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Culture

Écrire comme un acte de foi : Des romanciers interrogent la mission de l’écrivain

Écrire comme un acte de foi : Des romanciers interrogent la mission de l’écrivain

Une estrade portant le thème « Expériences romanesques » a réuni, vendredi, Kouther Adimi, Allaoua Koussa et Fatima Almine, dans le cadre du 28ᵉ Salon international du livre d’Alger, au sein de l’espace Esprit Panaf, qui porte cette année le nom de Franz Fanon. Trois écritures, trois parcours, mais un même questionnement : qu’est-ce qu’écrire aujourd’hui en Algérie ? Entre réflexion esthétique, quête identitaire et regard critique sur la société, les intervenants ont offert des visions croisées d’une littérature en pleine mutation.

La romancière et linguiste, Fatima Almine, a ouvert la discussion par une réflexion sur la place du roman dans la littérature algérienne, qu’elle décrit comme un « art de la pensée et de la beauté ». Elle s’est intéressée à ce qu’elle nomme la littérature du désert, citant l’œuvre de Seddik Hacène Hadj Ahmed Ziwani comme un jalon important de cette sensibilité. Revenant sur son propre parcours, de son roman policier « L’Amour orphelin », influencé par Agatha Christie, à « L’Homme bleu et la guerre », elle a expliqué comment la désertification devient chez elle un espace narratif à la fois symbolique et existentiel, où se rejoue la mémoire du lieu et la résilience humaine.

De son côté, Kouther Adimi a parlé la dimension architecturale du roman, affirmant que l’écriture est avant tout « une question de forme avant d’être une question de fond ». Chaque projet, explique-t-elle, commence par un plan, une structure pensée comme une « ingénierie du sens ». Lectrice assidue, elle cite parmi ses influences Milan Kundera, Assia Djebar, Amara Lakhous, Tahar Ouettar et Benhedouga, estimant que « lire, c’est écrire autrement ».

Quant à Allaoua Koussa, universitaire et romancier, il a partagé son expérience du passage difficile de l’écriture académique à la création littéraire. Selon lui, « le risque est que la théorie assèche la spontanéité du langage ». Il revendique une écriture intuitive, « guidée par l’instinct plus que par l’analyse », et confie éviter volontairement la question de l’origine de l’inspiration, qu’il considère comme relevant du mystère et du sacré.



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