Education nationale : Malaise chez les directeurs des lycées
Le Conseil national autonome des directeurs des lycées (CNADL) sort de sa réserve. À l’issue d’une réunion de son bureau national, l’organisation syndicale a fait le point sur la situation socioprofessionnelle des responsables des établissements secondaires, soulignant un besoin urgent de reconnaissance. Le syndicat déplore notamment ce qu’il qualifie de politique de « temporisation » de la part de la tutelle, appelant à un dialogue sincère pour restaurer un climat de confiance au sein de la corporation.
Le syndicat affirme, dans un communiqué rendu public, que les directeurs des lycées ont traversé une année scolaire particulièrement difficile, marquée par des pressions multiples, des responsabilités grandissantes et une accumulation de charges administratives et pédagogiques, notamment à l’approche des examens du baccalauréat.
Selon le document, les gestionnaires des lycées continuent d’assurer leurs missions « malgré les obstacles et les contraintes imposées par la réalité du secteur », tout en devant faire face aux lourdes responsabilités liées à l’organisation des examens officiels et à la gestion quotidienne des établissements scolaires.
Le CNADL regrette l’absence de réponses concrètes aux revendications soulevées depuis plusieurs années. Le syndicat rappelle avoir participé à plusieurs rencontres avec les responsables du ministère de l’Éducation nationale autour de dossiers liés à la revalorisation de la fonction de directeur de lycée, tant sur le plan professionnel que social et financier.
Les responsables du syndicat estiment, toutefois, que les engagements pris jusque-là n’ont pas été tous concrétisés. Ils déplorent particulièrement le retard accusé dans la révision du statut particulier ainsi que l’absence de mesures concernant l’actualisation des primes et indemnités et la création de nouvelles allocations adaptées aux responsabilités exercées par les directeurs de lycées.
Le conseil national autonome des directeurs des lycées considère que le ministère continue d’ignorer les propositions formulées par le syndicat à travers les différents communiqués, réunions et initiatives de dialogue engagés ces dernières années.
Dans son communiqué, le bureau national du CNADL appelle à l’ouverture d’un dialogue ouvert avec la tutelle, estimant qu’il est « mis à l’écart », notamment concernant le mécanisme de règlement des problèmes socioprofessionnels.
Face à cette situation, le bureau national affirme avoir examiné avec ses membres « les dimensions sociales, professionnelles et catégorielles », avant de mettre en garde contre la poursuite d’une politique de « tergiversation » jugée incompatible avec les valeurs de l’institution scolaire censée transmettre aux générations montantes, notamment le respect des lois, des principes et des engagements.
À l’issue de ses travaux, le bureau national du CNADL a réaffirmé une série de revendications qu’il considère comme prioritaires. Le syndicat réclame d’abord l’application des engagements déjà conclus avec le ministère, en particulier la révision des primes et indemnités ainsi que l’instauration de nouvelles allocations spécifiques aux directeurs des lycées, compte tenu de « l’ampleur des responsabilités assumées ».
Le CNADL insiste également sur la nécessité d’intégrer les propositions du syndicat dans la future version amendée du statut particulier des corps de l’éducation nationale, dont la publication est annoncée prochainement.
Par ailleurs, le syndicat appelle à une révision urgente de la circulaire ministérielle relative aux indemnités d’encadrement des examens officiels. Il estime que les compensations actuelles ne reflètent ni les efforts fournis ni les responsabilités assumées par les chefs des centres d’examen durant toute la période des épreuves.
Autre point soulevé, le mouvement de mutation externe des directeurs des lycées. Le CNADL demande son organisation dans les délais habituels, soit durant le mois de juin, et rejette tout report au mois de septembre. Le syndicat dénonce également ce qu’il considère comme un manque de transparence dans la publication des postes vacants par certaines directions de l’éducation.
Le bureau national a également dénoncé des « pratiques de restriction syndicale » visant, selon lui, les structures du syndicat dans certaines wilayas. Le communiqué évoque notamment le refus d’autorisations pour la tenue de réunions et de conseils syndicaux locaux. Le syndicat appelle, enfin, l’ensemble des directeurs de lycées à resserrer les rangs autour de leur organisation afin de défendre leurs droits et leur statut professionnel.