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Nationale

Ecole hôtelière : Sa régression se poursuit inéluctablement

Ecole hôtelière : Sa régression se poursuit inéluctablement

Que reste-t-il de l’école hôtelière de Tizi Ouzou, classée et dénommée Institut des techniques hôtelières et touristiques (ITHT) ? Non seulement cette école, qui a pourtant formé autrefois de grands cadres qui font aujourd’hui le bonheur de grands pays est devenue l’ombre d’elle-même, mais sa régression se poursuit inéluctablement.

Mais peut-il en être autrement alors que ses dirigeants ont reçu une formation autre que celle ayant trait au secteur touristique ? Le glas de l’ITHT de Tizi Ouzou a sonné suite au départ, au cours de l’année 2000, de son directeur Rabah Afir. Qui a rejoint l’hémicycle Zighoud-Youcef en sa qualité de député RND. Ses différents successeurs sont à l’origine de cette descente aux enfers. Au terme de notre enquête, il ressort ce qui suit :

Tout d’abord, concernant l’enseignement. Si les matières enseignées telles que les techniques de cuisson, la géographie touristique, l’histoire des arts et civilisations, le management, le commerce, la législation, les techniques de service, les langues arabe, française, anglaise et allemande le sont selon le modèle et la cadence d’autrefois, il n’en demeure pas moins que les enseignants et les étudiants souffrent le martyre.

En effet, pour faire des photocopies d’une leçon, l’enseignant est obligé de le faire l’extérieur à ses propres frais, le photocopieur destiné au département de l’enseignement, un ancien modèle, étant en panne. Quant à l’accès aux cinq services administratifs, où il y a dans chacun un photocopieur nouvelle génération, il est tout simplement interdit. A cela s’ajoutent les retards dans la perception des salaires.

Pour ce qui est de l’environnement, hormis l’espace se trouvant devant l’habitation de la sous-directrice de l’administration et des finances, Nabila Kemouche, ailleurs, durant la saison estivale notamment, les déchets ménagers, dont le ramassage ne se fait pas régulièrement, forment le décor.

Au cours de l’été, l’impensable se produit en effet dans l’enceinte de l’ITHT de Tizi Ouzou. Ces espaces étant loués à des personnes pour l’organisation de fêtes, les tables et les chaises sont renversées et endommagées, le gazon arraché, etc.

Le désordre général contraste dès lors violemment avec l’aspect que doit donner une véritable école de formation de professionnels du tourisme. A cela s’ajoutent des pratiques contraires aux valeurs que véhicule toute école, dont la consommation de vins et autres boissons alcoolisées ainsi que de stupéfiants.

La dégradation des espaces de l’ITHT de Tizi Ouzou a atteint un niveau intolérable. L’année passée, une entreprise privée a été engagée pour la coupe de certains arbres. Une bâtisse en construction, qui devait servir de logement de fonction, a été détruite en partie par la chute d’une énorme branche d’arbre. Personne n’a essayé de réparer les dégâts ; et encore moins à poursuivre les travaux de construction qui sont aujourd’hui à l’arrêt.

Enfin, concernant l’hébergement, les deux cents étudiants fréquentant l’ITHT de Tizi Ouzou ne sont pas pris en charge comme il se doit. Ceux jouissant de l’aide parentale se restaurent de temps à autre en ville mais les autres – et c’est la majorité écrasante –n’ont d’autre choix que de se contenter de l’indigent menu servi au quotidien.

A plusieurs reprises, le ministère de tutelle a sommé les responsables de l’ITHT de Tizi Ouzou de manifester plus de rigueur dans leur travail. La dernière remontrance a été faite par Amar Ghoul, juste avant de quitter son fauteuil ministériel pour prendre celui de sénateur. Il avait répété que les responsables du tourisme se devaient d’avoir le profil de réels professionnels du tourisme.

Les recommandations de M. Ghoul n’ont, semble-t-il, été que des coups d’épée dans l’eau. L’actuel directeur de l’ITHT de Tizi Ouzou, Djamel Aït-Mehieddine, était à l’origine professeur d’allemand.

L’ITHT de Tizi Ouzou a connu une véritable descente aux enfers entre 2014 et 2016, soit sons la direction de Nabil Boulemkhali. Nos interlocuteurs, qui ont exigé l’anonymat absolu pour éviter des représailles, ont certifié que juste avant son départ, au mois de décembre 2016, il s’est octroyé une prime de 300 000 DA.

Les enseignants, qui devaient selon les textes réglementaires percevoir une plus grosse part en matière de prime, ont été désavantagés. C’est un véritable SOS que lance la grande famille enseignante de l’ITHT de Tizi Ouzou. « Nous voulons que notre école retrouve ses lettres de noblesse ! », nous lancent nos interlocuteurs.

L’ITHT de Tizi Ouzou a-t-il connu des moments de gloire ? Bien sûr que oui. Cette école a formé nombre d’étrangers, comme des Africains et des Orientaux, qui font aujourd’hui le bonheur de leurs pays respectifs. Quant aux étudiants algériens, bon nombre d’entre eux sont aujourd’hui de grands cadres touristiques à travers le monde entier.

Le maître d’hôtel du grand hôtel-restaurant de l’Union européenne (Bruxelles) est un pur produit de l’ITHT de Tizi Ouzou. Un autre ancien élève de l’école touristique de Tizi Ouzou exerce aujourd’hui les fonctions de maître d’hôtel dans un grand établissement hôtelier de Dubaï (Emirats arabes unis).

Au Canada, aux Etats-Unis et un peu partout en Europe, des cadres et dirigeants algériens exercent également leurs compétences dans des établissements hôteliers haut de gamme. Certains ex-étudiants louent même leurs compétences à de richissimes familles issues de la grande noblesse. A noter qu’il serait superfétatoire de mentionner que dans ces pays occidentaux, dans le secteur touristique notamment, la moindre négligence n’est pas tolérée.

Autrement dit, la rigueur absolue est exigée aussi bien du directeur général de l’établissement que du simple portier attendant devant le parvis de l’établissement en question. Comment accepter alors que cette école, qui a formé de tels cadres, subisse un tel sort ? Il est grand temps que de réelles mesures correctionnelles soient prises au profit de l’ITHT de Tizi Ouzou.

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