-- -- -- / -- -- --
Nationale

Education: un secteur malade de ses conflits

Education: un secteur malade de ses conflits

Contrairement aux années précédentes, le secteur de l’éducation n’a pas connu beaucoup de perturbations en 2019 étant donné que depuis le mois de mars, les syndicats ont mis de côté leurs revendications socioprofessionnelles pour participer au Hirak.

Avant son départ, l’ancien ministre Nouria Benghebrit avait ouvert les portes du dialogue avec les partenaires sociaux, mais pas apporté un changement quelconque dans le secteur, et tous les dossiers sont en stand-by.
L’année 2019 n’a pas été l’année de la résolution des problèmes du secteur, puisque les mêmes revendications ont refait surface. Il s’agit entre autres du pouvoir d’achat, de la retraite, du code du travail, de la révision du statut particulier, des problèmes des œuvres sociales et de la restriction des libertés syndicales. Y figure également le problème de la surcharge des classes et celui des cours particuliers.
Quelques mouvements de grève ont eu lieu, tels que les protestations et grève d’une journée le 21 janvier et les deux journées de grève de 26 et 27 février pour dénoncer puis boycotter le gouvernement Bedoui. Par la suite, il y a eu la journée de grève et la marche organisée à Alger le 9 avril en soutien au hirak. Aux mois d’octobre et novembre, la grève déclenchée par les enseignants du primaire a affecté un peu la scolarité de nos enfants. Les grèves ne finiront jamais, car on ne s’attaque pas au vrai problème, qu’il soit d’ordre pédagogique ou social.
Le coordinateur national du SNAPEST Meziane Meriane, l’un des anciens syndicalistes du secteur, estime que l’année scolaire 2018-2019 ne diffère en rien de celle de 2019-2020. ” Notre école navigue aux gré du vent, comme un bateau en plein milieu d’un océan”, regrette-t-il. Pour lui, c’est l’année où des promesses de réforme n’ont pas vu le jour à cause de la pesanteur idéologique. ” Réformer le bac et le secondaire est une nécessité absolue. On doit revoir aussi le passage du collège vers le lycée pour mieux assurer la réussite de l’élève. Une bonne orientation de l’élève est un gage de réussite”, a indiqué Meriane, ajoutant que les coefficients actuellement des matières enseignées en 4e année du moyen ne permettent pas de déterminer les capacités des élèves à suivre dans une filière choisie dans le secondaire.
On doit aussi revoir le programme du primaire, plaide le syndicaliste. ” Les bambins dans l’école primaire souffrent du programme chargé, alors qu’ils ont besoin plus de s’amuser que de casser leur dynamique d’apprentissage dès leur jeune âge”.
Les cours particuliers sont un phénomène devenu presque sociétal. Lorsqu’on voit que même l’école primaire est touchée par cet épiphénomène, on peut conclure que quelque chose dans le système éducatif ne tourne pas rond.
” L’école est une institution qui détermine le chemin que suit un Etat ; l’école le propulse soit vers le progrès soit vers des lendemains incertains ou vers l’obscurantisme”, a-t-il affirmé.
Pour notre interlocuteur, un des facteurs de la baisse alarmante du niveau scolaire s’explique également par le manque d’infrastructures et de moyens pédagogiques, facilitant l’apprentissage au niveau des laboratoires et des bibliothèques scolaires.
Avec le retard dans la construction des infrastructures, en entassant les élèves à 40,45 par classe, il serait difficile d’appliquer une pédagogie différenciée qui s’adapte à chaque enfant. “Comment voulez-vous appliquer une pédagogie de l’aide et de la remédiation qui soutient ceux qui en ont besoin au moment où ils en ont besoin, d’autant plus que la réforme entamée en 2003 s’est basée sur 25 élèves par classe ?”, s’est-il interrogé. Ajoutant à cela le surmenage occasionné par la surcharge des classes sur les enseignants, ainsi que la baisse de rendement. “On constate effectivement que l’impact sur la scolarisation est très négatif”, a-t-il estimé, soulignant qu’avec le nombre d’élèves scolarisés qui avoisine les 9 millions actuellement, si on désire avoir 25 élèves par classe, on doit construire davantage.
Pour Meriane, la formation de l’enseignant reste très insuffisante, car le ministère recrute sur titre universitaire et “non pas les sortants des écoles normales avec leurs bagages psychopédagogiques”, a-t-il fait savoir.
Les programmes scolaires restent trop longs et sont en inadéquation avec les volumes horaires ainsi que trop de matières dans les filières, souligne le syndicaliste. “Toutes ces insuffisances poussent les parents à chercher un palliatif pour leur progéniture”, a-t-il regretté. Pour y remédier, il préconise de bien former les enseignants qui sont la matrice principale dans la transmission des connaissances, et de les encourager à prodiguer des heures supplémentaires à l’intérieur des établissements pour que tous les élèves profitent de ces heures, en augmentant la valeur financière de ces heures supplémentaires.
 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email