Bilan de l'économie algérienne en 2023: Des réformes palpables – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Bilan de l’économie algérienne en 2023: Des réformes palpables

Bilan de l’économie algérienne  en 2023: Des réformes palpables

Baptisée année du renouveau économique, l’année 2023 a tenu ses promesses en termes de réformes juridiques et institutionnelles. Des avancées considérables ont été enregistrées dans plusieurs secteurs.

Toutes ces réalisations ont été reconnues par des institutions économiques internationales, qui ont fait état de l’amélioration des indicateurs économiques de l’Algérie et envisagent de bonnes perspectives pour l’économie algérienne en 2024.

Placée comme une priorité, « redresser » l’économie nationale était le cheval de bataille des autorités, surtout que, comme partout dans le monde, l’économie a subi les contrecoups de la crise sanitaire du coronavirus. Plusieurs réformes ont été entreprises pour améliorer le climat des affaires dans le pays et, ainsi, attirer les investissements, notamment étrangers.

La stabilité juridique de dix ans des lois régissant l’investissement s’est greffée à la suppression des mesures entravant auparavant l’investissement, à l’instar de la règle 49/51 et le droit de préemption, en sus de la création des institutions dédiées à l’investissement, soit l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), avec son guichet unique dédié aux grands projets. 4 651 projets ont été recensés jusqu’au 30 novembre 2023. Un chiffre qui devrait être multiplié avec la promulgation de la loi sur le foncier économique, selon les affirmations du directeur générale de cette Agence. Les efforts devront être cependant poursuivis pour accroître l’attractivité de l’Algérie en termes d’investissement de l’avis des spécialistes.

 L’Algérie se déploie à l’international…

L’Algérie veut également se faire une place sur le marché international, principalement africain et se donne les moyens pour le faire, même si elle n’a pas fait son entrée aux BRICS. L’ouverture des expositions permanentes des produits algériens à Nouakchott (Mauritanie) et Dakar (Sénégal) en est une preuve de cette volonté qui commence à donner des résultats palpables. Cette mesure est appuyée par l’ouverture de deux banques dans ces mêmes capitales africaines. Cette dynamique se poursuivra prochainement avec l’ouverture d’agences de la Banque extérieure d’Algérie en France.

Un fort intérêt a été, en effet, accordé au secteur bancaire. L’on peut aussi évoquer la création de la Banque nationale de l’habitat, parallèlement à l’accélération du programme de modernisation des banques et du développement de l’inclusion financière.

La finance islamique a surtout enregistré un saut considérable, avec une montée de la part des dépôts qui a quadruplé en 2023. L’ouverture partielle prévue du capital des banques publiques, à savoir le Crédit populaire d’Algérie, de la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (CNEP-Banque) et de la Banque de développement local (BDL), à hauteur de 30% pour chacune constitue aussi une avancée dans le secteur.

  … et diversifie ses exportations

L’Algérie a également fait de la diversification des exportations hors hydrocarbures et de l’augmentation de leur valeur une priorité. Ne dépassant pas les 2 milliards de dollars pendant de longues années, les exportations hors hydrocarbures ont pu atteindre des niveaux jamais égalés à près de 7 milliards de dollars en 2022 et le montant de 13 milliards de dollars est avancé par les pouvoirs publics qui ont fixé cette barre comme objectif à atteindre pour le solde de 2023. Et c’est vers le continent africain, que l’Algérie envisage de se faire une place de choix. C’est dans ce sens que le pays plaide pour l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), et a désormais intégré l’« initiative du commerce guidée » qui permet des échanges commerciaux sans barrières tarifaires entre les huit pays membres.

  Grand intérêt pour l’agriculture saharienne

Plusieurs secteurs ont été identifiés comme prometteurs. L’agriculture constitue un de ces secteurs auquel l’on accorde une attention particulière. Des efforts et des moyens sont déployés pour développer cette filière à fort potentiel qui permettra à l’Algérie de garantir sa sécurité alimentaire. Et c’est sur l’agriculture saharienne qu’on mise pour se débarrasser de la dépendance de l’étranger, notamment pour ce qui est des céréales, pour lesquelles le pays est appelé à augmenter sa production.

La volonté de transférer l’agriculture vers le Sud sans pour autant renoncer au Nord est exprimée par les autorités qui voient en l’implication du Sud dans la production agricole comme un choix stratégique. Les choses ont avancé, dans le sens où l’investissement est orienté vers cette grande partie du pays et un vif intérêt est exprimé par les investisseurs, lesquels bénéficient d’un accompagnement des pouvoirs publics. Le département de l’Agriculture a fait état d’une « forte demande » d’investissement agricole dans le sud du pays, avec plus de 3 000 demandes enregistrées sur la plate-forme de l’Office de développement de l’agriculture saharienne.

Le secteur minier relancé

Le secteur minier, sous exploité, a été aussi identifié comme secteur stratégique sur lequel misent beaucoup les pouvoirs publics. Le secteur a été par conséquent relancé en 2023 grâce au lancement de mégaprojets, soit le lancement d’opérations de traitement du mégaprojet de minerai de fer qu’est le gisement stratégique de Gara Djebilet dans la wilaya de Tindouf, constituant un investissement national des plus importants dans le domaine des mines depuis l’indépendance.

Le projet devra atteindre plusieurs objectifs, dont le soutien à la métallurgie, la réalisation de l’autosuffisance en fer, le développement de la région sud-ouest du pays et la promotion des exportations. Jusqu’à l’horizon 2025, il sera procédé à l’extraction de 2 à 3 millions de tonnes de minerai de fer par an, puis sa capacité passera, à partir de 2026, à 50 millions de tonnes par an, parallèlement à la mise en service de la ligne ferroviaire minière Gara Djebilet-Béchar sur une distance de 950 km.

Il est surtout question de transférer le minerai de fer localement, selon les orientations du président de la République, lequel a insisté également sur la nécessité de renoncer à l’exportation des matières premières à l’état brut, notamment minières, en vue de créer une valeur ajoutée dans les industries minières nationales.

Le lancement du gisement de zinc-plomb de Oued Amizour dans la wilaya de Béjaia (qui renferme plus de 34 millions de tonnes) et dont la première pierre a été posée le mois de novembre passé et le projet du phosphate intégré à l’est du pays, lequel avance à un rythme remarquable, devront aussi contribuer au développement du secteur minier national. Le secteur minier sera renforcé par une nouvelle loi dans l’objectif est de créer un environnement juridique propice et favorable au développement de l’industrie minière et un cadre incitatif aux investisseurs, outre la promotion du transfert de la technologie.

 Année prolifique pour le secteur de l’énergie

« Moteur » de l’économie algérienne, le secteur de l’énergie termine l’année avec de grandes réalisations. L’année 2023 était une année prolifique pour le secteur, notamment en termes d’accords et de découvertes. Elle a été marquée notamment par la signature de plusieurs accords avec des firmes internationales et des découvertes d’hydrocarbures permettant au pays d’augmenter ses recettes d’exportation et de disposer de réserves stratégiques pour l’économie nationale.

Sonatrach a signé, durant l’année 2023, dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, des contrats avec six compagnies mondiales, à savoir Eni, Occidental Petroleum, TotalEnergies, Sinopec et Pertamina, alors que des négociations avec des compagnies majeures sont en cours. L’année a été aussi marquée par la signature d’un accord stratégique avec l’Italie, celui de la réalisation d’un nouveau gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures. Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. pour transporter du gaz naturel et alternativement de l’hydrogène bleu et vert et de l’ammoniac, ainsi que la pose d’un câble électrique sous-marin et l’extension de l’actuelle capacité de liquéfaction du gaz naturel.

Dans le domaine de la commercialisation, d’importants contrats de livraison de gaz ont été aussi concrétisés en 2023, avec la Chine et la Turquie. En outre, la compagnie nationale a concrétisé en juillet 2023 sa première livraison de GNL à Eni au terminal de regazéification flottant de Piombino en Italie, livrée par un méthanier détenu par la filiale Hyproc. Pour ce qui est des découvertes, la compagnie en a annoncé dix, alors qu’elle s’apprête à reprendre ses activités en Libye. Pour ce qui est de la transition énergétique, plusieurs projets ont été engagés en 2023, dont le lancement de l’avis d’appel d’offres par le groupe Sonelgaz pour la production de 2 000 MW d’électricité solaire photovoltaïque.

Le marché de l’automobile «respire» à nouveau 

Après pas moins de quatre années blanches, les premiers signes de dénouement du dossier de l’automobile sont apparu fin 2022 avec la publication des décrets exécutifs fixant les conditions d’exercice de l’activité de concessionnaire de véhicules neufs et celle de construction de véhicules, ainsi que la relance de l’importation des voitures de moins de trois ans.

C’est la marque italienne Fiat qui a fait son entrée, en premier en Algérie, avec le la commercialisation, depuis mars 2023, de six modèles de voitures. Le retour de l’importation a été cependant conditionné par le retour de l’industrie automobile. Chose désormais faite avec l’entrée en production de l’usine Fiat à Oran inaugurée le 11 décembre 2023, avec une capacité de production initiale estimée à 60 000 véhicules par an, dans une première phase, et 90 000 véhicules par an dans une seconde phase.

La première voiture de la marque italienne Fiat sortira des lignes de productions en 2024. L’année a été aussi marquée par le lancement de la commercialisation des véhicules de la marque Opel et de la marque chinoise Chery qui prévoit de lancer une usine de fabrication à Bordj Bou Arreridj, d’une capacité de de 24 000 unités par an.

L’année 2023 a en outre connu une accélération du processus de numérisation. Des efforts colossaux ont été consentis par l’Etat selon le Président Tebboune qui a fixé la fin du 1er semestre 2024 pour parachever la numérisation. L’année 2024 sera aussi marquée par le lancement du 3e programme de réalisation de logements dans le cadre de la Location-vente AADL 3. En somme, les réalisations dans différents secteurs font que l’Algérie est en passe de rejoindre les économies émergentes, a affirmé le président de la République,

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