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Donbass ou le nouveau terrain des manœuvres américaines

Donbass ou le nouveau terrain des manœuvres américaines

Les Etats-Unis projettent, à travers des livraisons d’armes de guerre, d’exacerber les relations entre l’Ukraine et la Russie en agitant à nouveau le conflit au Donbass théâtre de tension entre Kiev et les Républiques de Donetsk et Lougansk depuis 2014.

Vexée par son cuisant échec en Syrie et la défaite de l’organisation terroriste de l’Etat islamique (EI-Daech) Washington, appuyée par le Canada, ont décidé de livrer des armes létales au pouvoir ukrainien afin de faire plonger la région à nouveau dans le chaos. L’objectif, en sourdine de l’administration de Donald Trump, est de chahuter l’élection présidentielle en Russie prévue en mars prochain et contraindre Moscou à faire des concessions en Syrie, le pays qui s’apprête à entamer un processus de reconstruction politique et économique.


Donald Trump

Pour ce faire, Washington compte s’appuyer sur le tremplin ukrainien par le truchement d’un pouvoir pro-occidental disposé à lancer des offensives militaires contre la Russie une fois les armes réceptionnées et cela au détriment du processus de Minsk, favorisant une solution politique à la crise qui dure depuis 2014. Ainsi, durant le week-end de Noël, l’administration Trump a autorisé la vente d’armes létales à l’Ukraine faisant monter d’un cran la tension. Selon le département d’Etat américain cette vente d’armes létales est destinée« à renforcer ses capacités de défense » de l’Ukraine et de « l’aider à défendre son intégrité territoriale et décourager de nouvelles agressions ».
Ottawa a emboité le pas à Washington en annonçant elle aussi la levée de l’embargo sur les armes destinée à l’Ukraine.
Pour les observateurs internationaux, il s’agit d’un alibi compte tenu du fait qu’aucun signe d’agression n’est venu étayer cette action unilatérale de Washington et de son voisin canadien.
Le président américain, Donald Trump, se range ainsi à l’avis de son secrétaire à la Défense, Jim Mattis, et de son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, tous deux favorables à un soutien militaire à l’armée ukrainienne putschiste. Il s’agit alors de livrer à l’Ukraine des lance-missiles antichar pour la coquette somme de 47 millions de dollars, selon les médias américains, une livraison qui doit être, toutefois, approuvée par le Congrès.
Et c’est la première fois que les Etats-Unis s’impliquent aussi directement dans la crise à un moment où la Russie encourage toutes les parties à des solutions pacifiques au même titre que ces actions diplomatiques pour régler le conflit syrien.

Maria Zarakhova, Porte parole des AE russes

Favoriser un bain de sang
La Russie n’a pas tardé à réagir. Les livraisons d’armes létales en Ukraine effectuées par les États-Unis et le Canada pourraient pousser Kiev à pencher pour des options militaires dans le Donbass, estime le ministère russe des Affaires étrangères.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a mis en garde Washington contre les dangers de sa décision. « Je voudrai recommander à ceux qui ont opté pour de telles décisions de réfléchir sur les responsabilités qui en découlent », a-t-elle déclaré dans un point de presse.
Selon elle, « il est évident que le soutien des Etats-Unis et du Canada à l’Ukraine par des moyens de guerre est destiné à torpiller le règlement pacifique du conflit dans l’est du pays pour des aventures militaires ».
La porte-parole russe a souligné aussi que « Washington et Ottawa doivent comprendre que le conflit dans le Donbass, conséquence du coup d’Etat à Kiev, ne peut être résolu la force » avertissant, aussi, que le conflit engendra de nouveaux morts compte tenu du fait que les armes seront fournies à des meurtriers. Ceux qui donneront des armes aux assassins seront également responsables des vies perdues ».
Pour sa part, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a déclaré que « les Etats-Unis entraînent les autorités ukrainiennes dans un nouveau bain de sang », ajoutant qu’ils « avaient franchi une ligne rouge » et encourageaient une reprise du conflit dans la région du Donbass, à l’est du pays.
« Cette décision sape le travail de mise en œuvre des accords de Minsk de 2015 », a déclaré un autre vice-ministre des Affaires étrangères, Grigori Karassine, ajoutant que « fournir des armes revient à encourager le scénario de la force ».

Inquiétude franco-allemandes
Kiev cherche depuis trois ans à obtenir des armes létales des États-Unis. Actuellement, l’aide militaire de Washington se limite, officiellement, à la fourniture d’uniforme, d’équipements et à la formation des soldats de la Garde nationale ukrainienne.
La décision américano-canadienne est loin d’etre partagée par le couple franco-allemand, qui tient à bout de bras le processus de paix engagé en 2014, par les accords de Minsk.


Merkel et Macron

Un communiqué publié conjointement par Angela Merkel et Emmanuel Macron appelle à un règlement « exclusivement pacifique » du conflit, face à « l’accroissement récent et inacceptable » des violations du cessez-le-feu.
Le communiqué rappelle l’attachement de la France et de l’Allemagne « à la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk » et demande un « travail sérieux » sur d’autres chapitres de ces accords comme le retour du contrôle sur la frontière russo-ukrainienne.
Suite à ce développement, les officiers russes ont interrompu le travail dans les centres conjoints de contrôle et de la coordination du cessez le feu et de stabilisation de la ligne de contact dans le Donbass, selon le ministère russe des affaires étrangères.
Cette interruption est intervenue suite aux obstacles crées délibérément par les autorités de Kiev afin de les empêcher d’accomplir leurs missions.
Ainsi, l’Ukraine a introduit depuis le 1e janvier une nouvelle condition au visa de séjour dans le pays qui fait obligation aux militaires russes de mettre à la disposition des autorités de Kiev leurs données personnelles détaillées. « Cette condition est inacceptable pour l’Armée russe car elle est en contradiction avec l’accord du 16 janvier 1997 entre le Gouvernement de la Fédération de la Russie et le Gouvernement Ukraine sur le voyages des citoyens sans visas », a affirmé le ministre russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le centre conjoint de contrôle et de coordination du cessez-le-feu et la stabilisation de la ligne de contact a été mis en place en 2014 par des représentants de l’Ukraine, de la Russie et de l’OSCE. Il a pour missions ; la coordination des processus de trêve dans le Donbass, la désescalade et la stabilisation de la situation dans la région, conformément à l’accord de Minsk.
La veille, le commandement opérationnel de République populaire de Donetsk (RPD) a fait savoir que les forces ukrainienne ont violé en moyenne 30 fois par jour le cessez-le-feu, usant l’artillerie, des chars et des mortiers de divers calibres. Le rapport du RPD, remis à l’OSCE fait observer que l’armée ukrainienne a lancé 760 obus des types différents le long des territoires de première ligne de l’auto proclamée République de populaire Lougansk.
Ces violations sont utilisées comme un prétexte par les autorités américaines et canadiennes pour justifier les livraisons d’armes au pouvoir à Kiev.
La situation dans le Donbass s’est aggravée début avril 2014, lorsque Kiev a décidé de lancer une opération militaire dans la région. À la fin d’avril, la Russie, la France et l’Allemagne ont rejoint le règlement du conflit.

Le président d’Ukraine  le milliardaire pro-europeen Petro Porochenko en compaghnie du sioniste BHL lors du putsch de 2014

En septembre 2014, la Russie a proposé son plan de résolution de la crise, qui a été pris en compte lors de la nouvelle réunion du groupe de contact à Minsk. Selon le nouveau mémorandum, les parties en conflit devaient libérer tous les otages et prendre des mesures pour améliorer la situation humanitaire dans la zone de confrontation entre les parties. En outre, Kiev devait décentraliser le pouvoir, qui jusqu’à présent, n’a pas été mis en œuvre.
Le conflit dans la région ont fait près de 10.000 morts dont deux 2.000 civils et plus de 20.000 blessés, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Pour beaucoup, la nouvelle stratégie américaine consistera à pousser la Russie à chercher plus rapidement un compromis ou enclencher une escalade du conflit en attirant Moscou sur le terrain de la confrontation.
Toutefois, la Russie a intensifié ses actions diplomatiques afin de régler le conflit par les voies pacifiques. 

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