« El Barani » de Yahia Mouzahem: L’envers du décor de la réussite facile – Le Jeune Indépendant
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Culture

« El Barani » de Yahia Mouzahem: L’envers du décor de la réussite facile

« El Barani » de Yahia Mouzahem: L’envers du décor de la réussite facile

Le feuilleton « El Barani » (l’étranger), réalisé par Yahia Mouzahem et diffusé sur Echourouk TV, a réalisé un exploit remarquable en s’adjugeant  de la première place du classement des drames les plus suivis durant la première semaine du ramadhan 2024.

En dépit de la controverse suscitée par certaines séquences jugées trop agressives, notamment celles illustrant la consommation de drogues dures, « El Barani », coécrit par Yahia Mouzahem, Yousra Mouloua et le scénariste égyptien Ahmed Izzet, a fasciné le public avec son premier épisode, cumulant près 5,5 millions de vues.

Plus qu’un simple divertissement, l’œuvre s’est imposée comme un véritable électrochoc social, plongeant les téléspectateurs dans les abysses des contradictions qui menacent la société.

« El Barani » suit le quotidien de la famille Kolei qui a quitté son quartier populaire pour embrasser une vie meilleure. Cette ascension sociale, orchestrée par les deux fils Sid Ahmed joué par Khaled Benaissa et Omar interprété par Mustapha Laribi, se révèle être une façade trompeuse. La source de leur richesse réside, en effet, dans des trafics illicites de drogues et de psychotropes.

Le dernier né de Mouzahem propose une critique acerbe de la société des nouveaux riches, gangrénée par la corruption et la superficialité. Par contre, leur père Lakhdar (Boualem Bennani), refuse catégoriquement de s’intégrer à ce monde de faste et d’opulence. C’est un homme sage, croyant qui ne refuse de rejoindre sa femme Malika (Aida Ababsa) et ses enfants dans leur nouvelle vie.

Des ambitions rivales !

Au début, « El Barani » met en scène la complicité des deux frères Sid Ali et Omar dans de vastes opérations de contrebande. Cependant, la discorde ne tarde pas à semer le trouble entre eux. Dévoré par l’ambition, Omar aspire à dominer le marché de la drogue et à évincer ses concurrents. Alors que son frère, plus prudent, met en garde ce dernier contre les dangers d’une guerre ouverte.

Sidou (Sid Ahmed), calme et calculateur, s’est attiré de nombreux ennemis. Sa priorité est de protéger sa famille des dangers de son activité. Omar, impitoyable et violent, n’hésite pas à recourir à la force et au crime pour asseoir son pouvoir dans le monde de la mafia.

Mohamed, ou Mouh (Abdelkrim Djeradji), le benjamin de la fratrie, est un jeune homme aventureux et impulsif qui profite pleinement de la vie. Cependant, sa rencontre avec une jeune étudiante lors d’un défilé de mode va bouleverser son existence. Il la persuade de consommer de la cocaïne, une décision qui aura des conséquences tragiques et fatales pour la jeune femme.

Hanté par la culpabilité après le décès de la jeune fille, victime d’une overdose, Mouh se retrouve profondément marqué. Son état psychologique fragile affecte son travail et ses relations dans le milieu de l’automobile.

D’un côté, Fatah, un officier de police incarné par Hamid Karim, se lance sur les traces des frères Kolei. Son objectif est clair : retrouver le chef de ce gang qui sème le trouble. Fatah est un policier dévoué, passionné par son métier au point de négliger ses devoirs familiaux.

C’est ainsi que Radia, son épouse interprétée par Mina Lachter, exprime la souffrance d’être la femme d’un homme de loi. Enseignante de métier, elle rêve de passer une simple journée à la maison avec son mari, ou de partager une sortie banale, ne serait-ce que pour faire les courses.

On découvre également l’histoire d’Idriss (Sid Ahmed Meddah), qui travaille pour Sid Ahmed comme homme de main, chauffeur et assistant dans tous ses mouvements, exécutant tous ses ordres. Cependant, il laisse timidement entendre qu’il ne souhaite pas continuer ce travail. De plus, il est amoureux de Fatima (Amina Dahmane, connue sous le nom de Yamna), la sœur de Sid Ahmed, qui est professeur d’université.

Le feuilleton met en scène aussi le personnage Zetch, interprété par Mohamed Bouchaïb, qui est confronté à une situation sociale complexe. En effet, il subit de nombreuses pressions de la part de sa famille nombreuse, ce qui rend son quotidien difficile. Ce dernier est également le bras droit d’Omar. Il est dévoué à son chef et n’hésite pas à suivre ses ordres, même les plus contraignants.

Un succès sur fonds de controverse

Le réalisateur Yahia Mouzahem a adopté une approche réaliste dans « El Barani ». Il a, en effet, représenté certaines réalités négatives présentes dans la société, ce qui lui a valu de nombreuses critiques de la part des téléspectateurs. Certains l’accusent de promouvoir des idées dangereuses susceptibles de nuire aux gens. Le réalisateur a déjà essuyé des critiques similaires l’année dernière pour « Eddama», qui a finalement connu un grand succès.

Le réalisateur, à travers son approche dramatique, s’attaque aux fléaux sociaux. Dans sa nouvelle œuvre, il met en lumière des exemples de personnages ayant subi les méfaits de la consommation de drogues, par exemple. Son objectif est de sensibiliser le public et non de faire la promotion de ces fléaux, a-t-il expliqué.

Le dialogue équilibré qu’il a pris soin de peaufiner reflète cette intention. En effet, les dialogues sont tirés du vécu de la rue algérienne et de la cellule familiale algérienne. Ils sont empreints de profondeur et de significations.

Un acteur, deux rôles identiques

Mustapha Laribi est un acteur talentueux qui a acquis une grande notoriété. Il est connu pour sa présence charismatique à l’écran et sa capacité à incarner des personnages complexes et intenses.

Cependant, une observation récurrente se pose concernant ses rôles récents : la similarité frappante entre deux personnages qu’il a interprétés dans les séries « El Barani » et « Hdach hdach » (Onze onze), tout comme dans la série « Eddama » (Echourouk TV) diffusée l’année dernière durant le mois de ramadhan, sur l’ENTV. Dans les deux œuvres, il campe le rôle d’un homme impitoyable à la tête d’un réseau de trafic et de vente de drogue. Son interprétation, bien que rendue, ne se distingue pas fondamentalement d’un rôle à l’autre.

Des talents confirmés et une polyvalence remarquée

Cette saison a été marqué par une agréable surprise dans « El Barani », qui a vu la participation des talentueuses actrices Amina Dahmane, connue sous le nom de Yamna, et Mina Lachter, célèbre pour son rôle dans le feuilleton satirique Timoucha, diffusé l’an dernier sur ENTV.

Habituées aux rôles comiques, les deux actrices ont su démontrer leur polyvalence en s’illustrant avec brio dans un registre dramatique. Elles ont livré des performances remarquables, captivant le public par leur justesse émotionnelle et leur présence scénique affirmée.

La participation d’Amina Dahmane et Mina Lachter dans « El Barani » a été une belle révélation pour le public. Elles ont prouvé leur talent inné et leur faculté à exceller dans différents registres, s’imposant comme des actrices incontournables du paysage audiovisuel algérien.

Le jeune acteur Abdelkrim Derradji a, une fois de plus, confirmé son talent dans le feuilleton « El Barani ». Après son succès l’année dernière dans « Eddama », il réitère sa performance remarquable et s’impose comme une valeur montante du cinéma algérien.

Le choix du réalisateur Yahia Mouzahem de lui confier un rôle s’avère judicieux. Derradji a su exploiter cette opportunité et déployer l’étendue de ses talents. Sa performance captivante et sa présence charismatique à l’écran ont marqué le public et contribué au succès de la série.

Deux feuilletons, une même ambition

Après seulement une semaine de diffusion, « El Barani » a révélé une ressemblance frappante avec le précédent succès du réalisateur Yahia Mouzahem, « Eddama ». Les similitudes entre les deux productions ne se limitent pas aux acteurs, mais s’étendent au cœur même de l’intrigue. La structure narrative, les thématiques abordées et le développement des personnages semblent calqués sur « Eddama ».

En comparant les deux feuilletons, le public est frappé par les ressemblances dans plusieurs scènes des deux premiers épisodes. Le réalisateur utilise la mer comme décor naturel pour le début des histoires, suivi par l’appel à la prière du matin dans les œuvres. De plus, il s’appuie sur une équipe d’acteurs quasi identique, mais en introduisant quelques nouveaux visages pour enrichir la performance globale.

En effet, elles traitent toutes deux du même thème central, à savoir, l’appât du gain facile et les dangers des méthodes détournées pour y parvenir. « Eddama » se concentre sur le trafic d’antiquités et d’or, tandis que « El Barani » explore le trafic de cocaïne et de drogues hallucinogènes.

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