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Nationale

Echos de campagne : Les locaux commerciaux pour brasser de l’électorat

Echos de campagne : Les locaux commerciaux pour brasser de l’électorat

C’est une campagne électorale inédite où tous les coups sont permis qui se déroule actuellement sous nos yeux. Pourtant elle est encadrée par des règles simples mais qui sont le plus souvent transgressées.

Des mises en demeure ont été adressées aux partis (FFS, Union Ennahda-Adala-Bina FNA, le FAD, le FADLJ et le FMN) dont les listes n’affichent pas les photos des candidates aux législatives dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, leur accordant un délai de 48 heures pour se rattraper.

Après les affiches sans visages et de candidates sans nom et sans CV, un autre cas est apparu, celui de la location de locaux à usage commercial et même d’enceintes étatiques, que la HIISE devra examiner au plus tôt.

La reconversion des locaux à caractère commercial ou encore de bibliothèques communales pour les besoins de la campagne électorale dans plusieurs quartiers de la capitale et sûrement ailleurs dans les autres wilayas, selon l’APS, fait florès.

Si dans le premier cas (la location d’espaces à usage commercial) la loi est muette, le second cas (bibliothèque) tombe carrément sous le coup de la loi en vigueur qui interdit toute utilisation des symboles de l’Etat et de ses dépendances, car il s’agit d’une institution culturelle appartenant à l’Etat.

Ainsi, une bibliothèque a été « prêtée » au Front El Mostakbal de Abdelaziz Belaid dans la commune de Rouiba, rapporte la dépêche de l’agence qui relève que dans plusieurs quartiers d’Alger, de nombreux locaux commerciaux se sont transformés en permanences pour le compte de certains partis politiques ou de candidats indépendants, représentant une aubaine lucrative pour les commerçants.

Un marchand de glaces à loué son local, dans la commune de Bordj El Kiffan, à l’Alliance Nahda-Adala-Bina et un magasin de fruits a été reconverti en permanence du FNA de Moussa Touati dans la commune de Bachdjarrah pour 30 000 DA.

Même les partis de la majorité, le FLN et le RND, ont cédé à cette pratique.
Des dizaines d’autres locaux commerciaux dans les quartiers de Bab-El-Oued, El Madania, Belouizdad et Alger-centre ont été loués par le FLN et le RND.

Le RCD n’a pas, lui non plus, dérogé à cette nouvelle règle non écrite, puisqu’il a ouvert des permanences pour 11 listes électorales dans des locaux commerciaux. La hantise de l’abstention fait peur au gouvernement. Comment réconcilier les Algériens avec les urnes ?

L’abstention taraude les esprits. Loin d’être considérée comme un boycott délibéré, la crainte d’une forte abstention aux prochaines législatives de mai semble hanter aussi bien le gouvernement que la classe politique. Le spectre des législatives de 2012 avec un taux d’abstention de 50% plane toujours, un scénario qui risque fort de se reproduire en mai prochain. La question de l’abstention en Algérie reste posée.

L’abstention, cette tendance de dissidence civique, interpelle le gouvernement. Pour conjurer le sort, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui n’est concerné ni de près ni de loin par les élections a pris son bâton de pèlerin pour sillonner l’Algérie profonde afin de sensibiliser les citoyens à l’acte de vote.

Après Djelfa la semaine dernière, Sellal effectuera aujourd’hui une visite de travail dans la wilaya d’Oran. Il n’est pas le seul à aller au charbon ; les ministres y sont tenus aussi. Ainsi le ministre de l’Industrie et des Mines,

Abdeslam Bouchouareb, a fait hier une incursion mais en restant neutre. A partir de Chlef où il a entamé une visite de travail, il a soutenu que l’acte de voter constituait « un appui à la stabilité et aux acquis de la réconciliation nationale ».

Le ministre des Affaires religieuses et des wakfs, Mohamed Aïssa, a appelé les imams à sensibiliser les citoyens pour une forte participation aux élections législatives du 4 mai prochain. Or, les partis politiques et l’Etat ont toujours appelé à ne pas impliquer la mosquée dans la politique. De plus, une dizaine d’imams sont candidats à la députation.

Mokri vend du rêve, Ould Abbès la légitimité révolutionnaire

En ce qui concerne la campagne électorale proprement dite qui entame aujourd’hui sa dixième journée, le discours ambivalent du SG du FLN, Djamel Ould Abbès, continue d’en surprendre plus d’un et même ses adversaires.

Hier à Tiaret, il a renouvelé son vœu de voir la jeunesse rependre le flambeau, tout en nuançant ses propos en soulignant que la génération de Novembre est capable de donner plus à l’Algérie.

En suivant ce raisonnement, une personne qui a eu 20 ans au lendemain de l’indépendance et qui a aujourd’hui dépassé les 70 ans peut encore servir le pays, composé de plus de 60% de jeunes. « La génération de Novembre dont je fais partie est encore capable de donner plus, comme elle l’a fait pour l’indépendance du pays et l’édification de l’Etat algérien », dit-il.

Le président du MSP Mokri, lui, parle de vendre du rêve aux citoyens. Selon lui, le programme élaboré par son parti est un « rêve algérien ». Il a indiqué que ce programme vise « la création de 2 millions de petites entreprises et ambitionne également de faire de l’Algérie, dans les 5 prochaines années, la première destination touristique à l’échelle arabe, et un pôle industriel africain dans les 20 prochaines années ».

Le président du Front El Mostakbal, Belaïd Abdelaziz, ne promet pas de vendre du rêve ou de jouer la carte de la fidélité révolutionnaire. Ce jeune dirigeant politique appelle à l’ouverture d’un dialogue « franc et sincère » entre les différentes composantes de la société afin d’éviter l’amplification des divergences actuelles et ainsi pousser le pays à la dérive.

Selon lui, le dialogue « est la voie tout indiquée pour éviter la réédition des tragiques et douloureux événements de la décennie noire ».

Aussi propose-t-il de réunir autour de la même table les partis politiques, la société civile et les citoyens, qui ont besoin de renouer avec le dialogue, réapprendre à se parler entre eux et s’éloigner de toute forme de violence susceptible de miner la cohésion de la société et de semer la haine et la discorde entre les enfants d’un même pays, dit-il, mettant en garde ceux « tentés de transformer la décennie noire en « fonds de commerce » et s’en servir pour se positionner sur l’échiquier politique. 

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