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Nationale

Du chantage saoudien aux conditions iraniennes

Du chantage saoudien aux conditions iraniennes

Alors que la prochaine réunion informelle de l’OPEP prévue à Alger fin septembre se préparait dans des conditions favorables en vue d’un accord pour stabiliser les cours, voilà que cette perspective vient de s’effondrer en quelques heures.

La faute est partagée aussi bien par l’Arabie saoudite que par l’Iran, en raison des déclarations de leurs officiels qui viennent de « doucher » le marché et ses espoirs.

Depuis hier, les prix ont repris une tendance à la baisse, alors que depuis sept séances consécutives, le baril « flottait » au-dessus des seuils des 50 dollars.

La baisse d’hier est déjà importante puisque le Brent valait 49,31 dollars le baril en recul de 36 cents par rapport à la clôture de jeudi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), bourse des échanges électroniques, le WTI cédait 16 cents à 47,17 dollars.

Les potentiels investisseurs ont été surpris par la volte-face saoudienne, alors qu’ils caressaient l’espoir de voir enfin, à Alger, en marge du Forum international sur l’énergie, une solution à moyen terme au problème de la surabondance et des excédents de pétrole qui perturbe le marché et les cours.

Des espoirs qui avaient été fortement accentué quand Téhéran annonça officiellement qu’il participait à cette réunion sous les cieux algériens, alors qu’il avait boycotté celle de Doha. Or, il semble que de nouveau la pression est maintenue par les grands producteurs mondiaux et qu’un accord au sein de l’OPEP s’éloigne de plus en plus.

Le revirement saoudien a commencé quand la monarchie affirma avant hier qu’elle n’a aucune intention de fermer ses robinets et qu’elle exclue toute éventualité de baisse de sa production.
Son rival, n’attendra que quelques heures, pour répondre qu’il va poser ses conditions, en ne renonçant pas à son objectif d’accroître sa production et la récupération de ses parts de marché perdus lors de l’embargo occidental.

Tour à tour, le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al Faleh a estimé dans une déclaration à une chaîne de télévision américaine spécialisée que son pays « ne préconise pas certainement une baisse de la production « et qu’il ne croit pas « qu’une intervention importante soit nécessaire ».

Pour sa part, son homologue iranien Bijan Zanganeh a fait savoir que s’il entend « coopérer avec l’OPEP pour améliorer les prix et la situation », il n’envisage pas de renoncer à son objectif d’augmenter sa production.

Autrement dit, l’Iran est prêt à stabiliser les prix mais sous conditions. Troisième producteur de l’OPEP, l’Iran a augmenté sa production après la levée, en janvier dernier, de sanctions occidentales et a depuis refusé de participer aux efforts du cartel et des autres grands producteurs hors-cartel en vue de stabiliser les cours.

Même l’accord de Doha au printemps dernier sur le gel a été un échec en raison du refus de Téhéran d’y adhérer complètement, alors que Ryad insistait sur l’implication de l’Iran dans un accord sur le gel de la production.

Pour les analystes, les deux géants pétroliers vont déterminer les cours et les marchés. Les deux pays vivent des tensions géopolitiques et confessionnelles, qui semblent s’inscrire dans la durée, et dont l’arme du pétrole est un instrument de taille.

L’Arabie saoudite n’a pas fini d’augmenter sa production, presque un demi-million de barils/jour de plus en six mois, alors que l’Iran poursuit la même trajectoire haussière (un million de barils/jour de plus en neuf mois). Cette bataille des parts, comme la qualifient certains experts, a inondé les marchés mondiaux et a considérablement fait « éclater » les cours.

La surabondance ne semble inquiéter ni les saoudiens, ni les iraniens. Un analyste chez FXTM estime que si « la réunion d’Alger en septembre se conclut sans accord, non seulement la crédibilité de l’OPEP va prendre un coup, mais aussi les prix du pétrole se retrouveraient à la merci de lourdes pertes ». Pour un autre expert, les deux poids lourds de l’OPEP vont finir par s’accorder car tous les « producteurs, membres ou non du cartel, ont intérêt à voir les cours remonter ».

S’agit-il d’une traditionnelle guerre des parts de marché, ou d’un complexe bataille pour un prix d’équilibre, comme ne cessent de le faire croire certains investisseurs et autres courtiers ? En fait, secrètement, les deux géants du Golfe nourrissent l’espoir de voir réaliser un scénario d’une fourchette autour des 50 dollars.

Un prix d’équilibre qui satisfait bien les deux pays, mais surtout pas les autres membres, notamment les Etats fragilisés par la pression sociale et les exigences économiques, comme le Venezuela, le Nigéria ou l’Algérie. Ces derniers souhaitent un prix plus élevé, qui pourrait bien dépasser le seuil des 60 dollars le baril et étalé sur une longue période, afin de compenser les pertes qui s’amoncellent depuis juin 2014.

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