Drogue dans le milieu scolaire : Les élèves en danger
La propagation de la consommation des psychotropes dans le milieu scolaire prend de l’ampleur d’année en année, nécessitant l’intervention et l’implication de tous les acteurs afin d’endiguer ce fléau. Les parents et l’école se doivent de jouer un rôle capital afin de réaliser un diagnostic précoce, permettant de sauver des enfants, de plus en plus jeunes, victimes de ce désastre. C’est ce qu’a déclaré au Jeune Indépendant la présidente de l’Assemblée populaire de la wilaya d’Alger, Nadjia Djilalai.
En marge de la journée de sensibilisation organisée, hier à Alger, sous le thème : « Le rôle de de l’école et de la société dans la sensibilisation contre les dangers de la drogue », la première responsable de l’APW a insisté sur la nécessité de mettre tout en œuvre pour protéger l’enfant, en impliquant tous les acteurs, notamment les parents et l’école, afin d’endiguer le phénomène de la drogue en milieu scolaire.
Qualifiant la drogue de « sujet très sensible et tabou », elle a appelé au diagnostic précoce, permettant de sauver des enfants de plus en plus jeunes, en ajoutant qu’en tant qu’élue, son objectif majeur est d’instaurer un climat serein pour les enfants en milieu scolaire, en mettant à leur disposition tous les moyens nécessaires en matière d’infrastructures, de transport et autres. « Durant toute l’année, nous œuvrons à accompagner les parents et les enfants dans cette lutte implacable contre la drogue à travers des campagnes de sensibilisation et des sorties sur le terrain pour détecter le mal dès ses premiers signes », a-t- elle déclaré.
Nadjia Djilalai a également mis en avant la communication avec l’enfant qui, selon elle, doit être régulière afin de le sensibiliser et le responsabiliser. « Nos enfants ont une certaine maturité, alors dès que les parents ou l’enseignant détectent des signes d’addiction à la drogue chez les enfants, ils doivent leur parler et les sensibiliser sur les dangers de ce fléau. Ces enfants deviennent alors responsables et cherchent à trouver des solutions, soit auprès de leurs parents, soit auprès de leurs enseignants ou même de spécialistes », a-t-elle souligné.
La responsable de 57 communes et de 4 millions de personnes a précisé qu’elle œuvre en étroite coordination avec le ministère de la Santé, les associations des parents d’élèves et la Sûreté nationale pour protéger cette innocence et, surtout, mettre hors d’état de nuire les barons de la drogue.
Mme Djilalai a cité le centre d’accompagnement et de prise en charge des enfants drogués situé à Bouchaoui, qui accueille tous les enfants venus de tous les coins du pays, dont la mission est de s’occuper, sensibiliser et prendre en charge ces enfants, encadrés par des spécialistes en la matière.
« La société civile doit jouer un rôle primordial dans l’accompagnement de ces enfants », a-t- elle expliqué.
Nadjia Djilalai a assuré qu’elle ne ménagera aucun effort pour prendre en charge, de manière efficace, les enfants qui tombent dans les stupéfiants.
Pour sa part, Zahra Fassi, spécialiste en éducation et psychologie, a appelé tous les acteurs à faire un travail de terrain, s’adressant plus particulièrement à l’Etat qui, selon elle, doit élaborer un programme efficient qui vise à mettre définitivement fin à ce fléau.
Elle a indiqué : « Les chiffres sont alarmants. La drogue est en train de détruire notre société avec son introduction dans les écoles. J’impute cette responsabilité aux forces du mal qui veulent nuire à l’Algérie à travers ses enfants. »
La spécialiste a cité deux cas. Le premier, celui d’une jeune fille accro à la drogue en 2016, et le deuxième, la fugue de sept jeunes lycéennes avec des dealers à Biskra.
Fassi Zahra a proposé quelques solutions qui pourraient, un tant soit peu, diminuer ce fléau : la révision des programmes scolaires en introduisant des cours intensifs sur les dangers de la drogue, la création d’unités médicales au niveau des établissements scolaires pour diagnostiquer les cas de toxicomanie sur place, l’encouragement du sport scolaire et l’accompagnement de l’Office national de lutte contre la drogue lors de sa visite dans les établissements scolaires.