-- -- -- / -- -- --


Lifestyle Santé

Don d’organes : L’espoir des patients en liste attente

Don d’organes : L’espoir des patients en liste attente
Une priorité vitale. 

Des milliers de patients sont en attente d’une greffe pour échapper aux pathologies mortelles, mais la transplantation d’organes peine encore à se développer faute de donneurs, malgré des compétences médicales reconnues, des équipes formées et un cadre légal en place. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi, le Pr Rachid Belhadj, président du comité d’éthique du prélèvement d’organes au CHU Mustapha-Bacha, appelant à une mobilisation collective afin d’ancrer une véritable culture du don et sauver davantage de vies.

Le professeur Belhadj a affirmé que « plus de 30 000 patients vivent aujourd’hui sous dialyse en Algérie », précisant qu’une grande partie d’entre eux pourrait bénéficier d’une transplantation rénale. Pour ces patients, la greffe représente souvent la seule alternative à une vie rythmée par des séances d’hémodialyse lourdes et contraignantes. Parmi eux figurent également des enfants et des adolescents atteints de maladies génétiques ou de pathologies graves nécessitant une transplantation.

Le spécialiste a déploré que « voir des jeunes malades attendre une greffe alors que des organes pourraient sauver des vies est une situation particulièrement difficile », lors de son intervention sur les ondes de la Radio algérienne. Il a également expliqué qu’en Algérie, la majorité des transplantations repose actuellement sur le don entre personnes vivantes, principalement au sein de la famille. Frères, sœurs, parents ou conjoints constituent la principale source de donneurs. Mais dès que la question du don dépasse ce cercle familial, les réticences deviennent plus importantes.

Le Pr Belhadj a précisé que « lorsque le don concerne une personne extérieure à la famille, les hésitations et les refus sont beaucoup plus fréquents ». Cette situation explique en grande partie la rareté des organes disponibles pour les patients inscrits sur les listes d’attente. Par conséquent, quarante ans après la première transplantation rénale réalisée en Algérie, les chiffres restent modestes.  

« Depuis la première greffe du rein effectuée le 14 juin 1986 au CHU Mustapha-Bacha, environ 1 600 transplantations ont été réalisées » a précisé le spécialiste. Un bilan qui reste limité au regard des besoins réels et des performances enregistrées dans d’autres pays. A titre d’exemple, l’Espagne, considérée comme une référence mondiale en matière de don d’organes, réalise plus de 4 500 greffes par an.

Pourtant, l’Algérie dispose d’une expérience ancienne dans le domaine des transplantations. Le Pr Belhadj souligne que « la première greffe de cornée réalisée en Algérie remonte à 1977 au CHU Mustapha-Bacha, sous l’impulsion du Pr Ouachiche ». Il a ajouté que quelques années plus tard, le 14 juin 1986, le même établissement réalisait la première transplantation rénale en Algérie, marquant une étape importante dans le développement de la chirurgie moderne.

Il a également tenu à assurer que, contrairement à certaines idées reçues, le problème du nombre de transplantation ne réside pas dans les compétences médicales, affirmant que « les équipes sont formées, les techniques sont maîtrisées et les infrastructures existent ». Le spécialiste a ajouté que les progrès scientifiques réalisés au cours des dernières décennies ont également considérablement amélioré les résultats des transplantations, notamment avec les avancées des traitements immunosuppresseurs, destinés à éviter le rejet de l’organe greffé.

En outre, contrairement à certaines perceptions, la question religieuse ne constitue plus aujourd’hui un obstacle majeur au don d’organes. Plusieurs autorités religieuses ont, en effet, autorisé cette pratique. Des fatwas ont été émises pour permettre le prélèvement d’organes en cas de mort cérébrale, ainsi que la transplantation destinée à sauver des vies. Le Pr Belhadj a soutenu que « sur le plan religieux, les choses sont claires : l’objectif est de sauver des vies, ce qui correspond parfaitement aux valeurs de solidarité et d’entraide ».

Sur le plan législatif, la transplantation d’organes est encadrée par plusieurs textes, notamment la loi de santé de 2018, qui a introduit de nouvelles dispositions relatives au prélèvement et à la greffe d’organes, de tissus et de cellules humaines. Dans ce cadre, l’Algérie s’est dotée de l’Agence nationale de greffe, placée sous la tutelle du ministère de la Santé. Créée afin de coordonner les programmes de transplantation à l’échelle nationale, cette agence est chargée d’organiser les prélèvements, de gérer les listes d’attente, de veiller au respect des règles éthiques et médicales ainsi que de renforcer la confiance des citoyens.

Par ailleurs, le Pr Belhadj a soutenu que la question du don d’organes relève d’un véritable enjeu de société. Estimant que la sensibilisation doit impliquer l’ensemble des acteurs sociaux, écoles, médias, institutions religieuses, associations et personnalités publiques, il a souligné que « le don d’organes est avant tout un acte de solidarité humaine ».

Parmi les solutions envisagées figure la mise en place d’un registre national du refus. Dans ce système, toute personne est considérée comme donneuse potentielle sauf si elle exprime explicitement son opposition. Ce mécanisme permettrait de clarifier la volonté des citoyens et d’éviter certaines situations où les familles s’opposent au prélèvement faute de connaître la position du défunt. Certaines propositions suggèrent également d’intégrer le choix du citoyen dans les documents biométriques tels que la carte d’identité ou le permis de conduire. Le plus important est que les citoyens prennent conscience que le don d’organes demeure avant tout un acte profondément humain, celui de permettre à un autre patient de retrouver l’espoir de vivre.



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email