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Op-Ed

Du pragmatisme des grandes puissances

Confondre morale et politique est le piège le plus fréquent pour ceux qui baignent naïvement ou par conviction dans l’idéalisme. Tant mieux si l’on conçoit le monde d’un esprit militant ou romanesque, l’utopie a aussi son bon côté comme le militantisme possède des vertus. Mais peut-on se permettre une telle approche quand on exerce un métier lié à l’exercice du pouvoir ? C’est la question qui reste en suspens, depuis que la chose politique existe.

Sur le terrain des événements, les choses sont bien plus compliquées au risque d’être fatales pour ceux qui ne font pas preuve de pragmatisme dans un monde devenu cru pour ne pas dire cruel. Dans cet ordre des choses, la mort tragique du journaliste saoudien Jamal Khachoggi, disparu tragiquement, dans des conditions obscures, dans le consulat de son pays, est à la fois pleine d’émotions, mais aussi d’enseignements sur la réalité de notre monde et celle des lois qui régissent la scène internationale de manière particulière. Car s’il y a une chose à retenir de cette affaire, en dehors de sa complexité, c’est la nature des réactions internationales. On retient notamment, le nombre de fois ou les déclarations ont changé laissant apparaître clairement le degré de prudence et parfois d’équivoque, voire de marchandage au nom d’un idéal humanitaire. Faut-il s’indigner ? Oui. Faut-il s’en étonner ? Non, car il n’est un secret pour personne qu’aujourd’hui, les nations n’ont qu’un seul objectif ; leur propre intérêt et par ricochet ceux de leurs citoyens.

Pour le président américain Donald Trump « il y a l’Amérique d’abord » et cela suffit pour justifier la primauté donnée aux “intérêts américains” dans le traitement de cette affaire, bien que la somme de 450 milliards de dollars que Riyad est prêt à investir aux USA, dont 110 milliards de dollars pour l’achat de matériel militaire, est un argument solide et difficile à remettre en cause pour le choix de l’attitude à prendre.
Pour leur part les Russes, ne semblent pas tellement diffèrent lorsqu’il s’agit de question stratégique qui engagent le devenir de la grande Russie. Bien qu’ils le font avec beaucoup plus de finesse et de subtilité, ils laissent apparaître clairement leur penchant pour l’intérêt du pays, dans ce sens le président russe Vladimir Poutine dira : Moscou « ne peut pas commencer à détériorer ses relations » avec l’Arabie saoudite alors qu’« on ne sait pas ce qui s’est vraiment passé ».

Faut-il alors reprocher à l’Algérie sa position conforme à sa propre doctrine ; celle de ne pas s’ingérer dans les affaires internes d’un pays ? Faut-il aussi lui reprocher une position qui prend en considération les facteurs internationaux qui engagent les intérêts de la nation au moment où les prix du pétrole s’affolent, les voisins s’agitent, les ennemies complotent et Le monde devient comme le dit si bien le président TRUMP : « un endroit très dangereux » ? La réponse est non, car après tout, l’assassinat d’un journaliste saoudien dans un consulat saoudien est d’abord une affaire saoudienne et rien n’oblige l’Algérie à calquer sa position sur celle d’Ankara comme le font certains de nos politiciens…

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