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Nationale

Draâ-Ben-Khedda : Un investisseur spolié de son bien

Draâ-Ben-Khedda : Un investisseur spolié de son bien

Tizi-Ouzou est l’une des wilayas les plus touchées par les effets néfastes de la mafia du foncier. Elle a eu un terrain particulièrement fertile au niveau de cette wilaya notamment au cours de la décennie 1990. Aujourd’hui encore, en dépit du mouvement citoyen qui exige une République conforme à celle imaginée et conçue par le FLN novembriste et la volonté de l’Etat d’éradiquer ce phénomène destructeur, bien des hommes et des femmes crient leur douleur de l’iniquité qu’ils subissent de la part de ces entités hors la loi.

C’est le cas justement du citoyen Rabah Benseraye, industriel de son état et demeurant à Draâ-Ben-Khedda. Cet industriel accuse et déclare qu’il est spolié de son bien. En effet, M. Benseraye, motivé par le lancement d’un projet industriel au niveau du lotissement Mouldiouane, dans la commune de Draâ-Ben-Khedda, a sollicité un terrain à cet effet. C’était au cours de la deuxième moitié de la décennie 1980. Après étude de son dossier, la commission compétente le reconnut éligible à la jouissance de ce terrain à caractère industriel. L’APC de Draâ-Ben-Khedda lui octroie effectivement ce terrain d’une superficie de 578 m2, et ce par décision n°60-89 du 30 novembre 1989. Ce terrain est situé au lot n°16 dans la zone industrielle de Moudiouane. A cette occasion, il sera demandé à l’acquéreur de verser 30% de la valeur globale du terrain. Rabah Benseraye versera deux cent mille (200 000) dinars, montant représentant les 30% de la valeur marchande du terrain. Cependant, l’autorisation de l’occuper ne lui a pas été encore signifiée, d’où son attente. Hélas, elle dure jusqu’à aujourd’hui. Que s’est-il donc passé ?

L’agence foncière de Draâ-ben-Khedda, de collusion avec l’APC, a revendu ce terrain à un gros bonnet local, un certain A.Y. Celui-ci entrera en possession d’ailleurs d’une quarantaine de terrains environ dans cette zone industrielle de Mouldiouane et tous ont déjà fait l’objet d’une attribution à des tierces personnes. Quand Benseraye a découvert que son terrain a été revendu, il entama les démarches dans l’espoir de récupérer son bien. C’était aussi le début de l’enfer pour lui. Toutes les correspondances qu’il a adressées aux autorités locales pour un correctif à « l’erreur » dont il a été victime n’ont pas abouti. C’était crier dans l’oreille d’un sourd.

L’APC de Draâ-Ben-Khedda a été saisie de pas moins de quatre correspondances entre 2014 et 2017. Et toutes se sont retrouvées à « la poubelle ». La première correspondance date du 10 février 2017, la deuxième du 10 février 2015, la troisième du 17 mai 2017 et la quatrième du 6 juillet de la même année.

Après avoir constaté que les portes de l’APC refusaient de s’ouvrir, Benseraye s’adressa à une autre instance à travers une correspondance dans laquelle il expliqua toute l’affaire et naturellement ses attentes. C’est ainsi que le wali de Tizi-Ouzou en poste à l’époque fut informé de la supercherie. Et par correspondance n°3096/CAB/KN/2018 du 2 octobre 2018, le wali saisit l’agence foncière de Draâ-Ben-Khedda en lui demandant d’étudier le cas du plaignant et d’arrêter à son endroit une mesure juste et appropriée. Cette lettre du wali fut encore ignorée par son destinataire.

Rencontré à Tizi-Ouzou, Benseraye, aujourd’hui âgé de 75 ans et très malade, a avoué ne plus savoir à qui se confier et se plaindre. « Même les 200 000 DA que j’ai versés, nous dit-il, je ne les ai pas encore récupérés ».

Notre interlocuteur a déclaré au JI que c’est suite à son refus catégorique de marcher dans de sales combines qu’il a connu ses déboires. Comme cette histoire de passeport spécial hadj refusé à sa femme par la même APC, alors qu’elle remplissait toutes les conditions.

Notre interlocuteur espère toujours obtenir réparation, à savoir entrer en possession de son terrain qui lui revient de droit.

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