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Nationale

«Djellab nous a conseillé de laisser les fonds déposés au niveau de Khalifa Bank !»

«Djellab nous a conseillé de laisser les fonds déposés au niveau de Khalifa Bank !»

Le 22e jour du procès en cassation de Khalifa Abdelmoumene Rafik et des autres inculpés poursuivis pour association de malfaiteurs, vol qualifié, faux et usage de faux dans des documents comptables et financiers et d’abus de confiance a été consacré aux auditions des témoins ayant occupé des postes de responsabilité au sein des organismes de l’Etat au sujet des dépôts de fonds dans les différentes agences de la banque dissoute, objet de la poursuite judiciaire.

Parmi les témoins qui se sont succédé aux témoignages devant le président du tribunal criminel de Blida M. Antar Menouar, et ses deux conseillers, Meskem Zahia et Boukhobza Laid, et des deux membres du jury figurent, entre autre des responsables de l’époque dont le directeur exécutif de la mutuelle de la police, le directeur de la compagnie d’assurance des hydrocarbures, le directeur de l’agence de Koléa, le directeur de la société nationale de peintures, le directeur de microcrédits et le directeur général de l’hôtel El Aurassi. 

Le premier témoin appelé à la barre pour donner sa version des faits n’est autre que Mokrani Mohamed Ameziane, directeur exécutif de la mutuelle de la police, qui a d’emblée affirmé au juge en charge du dossier que « l’organisme a déposé pas moins de 257 millions de dinars aux agences de Chéraga et des Abattoirs d’Hussein Dey qui ont offert des bénéfices respectifs de 12 et 14% ».

Il a indiqué : « Lorsqu’on a appris que rien n’allait à Khalifa Bank, nous nous sommes rapprochés des responsables de cette institution financière privée et nous avons exigé la restitution de toutes les sommes. Malheureusement on n’a récupéré que 12 millions de dinars ».

Interrogé s’il avait pris part aux négociations relatives à la convention signée entre la DGSN et Khalifa Bank sur les dépôts de fonds, le mis en cause a répondu à la direction du juge : « Non, monsieur le président, je n’ai pas assisté à cette réunion ».

A une autre question qui rentre dans le même contexte mais concerne la convention de réduction avec Khalifa Airways, le responsable en question a tenu à souligner que « les conventions dont a bénéficié la mutuelle avec Khalifa Airways n’a rien à voir avec les dépôts de fonds dans les agences bancaires ».

Il a par ailleurs précisé : « Nous avons saisi l’administrateur de la banque Khalifa par écrit mais il s’est contenté de nous répondre verbalement quant à la récupération des fonds déposés au niveau de cette dernière (la banque)sous prétexte qu’il était toujours en train de faire l’évaluation de la situation

Il a souligné en outre que : « le ministre du Travail et de la Sécurité sociale de l’époque était au courant de toutes les opérations de dépôts de fonds ».

Mokrani Mohamed Ameziane a déclaré que « L’ancien administrateur de Khalifa Bank, Mohamed Djellab, a sollicité les déposants de ne pas retirer leur argent de la caisse principale et des agences bancaires car la banque poursuivra son activité commerciale et tout s’améliorera au fur et à mesure à l’horizon ! »
Il a tenu à expliquer que « même le ministre des Finances de l’époque a été saisi par rapport à notre préoccupation, c’est-à-dire la récupération des fonds déposés, mais il n’a pas daigné nous répondre ! ».

Le deuxième témoin entendu dans le même contexte était Saiss Nacer, l’ex- directeur de la compagnie d’assurances des hydrocarbures qui a affirmé que « l’organisme a procédé au dépôt de pas moins de 741 millions de dinars sur plusieurs étapes, notamment au niveau de l’agence d’El Harrach ».

Il a informé le président d’audience que « sur les 471 faramineuses sommes déposées sur ordre de son prédécesseur, la compagnie n’a pu récupérer que 5%, c’est-à-dire environ 73 millions de dinars ! ».
Chadi Noureddine, ex-directeur de l’agence de Koléa était poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation, notamment association de malfaiteurs et abus de confiance.

Ce dernier, qui a bénéficié d’un non-lieu de la part de la chambre d’accusation de la cour de Blida, a dressé un dur réquisitoire contre l’ancien directeur des mouvements de capitaux de et vers l’étranger à la caisse principale de Khalifa Bank, en l’occurrence Baichi Fouzi.

Dans le même volet il a tenu à déclarer à l’attention du juge Antar Menouar : « Baichi se présentait à maintes reprises à l’agence en compagnie de deux convoyeurs et accaparait des sommes importantes dans des sacs scellés ».

Il a par ailleurs souligné que « Ce dernier a retiré 14 millions de dinars de la caisse de l’agence sans que les écritures entre sièges soient établies ! ».

Pis encore, il a ajouté que « Baichi avait signé une décharge comme quoi il a retiré ces sommes faramineuses ! ».
L’intervenant, qui a été entendu en qualité de témoin dans le cadre Khalifa Bank, a expliqué qu’il a été relevé de ses fonctions suite à « Une histoire d’une opération de transfert de fonds effectuée à l’agence de Koléa ».

A la question de savoir si Khalifa Abdelmoumene Rafik lui avait demandé un jour de lui envoyer de l’argent, l’ex-premier responsable de l’agence de Koléa était catégorique : « L’ex-golden boy ne m’a jamais demandé de lui envoyer des fonds ».
Dans le même contexte, il a déclaré : « Khalifa n’a jamais exercé des pressions sur moi ! ».

Il a affirmé au juge que « C’est mon adjoint qui m’a remplacé quelques temps après, qui a procédé à la régularisation de l’opération relative aux écritures entre sièges ! ». 
Il n’a pas manqué enfin d’affirmer à l’audience qu’il existe toujours une confusion entre la caisse de l’agence et la caisse principale, qui ne se situait pas dans la direction générale et les excédents qui pouvaient exister étaient dégagés obligatoirement sur la banque d’Algérie. 

Les deux directeurs de la Société nationale de la peinture ont souligné avoir déposé 400 millions de dinars et qu’ils n’ont récupéré aucun centime !

S’expliquant devant le président, le directeur général de l’hôtel El Aurassi, Abdelkader Lamri, a indiqué que « l’organisme a déposé 170 millions de dinars à Khalifa Bank suite aux taux d’intérêts qui étaient plus intéressants que ceux accordés par les banques publiques et n’a récupéré aucun centime ! ». 

De son côté, le propriétaire de l’entreprise des micro-crédits en l’occurrence Mahdid Mehdi qui gérait une entreprise micro-crédits a dit « avoir déposé pas moins de 1200 milliards de centimes sans toutefois récupérer un dinar ! ».

Auditionné en qualité de témoin Boukhafa Youcef, l’ancien directeur général des moulins de Benimezghena a déclaré au juge que : « avant mon arrivée à la tête des moulins de Beni Mezghana, le groupe El Riad avait déposé 200 millions de dinars au niveau de Khalifa contre un taux attractif de 12% sur décision émanant du conseil d’administration mais par contre, il n’a pas pu récupérer tout l’argent placé au sein de la banque ! ».

Benhemidat Nacereddine, l’ex-financier au niveau de la même entreprise spécialisée dans la fabrication de la semoule, a reconnu avoir « placé pas moins de 300 millions de dinars au niveau de l’agence des abattoirs d’Hussein Dey contre un taux d’intérêt de plus de 9% sans toutefois les récupérer ! »

Par ailleurs, plus de dix autres déposants de fonds à Khalifa Bank étaient unanimes à confirmer à la barre qu’ils n’ont à ce jour pas pu récupérer les sommes colossales déposées dans les différentes agences bancaires implantées à l’échelle nationale. Ces derniers occupaient des postes de responsabilité dans des organismes publics et dans des sociétés privées. 

Il convient de signaler que Chadi Noureddine a rendu un vibrant hommage à Mouloud Hamrouche alors chef de gouvernement quant à l’ouverture du paysage économique dans le pays sans faire de distinction entre le secteur privé et le secteur public.

Sur une vingtaine de témoins auditionnés hier, seul Chebrak Boukhalfa, ex-directeur central de Naftal, filiale du géant pétrolier Sonatrach, a déclaré : « L’organisme que je représente a déposé 100 milliards de centimes. Il a réussi à les récupérer en 2002 car il sentait le danger venir de cette banque privée ! ».

En outre, le président du tribunal criminel entendra aujourd’hui l’actuel président-directeur général de la Sonelgaz en qualité de témoin dans le scandale financier ayant secoué la caisse principale de Khalifa Bank, quant aux dépôts de fonds de la société qu’il représente.

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