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Nationale

Drame du stade du 20-Août 1955 : Un réalisateur accuse l’ex-ministre de la Culture

Drame du stade du 20-Août 1955 : Un réalisateur accuse l’ex-ministre de la Culture

Trois jours après la mort de cinq jeunes spectateurs, quelques instants avant le début du concert de Soolking, les langues commencent à se délier pour livrer une vérité hallucinante sur ce qu’il s’est passé, en partie, lors de cette tragique soirée du jeudi 23 août.

Selon des témoignages, que l’enquête judiciaire en cours élucidera, des agents et préposés au stade du 20-Août 1955 affectés au contrôle des tickets d’accès ne les détruisaient pas après les avoir pris des mains des spectateurs.

« Ces agents, selon un témoin, s’empressaient, après avoir pris plusieurs billets qu’ils ne déchiraient pas, de sortir pour les remettre à des amis, qui attendaient dehors ».

« Cela a participé également à augmenter le nombre de personnes qui s’empressaient aux portes du stade, au milieu d’une cohue mal gérée par les préposés aux entrées », estiment des témoins dans des déclarations au Jeune Indépendant.

Des enquêtes judiciaires sur ces allégations seraient menées par les services de sécurité, qui ratissent large pour dresser le tableau le plus proche possible des événements, tels qu’ils se sont déroulés au moment de la grande bousculade qui a provoqué la mort de cinq jeunes, trois filles et deux garçons.

Au lendemain de la tragédie, des bruits avaient couru selon lesquels beaucoup de spectateurs présents au stade étaient entrés sans ticket d’accès, et que ceux qui avaient le fameux « sésame » étaient restés dehors, d’où l’énervement et la bousculade, et ce à moins d’une heure du début du concert, prévu à 21 heures.

Autre anomalie : l’opérateur Ooredoo, l’un des sponsors du spectacle, avait organisé une campagne de promotion basée sur une offre de tickets d’accès au concert de Soolking, qui s’est poursuivie jeudi, à quelques heures du début du concert.

Le rush des jeunes pour assister au spectacle donné par Soolking, s’il s’explique, ne peut cependant disculper des responsabilités avérées dans ce qu’il s’est passé et que l’enquête en cours devrait établir avec exactitude.

Par ailleurs, le réalisateur Bachir Derrais a accusé, sans le désigner explicitement, l’ex-ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, de porter, lui également, la responsabilité de la tragédie du stade du 20-Août 1955. Bachir Derrais reproche à Azzedine Mihoubi d’avoir écarté, lorsqu’il il était à la tête du ministère de la Culture, l’Office national de la culture et de l’information (ONCI) de l’organisation de grands concerts, comme celui de Soolking, au profit de l’ONDA (Office national des droits d’auteur), un organisme chargé de la protection et la rétribution des droits d’auteurs. Et, donc, un organisme complètement incapable de gérer de grands spectacles où il y a une forte affluence de fans.

« Le responsable principal du drame du stade 20-Août 1955, c’est le ministre qui, pour régler un compte personnel avec le DG de l’ONCI, en janvier 2018, lui a enlevé l’organisation des concerts et mis au chômage technique 400 techniciens et régisseurs, beaucoup plus expérimentés et habitués pour la gestion de ce genre d’événements, pour confier cette tâche à l’ONDA, une institution administrative censée gérer et récolter les droits d’auteurs et les redistribuer aux ayants droits », a affirmé Bachir Derrais sur son compte Facebook.

A la suite du décès de cinq jeunes, qui a choqué les Algériens, la ministre de la Culture Meriem Merdaci a démissionné samedi, alors que les directeurs généraux de la DGSN et de l’ONDA ont été limogés.

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