer les Français “de souche” de la carte des peuples, il fait apparaître Marine Le Pen comme moins “dissensuelle” et donc plus capable de diriger le pays. Et paradoxalement, le débauchage d’anciens frontistes, comme la nièce Marion Maréchal, semble avoir été perçus comme des actes de trahison impardonnables. Les ralliés sont devenus des boulets. En 1995, les Français n’avaient pas pardonné à ceux qui avaient trahi Jacques Chirac pour Balladur. Ils ont élu Chirac.

La candidate de la Droite républicaine est résignée et a même implicitement admis sa défaite en déclarant qu’elle ne donnerait pas de consigne de vote au second tour. Vainqueure de la Primaire, Valérie Pécresse a vite gaspillé les espoirs de son camp à cause d’une lamentable entrée en campagne ponctuée par de nombreux impairs sur les dossiers de la relance économique. La présidente de la Région Île-de-France n’est pas parvenue à soulever l’enthousiasme des foules et a paru manquer de souffle.

Du souffle, il y en a chez Jean-Luc Mélenchon. Le héraut de La France Insoumise profite de l’exaspération des militants qui ne comprennent pas l’émiettement des forces de gauche et la guerre des égos que mènent les chefs. Il a déjà obtenu le soutien de Christiane Taubira qui a l’air d’avoir retenu la leçon de 1995 en contribuant à la défaite de Lionel Jospin et au passage de Jean-Marie Le Pen au second tour. Une première. Jean-Luc Mélenchon pointe à 17%. Il fait tout pour ramener vers lui les électeurs Verts, Communistes et Socialistes. Ce sera une chance de porter la gauche au second tour, voire même de gagner cette présidentielle. Il joue sur le bilan controversé du président sortant qui a favorisé les classes aisées et réprimé durement le mouvement social des Gilets jaunes.

La guerre en Ukraine n’a pas produit d’effets sur les intentions des électeurs. Marine Le Pen et Jean-Luc Melenchon qui ont des liens avec le président russe ne sont pas sanctionnés par les électeurs. Sur ce thème, la France n’est pas rangée entièrement derrière son président. La guerre a d’ailleurs largement éclipsé la campagne électorale. L’élection se jouera donc sur des sujets internes: le pouvoir d’achat, le chômage, les retraites, la réduction de la pauvreté. Après une campagne atone, un risque de forte abstention est redouté .

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