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Nationale

Du gaz lacrymogène en plein ramadhan

Du gaz lacrymogène en plein ramadhan

Après plusieurs vendredis de marches pacifiques à l’échelle nationale, la répression refait surface à Alger en ce treizième vendredi de manifestations.

En effets, un bras de fer des plus durs a eu lieu ce vendredi entre les forces de l’ordre et les manifestants fidèles à leur rendez-vous hebdomadaire pour réitérer, malgré la chaleur et le jeûne, leur refus d’élection du 4 juillet et pour dire non à l’ingérence de l’institution militaire dans les affaires politiques. Les manifestants ayant été les premiers à la Grande Poste ont été interdits d’accéder aux marches de l’édifice suite à un dispositif draconien. Un arsenal de fourgons de l’ordre public déployés de manière à quadriller l’endroit ; ajouté à cela une armada de policiers en renfort pour en interdire tout accès. Profitant du nombre réduit des marcheurs, les policiers leur ont même interdit de filmer des scènes de répression et de violence pratiquées contre les contestataires, et plusieurs d’entre eux se sont vu confisquer leur téléphone. Une manière de censurer l’évolution des événements du mouvement populaire historique déclenché le 22 février dernier. Au fil des heures, la foule grossissait et s’imposait à tel point que la tension commençait à monter d’un cran. Pour le peuple, puisque la protesta se fait dans le pacifisme, il n’est pas question de le priver de l’un des symboles de la révolution populaire. « Pourquoi nous interdire de rejoindre des marches de la Grande Poste alors qu’on laisse, jeudi passé, une poignée soutenant le chef de l’état-major, Ahmed Gaid Salah, manifester en toute liberté sur les mêmes marches ? » s’est interrogé un sexagénaire, scandalisé.

Après plusieurs bousculades, la pression de la foule devenait insoutenable pour les agents de l’ordre, qui n’ont pas tardé à recourir aux bombes lacrymogènes pour disperser la marée humaine, provoquait un bruit assourdissant et une grande panique parmi les foule, notamment les personnes en compagnie de leur famille. Tout de suite, dans le brouhaha, les sifflements, et l’indignation des protestataires, les secouristes se précipitaient pour apporter les premiers secours aux victimes. Quelques secondes après, l’ambulance arrive pour évacuer trois blessés !

Une dérive qui a attisé la colère et la détermination des manifestants, qui ne voulaient pas lâcher prise. A ce moment, ils redoublent d’acharnement et adaptent leurs slogans en scandant :« Ya polici n’taya chaâbi nwakal 3lik rabi », « Dawla madania machi 3askaria » (Etat civil, pas militaire). Ça ne décourage pas, effectivement ! Plusieurs jeunes ont essayé de monter sur le toit des véhicules des forces publiques et franchir le dispositif sécuritaire. Des tentatives suivies de brutales réactions du côté de la police, coups de bâton et gaz lacrymogène pulvérisé en direction des foules avant-gardistes. « Ils nous ont fait avaler le prétexte des mesures sécuritaires pour nous empêcher de passer par le tunnel des facultés, mais il est hors de question de passer à la trappe la symbolique de la Grande Poste », nous dit un jeune marcheur.

C’est direque les dizaines de milliers de marcheurs, qui ont bravé la chaleur et les conditions peut favorables, sont une preuve concrète de la détermination du peuple à récupérer sa liberté à manifester à la Grande Poste ou ailleurs, en attendant la construction de l’Etat de droit.

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