Décès tragique du Dr Mansouri Khadidja : Le cri d’alarme du SNMGSP face au burn-out des médecins
Le décès tragique du Dr Mansouri Khadidja a provoqué une onde de choc dans le corps médical. Réuni en urgence, le Syndicat des médecins généralistes de santé publique (SNMGSP) dénonce un système à bout de souffle et des conditions de travail « épuisantes ». Face à ce qu’il qualifie de signal d’alarme, le syndicat exige des réformes immédiates, à commencer par la reconnaissance de la médecine comme métier pénible.
Loin d’être un fait divers, ce drame est qualifié par l’organisation syndicale de véritable « signale d’alarme » face à un système à bout de souffle. « Cette tragédie ne constitue ni un accident isolé ni un simple cas individuel pouvant être dépassé par quelques paroles de consolation », lit-on dans le communiqué.
Pour les représentants des praticiens, la mort de leur consœur met à nu des « accumulations graves » et chroniques, à savoir, selon le syndicat, un système de gardes épuisant qui dépasse les limites des capacités humaines, des horaires de travail démesurés, une absence flagrante de périodes de repos pour la récupération, et surtout le vide juridique total quant à la protection physique et psychologique du personnel médical.
Le syndicat estime que ces problèmes ne sont pas nouveaux mais qu’ils se sont aggravés au fil des années, dans un climat marqué par l’absence de réponses concrètes des autorités concernées. « Ce drame doit pousser l’ensemble des acteurs, administration, pouvoirs publics, syndicats et professionnels de santé, à ouvrir une réflexion sérieuse et globale sur les conditions de travail des médecins », souligne le texte.
Le SNMGSP rappelle également les lourdes pertes enregistrées au sein du personnel médical durant la pandémie du Covid-19. Le syndicat évoque des médecins et infirmiers « tombés dans le silence des hôpitaux », victimes de l’épuisement, des gardes interminables et des pressions psychologiques extrêmes.
Selon le communiqué, la pandémie a agi comme « un révélateur brutal » de l’état d’usure accumulé chez les professionnels de santé, contraints d’assurer des charges de travail excessives dans des conditions souvent difficiles. Le syndicat affirme que de nombreux praticiens continuaient à soigner les patients « alors qu’eux-mêmes étaient au bord de l’effondrement ».
Pour le SNMGSP, l’heure n’est plus aux demi-mesures, sa principale revendication, bloquée depuis des années dans les tiroirs de l’administration, reste inchangée, celle d’obtenir la reconnaissance officielle et obligatoire de la médecine comme un métier pénible et à haut risque.
Le SNMGSP estime qu’un médecin travaillant en réanimation ou assurant des gardes de nuit dans des conditions éprouvantes ne peut être soumis aux mêmes normes qu’un employé administratif exerçant dans un environnement stable. « Cette différence impose un cadre législatif spécifique qui protège le médecin avant même qu’il ne soit contraint de sauver des vies dans un état d’épuisement avancé », insiste le communiqué.
Le syndicat considère également que protéger les médecins constitue une condition essentielle pour garantir la sécurité des patients et la qualité des soins. « Un médecin épuisé ne peut assurer une prise en charge sécurisée », avertit-il.
Appel à la réforme des conditions de travail
Le SNMGSP rappelle avoir déjà soumis plusieurs propositions et projets de réformes restés, selon lui, « sans suite ». Parmi les revendications soulevées, figure la fixation du temps de travail hebdomadaire à 32 heures, gardes incluses, ainsi que l’interdiction du recours au travail supplémentaire imposé, sauf en cas d’urgence officiellement déclarée.
Le syndicat réclame une révision totale des conditions de travail, à commencer par une réorganisation stricte des gardes. Le SNMGSP exige ainsi de limiter la durée maximale d’une garde à 16 heures et de plafonner leur nombre à six par mois. Parmi les autres mesures phares, l’organisation demande une revalorisation significative des indemnités, l’interdiction absolue des gardes cumulatives non rémunérées, ainsi que le droit pour le médecin de refuser une garde supplémentaire, hors situation d’urgence exceptionnelle. Sur le plan logistique, le texte insiste sur la mise à disposition de salles de repos adaptées et de repas sains lors des longues gardes, tout en réclamant un allègement des charges administratives qui pèsent lourdement sur les praticiens au détriment de leur cœur de métier.
Au-delà de l’organisation du temps de travail, le communiqué met l’accent sur la santé mentale des professionnels de santé. Le syndicat juge indispensable de reconnaître officiellement le burn-out lié à l’exercice médical comme une maladie professionnelle ouvrant droit à une indemnisation. Pour concrétiser cette prise en charge, le SNMGSP demande la création de cellules de soutien psychologique gratuites et confidentielles au sein des hôpitaux, ainsi que l’octroi d’un congé annuel obligatoire d’au moins 30 jours sans interruption. Enfin, l’organisation appelle à la mise en place de mécanismes de contrôle rigoureux pour garantir l’application effective et immédiate de l’ensemble de ces mesures sur le terrain.