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Op-Ed

Djihadistes: Les dessous d’une pression

Au moment où l’État syrien, annoncé vainqueur dans sa guerre contre le terrorisme, réinstaure son autorité sur presque l’ensemble du territoire national et s’apprête à lancer un processus politique pour réunifier les rangs, des groupes djihadistes affiliés à El-Qaïda persistent et arrivent même à gagner du terrain devant des groupes rebelles. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) cité par l’AFP, des combats ont fait près de 120 morts il y a quelques jours seulement.

Ces affrontements ont commencé dans les zones rebelles de la province d’Alep, avant de s’étendre aux provinces voisines de Hama et d’Idleb.
C’est dire que la menace terroriste est bel et bien réelle et devrait inciter à la plus grande vigilance, surtout pour un pays comme l’Algérie qui tient tête depuis des années à toutes les tentatives de déstabilisation visant sa sécurité intérieure.
À cela s’ajoutent les sérieuses menaces aux frontières en raison d’une forte présence de groupes terroristes au Mali, au Niger et en Libye. Ces trois pays avec lesquels l’Algérie partage plusieurs centaines de kilomètres de limites territoriales.
En tout cas, les dernières déclarations de Hassan Kacimi, directeur au ministère de l’Intérieur chargé du centre opérationnel du ministère et du dossier de la migration, sonnent comme un avertissement pour tous ceux qui sous-estiment les capacités de la nébuleuse à trouver d’autres alternatives à la débâcle de Daech au Levant.

Cette sortie médiatique pose aussi l’importance de prendre en considération la dimension sécuritaire dans la gestion de la question migratoire.
Un « phénomène nouveau », que les ONG, comme l’instance onusienne chargée du dossier, semblent aborder seulement sous l’angle humanitaire, voire politique pour certaines organisations occidentales ouvertement engagées dans un travail de pression à l’encontre de l’État algérien. Car comment expliquer un tel acharnement contre l’Algérie qui n’a ménagé aucun effort matériel et diplomatique pour venir en aide aux frères Syriens.
Faut-il rappeler que l’Algérie a été parmi les premiers pays à accueillir un important flux de réfugiés syriens, 50 000 ressortissants depuis le début du conflit et dont une grande partie s’est parfaitement intégrée dans la société.
Il faut rappeler également que la diplomatie algérienne a affirmé déjà par le passé que “l’Algérie n’a jamais failli à son devoir de solidarité fraternelle vis-à-vis de ressortissants syriens, dont pas moins de 40 000 bénéficient d’un dispositif leur assurant des facilités en matière de séjour, de scolarisation, d’accès aux soins médicaux et au logement ainsi que l’exercice d’activités commerciales”. Les milliers de clandestins africains ont pour leur part profité d’une bonne prise en charge jusqu’à leur rapatriement vers leur pays d’origine, et ce conformément aux demandes de leurs États respectifs.

Que signifie donc ce nouvel acharnement contre l’Algérie ? Faut-il l’inscrire dans un timing bien calculé, au lendemain de l’élaboration du pacte mondial sur les réfugiés adopté le 17 décembre 2018 par l’Assemblée générale de l’ONU à une très vaste majorité ? Ou faut-il opter pour la thèse du « complot » et recouper ce nouvel épisode avec d’autres manœuvres d’ordre stratégique, par exemple la décision des États-Unis de réorganiser leur politique en Afrique pour contrer l’expansion sino-russe sur le continent, la mystérieuse et inattendue décision de retrait des troupes américaines de Syrie, ou le soutien américain apporté tout récemment au G5 Sahel alors que ce dernier faisait face à d’énormes difficultés financières ? Une chose est certaine, le statut d’État pivot de l’Algérie lui confère un rôle de premier plan dans la stabilité de la région, les tensions géostratégiques qui se profilent à l’horizon entre les grandes puissances sur l’Afrique seront de plus en plus importantes sur l’ensemble géopolitique que constitue l’Algérie .

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