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Nationale

Djellab, les millions de dollars, la secrétaire de Khalida Toumi et Amel Wahbi

Djellab,  les millions de dollars, la secrétaire de Khalida Toumi et Amel Wahbi

« J’ai proposé la vente des avions qui appartenaient à Khalifa Airways à la compagnie nationale, Air Algérie et ce, dans le but de récupérer 90 millions de dollars, mais je ne sais si cette proposition a été prise en considération ! ».

Tous les yeux étaient braqués hier sur la salle une de la cour de Blida où se poursuivait pour le 17e jour consécutif le procès après cassation de l’ex-boss de Khalifa Bank et des différentes filiales implantées à travers les 48 wilayas du pays et appartenant au groupe Khalifa, pour la simple et unique raison que le président du tribunal criminel en charge de l’affaire, Antar Menouar, procédait à l’audition de Mohamed Djellab en qualité de témoin dans le scandale ayant secoué la banque Khalifa au début des années 2000.

L’ex-administrateur de la caisse principale de Khalifa Bank et ancien ministre des Finances Mohamed Djellab, a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées par le juge, le procureur général, les avocats des parties civiles, les avocats de Khalifa Abdelmoumene, au cours des débats qui ont duré plus de trois heures, sans hésitation aucune.

Djellab a affirmé que « lorsqu’il a été nommé administrateur à la banque Khalifa, il a trouvé que le capital de cette dernière, c’est-à-dire de Khalifa Bank, était de 20 milliards de dinars ».
Mohamed Djellab a indiqué que « les clients ont retiré un mois avant mon installation à la tête de l’administration de la banque Khalifa pas moins de 12 milliards de dinars, car ils savaient que l’institution financière était en difficulté ».

En ce qui concerne le trou financier découvert lors de l’inspection menée par des experts de la commission de la monnaie et des crédits, l’ancien administrateur de Khalifa Bank a souligné : « Le préjudice financier causé à Khalifa Bank est de l’ordre de 3,2 milliards de dinars, toutes devises confondues ».

Les raisons du trou financier

Il a par ailleurs tenu à préciser dans le même contexte que « le trou financier résulte des retraits injustifiés de sommes faramineuses tels 430 millions de dinars de l’agence des abattoirs d’Hussein Dey, 450 millions de dinars de l’agence d’El Harrach et 560 millions de dinars de l’agence d’Oran ».

L’ex-administrateur a en outre déclaré : « Au cours de la liquidation établie par les membres de la commission de la monnaie et du crédit de la Banque centrale d’Algérie, 8 millions de dollars ont été récupéré auprès de la société Fibba Building en Suisse et Swift à Luxembourg. J’ai trouvé beaucoup de difficultés pour rapatrier ces sommes en devises mais j’ai réussi ! »

Il a confirmé que « la société saoudienne a, dans une correspondance adressée à la banque d’Alger affirmé qu’elle n’a jamais reçu les 67 millions de dollars de la part de Khalifa Abdelmoumene Rafik quant à l’achat des six stations de dessalement de l’eau de mer ». Dans le même contexte il a déclaré à l’attention du juge d’audience que : « Les documents fournis aux autorités saoudiennes pour l’acquisition de ces unités étaient des faux ! ».

Djellab a certifié que « Les crédits bancaires dont a bénéficié Khalifa Airways et Khalifa construction étaient de l’ordre de 60 milliards de dinars ». Il a affirmé que « La situation financière de la caisse principale de Khalifa Bank n’était pas conforme à la législation pour la simple raison que les transferts s’effectuaient de manière illégale ».

Le témoin, qui a prêté serment juste avant de donner sa version, a démenti catégoriquement les déclarations de Khalifa Rafik Abdelmoumene quant au montant de 97 milliards de dinars qu’il a laissés avant de quitter le territoire national.

Il a déclaré : « Ce n’est pas vrai ! Il faut savoir faire la différence entre les ressources de la banque et celles de la caisse ! Il se pourrait qu’au niveau des ressources de la banque on trouve 1 000 milliards mais au niveau de la caisse rien ! ». Il a révélé que « pas moins de 140 milliards de dinars ont été utilisés dans des investissements et des crédits illégaux ». Il a tenu à préciser que « pour recapitaliser la banque Khalifa, il ne fallait pas moins de 75 milliards de dinars.

Cette somme devait être versée et par Khalifa Abdelmoumene, qui possédait 67%, et par ses associés qui possédaient 33% ». Dans le même registre, il a affirmé que « tous les associés étaient au courant de la situation désastreuse dans laquelle se trouvait la banque Khalifa.

A la question posée par Me Meziane, avocat des parties civiles, de savoir si l’ancien administrateur de Khalifa Bank avait pris connaissance du budget de Khalifa Bank en 2002, le concerné a répondu : « Le budget était de l’ordre de 60 milliards de dinars ! »

Dans son intervention, Me Medjhouda Merouane, avocat d’Abdelmoumene Khalifa, a posé six questions à l’ex-administrateur de Khalifa Bank, Djellab Mohamed, par le biais du président du tribunal, comme par exemple : « M. Djellab, pouvez-vous nous dire quel était le déficit financier en général de la banque dans laquelle vous avez exercé en qualité d’administrateur ? ». Et le témoin de répondre : « Entre 30 et 60 milliards de dinars ! ».
Huit millions de dollars récupérés

Est-ce que vous avez récupéré les 8 millions de dollars ? Le témoin a déclaré : « Oui ! Oui ! Nous les avons récupérés ! ». Est-ce que vous trouvez que c’est normal qu’après avoir liquidé la banque et récupéré certaines sommes d’argent, notamment en devises, le déficit soit resté toujours le même ? interroge l’avocat. Et le témoin de répliquer : « Vous devez poser ces questions à votre client Abdelmoumene Khalifa qui est mieux placé pour vous répondre  ! ».
Agoua Abdelmadjid, ancien inspecteur régional de Khalifa Bank, a déclaré au juge « avoir relevé ainsi que les quatre inspecteurs désignés par la commission de la Banque d’Algérie plusieurs anomalies et carences dans la gestion interne des différentes agences qui dépendaient de la Banque Khalifa ».

Dans le même contexte, il a dit que « lorsqu’il s’est présenté à la caisse principale de Khalifa Bank à Chéraga pour mener une inspection, Aloui l’a appelé et lui a exigé de quitter les lieux car il venait de recevoir des ordres d’en haut ! » Et au lendemain de l’installation de Djellab Mohamed à la tête de la commission, il l’a chargé de nouveau d’inspecter la caisse principale et durant cette mission, il a constaté plusieurs dépassements, notamment en ce qui concerne les transferts d’argent qui se faisaient de manière illégale et anarchique.

Il convient de signaler que les « comptes d’ordre », qui apparaissaient à hauteur de 100 milliards de dinars environ, ont été ramenés à 44 milliards de DA.

Le retraitement opéré à visé la détermination des engagements logés anormalement dans ces comptes avec leur affectation sur les sociétés apparentées concernées qui présentent, dorénavant, les positions, toujours provisoires de Khalifa Airways 51,4 milliards de DA, Khalifa Construction 5,2 milliards de DA, Khalifa Rent a Car 0,219 milliards de DA.

Il est à noter que l’ex-administrateur de Khalifa Bank, Djellab Mohamed, a affirmé que l’Etat n’a rien à voir avec la gestion interne des banques qu’elles soient privées ou étatiques et que la présence physique de Khalifa Abdelmoumene pour la recapitalisation des fonds de la banque n’était pas exigée.

Il est à rappeler que Mohamed Djellab a, par ailleurs, proposé la vente des avions qui appartenaient à Khalifa Airways à la compagnie aérienne Air Algérie et ce, dans un seul but : récupérer les 90 millions de dollars, mais il n’a pas précisé toutefois si cette proposition a été prise en considération par les membres de la commission ou pas.

Mohamed Djellab n’a pas manqué de souligner que toutes les liquidations, notamment celles conclues à l’amiable, durent des années. Il a enfin déclaré que Khalifa Bank n’avait la possibilité que de rembourser les petits déposants car l’état dans lequel elle se trouvait ne lui permettait pas de penser à l’indemnisation des grands déposants, à l’instar des entreprises étatiques et des autres partenaires comme les OPGI et les caisses d’assurances implantées sur le territoire national.

Le président du tribunal procédera aujourd’hui à l’audition de Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie qui occupait le poste d’adjoint de Keramane Abdelwahab qui se trouve en état de fuite. Interrogée, l’ancienne secrétaire de Khalifa Abdelmoumene Rafik, Nadjia, a affirmé lors de son passage à la barre :

« C’est le liquidateur qui a mis fin à ma fonction au niveau de la banque Khalifa. Je n’ai bénéficié de rien, ni de carte de thalassothérapie ni de billets gratuits ». Elle a indiqué au juge qu’« une certaine secrétaire de l’ex-ministre de la Culture Khalida Toumi est venue récupérer une enveloppe financière pour financer la pièce théâtrale Body Gard » du célèbre acteur égyptien Adel Imam.

Elle a en outre cité les noms d’Amel Wahbi, Cheb Mami et Abdou Driassa qui se rendaient quotidiennement. Amel Wahbi est venue me demander si Guelimi Djamel lui a transféré des sommes en devises dans son compte. Par ailleurs, sur les 65 agences bancaires relevant de Khalifa Bank inspectées, 05 seulement appartenaient à cette institution financière dissoute.
Quant aux autres agences, elles étaient tout simplement louées par Abdelmoumène Khalifa. 

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