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Op-Ed

Donnant, donnant !

Les propos du chef du gouvernement reconnaissant le caractère grave de la crise économique qui secoue le pays n’ont rien de surprenant dans la mesure où le moment choisi a coïncidé avec une autre décision non moins importante.

L’annonce 48 heures plus tôt, à l’issue du dernier Conseil des ministres, de l’adoption de deux décrets consacrant la promotion de dix daïras en wilayas déléguées n’est pas anodine. Deux dispositions, oserions-nous dire, qui semblent de prime abord diamétralement opposées mais qui, en fait, sont étroitement liées.

En fins stratèges, les autorités s’adjugent deux « sorties » bien relayées par la quasi-totalité des canaux médiatiques qui pourraient s’apparenter à de hauts faits, mais la réalité, supposent des observateurs avisés, est que c’est à la méthode du « donnant, donnant » que s’apprête à se livrer le gouvernement dont les ministres fraîchement installés sont nécessairement porteurs d’une nouvelle feuille de route.

S’il est admis que les nouveaux patrons de l’Energie (le binôme ministre et DG de Sonatrach) semblent bien au fait des difficultés dans le secteur, ce qui l’est moins est que : auront-ils les mains suffisamment déliées pour agir sans contrainte, sachant que « la maison » est une chasse gardée qui, jusque-là, a permis le maintien de la rente et du système ?

Fait nouveau aussi, dans son allocution en marge de l’installation du nouveau patron de Sonatrach, le Premier ministre n’a pas non plus manqué de mettre en relief « la faiblesse » de l’exploitation des ressources naturelles. Au moment où, a-t-il dit, « la moyenne mondiale de densité de forage par 10 000 km2 est de 105 puits, en Algérie elle n’est que de 14 puits ».

Encouragée naguère à se lancer dans des aventures hors territoire, la première entreprise au Top 100 africain a aussi été rappelée à l’ordre et priée de mettre dorénavant le paquet sur le sol algérien. Sonatrach devrait désormais se consacrer à creuser in situ. Seulement, il serait intéressant de connaître les objectifs assignés au géant algérien des hydrocarbures.

Reconnaissant l’épuisement dans une trentaine d’années des réserves en pétrole conventionnel avec la cadence d’exploitation actuelle, que dire alors si une augmentation de la production intervenait -et surtout la difficulté de mettre sur le marché le surplus- avec tous les aléas qui pourraient surgir vis-à-vis des autres pays de l’Opep.

Les hydrocarbures non conventionnels, un autre don de dame nature, s’avèrent être une offrande toute prête si les habitants lâchent du lest. Jusque-là opposées à son exploitation, les populations du Sud ont reçu un signal « fort » d’Alger pourvu qu’elles y adhèrent. Seule alternative, de toutes les façons, devant maintenir le système, mais encore serait-ce suffisant ?

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