-- -- -- / -- -- --
Nationale

El-Ménéa menacée par la remontée des eaux

El-Ménéa menacée par la remontée des eaux

Le phénomène de la remontée des eaux, qui affecte particulièrement El-Ménéa, a causé des dégâts considérables aux habitations de certains quartiers de la ville. Si, dans un passé récent, le désert en Algérie signifiait absence de vie, aujourd’hui, la situation est tout autre.

Ce bout de désert est en effet en pleine mutation. Dans la wilaya de Ghardaïa, une petite daïra, appelée El-Ménéa, vient d’être désormais baptisée « wilaya Déléguée » Située à 270 km du chef-lieu de la wilaya, environ 55 000 habitants, elle compte parmi les localités du Sud qui commencent à sortir de leur léthargie.

Mieux encore, elle constitue déjà un véritable centre économique sur l’axe Ghardaïa – Tamanrasset. Dominée par l’ancien ksar, qui remonte au XXe siècle, la ville d’El-Ménéa (jadis appelée El-Goléa), est la dernière halte imposée avant d’entamer la traversée du grand désert pour atteindre In Salah, prochaine escale après 600 Km.

L’hiver est de loin la meilleure saison dans cette palmeraie qui compte plus de 200 000 palmiers, et où les fellahs réussissent à cultiver les meilleurs oranges de la contrée.

Interrogé, Mohamed Hadj Kouider, ce quinquagénaire à la retraite, ancien membre de l’APW de Ghardaïa, s’inquiète du sort des habitants de certains quartiers de la ville qui souffrent depuis des années d’une remontée des eaux inquiétante, due à l’obstruction de deux drains secondaires qui servaient à l’évacuation du surplus des eaux vers le drain principal et vers le grand lac.

Ces eaux qui s’infiltrent même à l’intérieur de certaines habitations, sont parfois polluées, menaçant la santé de ses occupants de toutes sortes de maladies dermiques et respiratoires. Leurs habitations, généralement construites en matériaux locaux, se détériorent du fait d’un taux d’humidité important. Certains habitants sont donc contraints à revêtir le sol de leur habitation de couches de sable ou encore de recourir au gravier. Selon sHadj Kouider, à El-Ménéa, l’eau est en abondance.

Il suffirait de creuser à environ deux mètres pour faire jaillir cette eau bloquée par une couche argileuse, imperméable et provoquant des marécages par endroits (à l’image des quartiers de Djermna et Taghit, qui forment des points bas. Les services de la direction de l’hydraulique de la wilaya essayent tant bien que mal de limiter les dégâts. Les résultats ne sont cependant pas toujours probants, compte tenu des nombreux forages illicites et des fosses septiques creusées çà et là.

Par ailleurs, les 36 km de canalisation d’eaux résiduelles n’arrivent plus à drainer vers le lac qui se trouve à 3 km de Hassi El-Gara (commune voisine de la ville d’El-Ménéa). La conséquence immédiate de cette remontée des eaux a été aussi la pollution des terres et par conséquent des sels. El-Ménéa nécessite un plan d’urgence environnemental.

Une grande quantité de palmiers sont irrémédiablement brûlés, dans certains domaines, envahis par le sel. Interrogé sur cette gêne, le wali, Azzedine Mechri, a promis, lors de sa récente visite à El-Ménéa, de trouver une solution afin d’éradiquer à moyen terme ce phénomène de la remontée des eaux.

Nombre de solutions seront étudiées, telles que le déplacement de l’agriculture à l’extérieur de la ville, vers de nouvelles parcelles agricoles à proximité de la nouvelle station de lagunage et sur le plateau de Hassi Ghanem situé à 25 km d’El-Ménéa, la construction de nouveaux drains secondaires et celle d’un deuxième collecteur principal, en béton armé, devant relier El-Ménéa ville, au lac Chott, via la commune de Hassi El-Gara.

Par ailleurs, afin de remédier à ce phénomène ennuyeux de la remontée des eaux et des sels, une vaste opération est en cours de Réparation par la direction de l’hydraulique de la wilaya de Ghardaïa, qui consisterait à réorganiser le système de curage périodique de l’ancien drain et la rénovation totale du réseau d’AEP en PVC/PEHD.

Cependant, pour mieux comprendre l’origine de cette remontée des eaux et des sels, il faut savoir que la ville d’El-Ménéa et sa palmeraie sont ceinturées de canalisations qui drainent toute les eaux vers le lac Chott. Il y a l’ancien drain principal, qui est à ciel ouvert par endroit et qui existe du temps colonial, ainsi que les autres drains secondaires, obstrués pour la plupart d’entre eux.

Dans l’attente de la concrétisation des actions d’envergure promises par le wali, qui consisteraient à l’élimination totale de cette remontée des eaux, de cette pollution et du bouchage total de tous les forages illicites dasn les deux communes, El-Ménéa et Hassi El-Gara. Les citoyens d’El-Ménéa apprécieront certainement un suivi rigoureux de toutes les opérations inscrites dans le cadre du développement local de leur nouvelle wilaya déléguée.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email