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Djellab dimanche devant le juge

Djellab dimanche devant le juge

Le premier témoin qui sera entendu à titre officiel par le tribunal criminel de Blida dimanche prochain, sera l’ancien ministre des Finances Mohamed Djellab qui avait occupé le poste d’administrateur à la caisse principale de Khalifa Bank.

Le procès de Khalifa Bank s’est poursuivi, hier, au tribunal criminel de Blida pour le 12e jour consécutif durant lequel le président en charge du dossier Antar Menouar, assisté de Messekem Zahia et Boukhobza Laid, a procédé à l’audition de neuf accusés impliqués dans des poursuites judiciaires délictuelles.

Le fait marquant de la journée d’hier est incontestablement le passage à la barre d’ex-cadres et ex-fonctionnaires ayant occupé des postes clés au sein des sociétés étatiques à l’instar de l’ancien directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR), l’ancien président-directeur général de l’Entreprise de promotion du logement familial (EPLF), le représentant de la mutuelle des PTT.

Les mis en cause sont poursuivis rappelons-le pour plusieurs chefs d’accusation retenus contre eux au cours de l’instruction judiciaire entre autre, trafic d’influence, abus d’autorité, perception de concessions à titre de complaisances et corruption.

Les prévenus avaient maintenu lors des auditions leurs premières dépositions faites devant le juge d’instruction du tribunal de Chéraga qui était en charge de l’enquête judiciaire. Les uns comme les autres étaient unanimes à déclarer en pleine audience qu’ils n’avaient rien à voir dans le scandale financier qui avait secoué l’Algérie vers la fin 1998 jusqu’à la mi-2004.

Le premier prévenu invité à comparaître est Larifi Salah, l’ancien directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR) lequel a d’emblée nié être intervenu au profit de son fils pour « réussir » dans l’examen de pilote au sein de Khalifa Airways quelque temps après avoir déposé pas moins de 1 200 milliards de centimes de fonds à la caisse principale de Khalifa Bank.

Pilote avec niveau de terminale

S’agissant des avantages dont avait bénéficié son fils, l’ex-patron de la CNR a affirmé : « Mon fils avait bénéficié de plusieurs stages à l’étranger notamment en Grande-Bretagne, et en Australie organisés par Khalifa Airways ».

Il est vite interrompu par le président : « A ma connaissance votre fils n’avait pas le niveau qui lui permettait d’être recruté en qualité de pilote. Son niveau scolaire ne dépasse pas la 3e année secondaire ! Ce n’est pas normal ! ». L’accusé a par ailleurs indiqué : « Je ne suis jamais intervenu pour le faire bénéficier d’un avantage ! »

A propos des dépôts de fonds à la caisse principale de Khalifa Bank, le mis en cause a déclaré : « Je n’ai rien à voir dans les dépôts. La décision a été prise par les membres du conseil d’administration. Le ministère de tutelle en a été informé mais il n’a pas répondu quant à ce dernier point ! ».

Dans le même contexte, le prévenu a déclaré en direction du juge « qu’il n’était pas obligé de tenir au courant le ministère pour la simple raison que la caisse était indépendante et souveraine ! ».

L’accusé est par ailleurs revenu sur ses déclarations juge d’instruction concernant le transfert de l’argent du Trésor public et de la poste d’Algérie vers la caisse principale de Khalifa Bank et l’accord qu’il a conclu personnellement avec l’ex-golden boy.

Il a en outre nié avoir rencontré Khalifa Abdelmoumene Rafik lors de la conclusion de la convention qui a été signée avec deux autres responsables. A propos des avantages dont avaient bénéficié les employés de l’organisme, le mis en cause a affirmé que « pas moins de 20 employés avaient bénéficié de crédits sans intérêts ! »

A la question de savoir s’il avait des preuves matérielles qui prouvent qu’il a informé la tutelle quant aux dépôts de sommes faramineuses au sein Khalifa Bank car l’ex- secrétaire général du ministère du Travail avait affirmé que la tutelle n’a jamais été mise au courant, Larifi Salah a été catégorique : « Il y avait des parties qui avaient intérêt à faire disparaître les documents relatifs aux opérations de dépôt ! ».

Le deuxième accusé interrogé, ancien président-directeur général de l’entreprise de la promotion du logement familial (EPLF) de la wilaya de Blida, Boussebaine Rabah, a nié tous les faits notamment au cours de l’instruction judiciaire.

Le concerné a déclaré que la caisse qu’il représentait avait déposé 165 millions de dinars auprès de Khalifa Bank mais qu’elle n’avait pu récupérer que 118 millions au moment de la liquidation de la caisse principale appartenant à Rafik Abdelmoumene. Il a par ailleurs indiqué au juge qu’il avait bénéficié d’un crédit bancaire de 87 millions de centimes. Il a souligné avoir remboursé la totalité du crédit et n’a à aucun moment imposé la signature de conventions. « Tout cela a été fait avec le consentement de la tutelle ! ».

Le troisième accusé Tchoulak Mohamed, qui occupait le poste de président de la mutuelle générale des travailleurs des télécommunications, a reconnu avoir bénéficié d’un billet gratuit auprès de Khalifa Airways ainsi que quatre autres ex-cadres. Le billet lui avait été remis par l’ancien directeur de la caisse des assurances des personnes, décédé.

Huit milliards jamais récupérés

Il a reconnu avoir déposé plus de 8 milliards de centimes et que ces sommes faramineuses n’ont à ce jour pas été récupérées. De son côté, l’ex-président de la commission de contrôle de la mutuelle des travailleurs de la poste et des télécommunications, Zammoum Zinedine, a tous les faits qui lui ont été reprochés au cours de l’instruction judiciaire, notamment d’avoir bénéficié d’un avantage auprès de Khalifa Airways, à savoir un billet gratuit à bord de la compagnie aérienne.

Il a avoué avoir déposé pas moins de 80 milliards de centimes à la caisse principale de Chéraga.
L’accusé Bacha Said, qui occupait le poste de directeur général de l’OPGI de Relizane, a nié avoir perçu des pots-de-vin contre le dépôt de fonds au sein de l’agence d’Oran estimés à 80 millions de dinars. Il a tenu à préciser que : « la proposition lui avait été faite par des cadres et qu’en contrepartie, ils m’avaient proposé un taux d’intérêt de 10,25% ».

A signaler que les accusés qui se sont succédé à la barre hier ont maintenu le même mot d’ordre : « Nous n’avons rien à voir dans cette affaire monsieur le président ! »
Contrairement aux précédentes audiences, le procureur général Zerg El Ras n’est pas trop intervenu hier, il s’est contenté tout simplement de poser des quelques questions aux accusés.

Il a axé ses questions sur les avantages dont ont bénéficié les accusés notamment en ce qui concerne les taux d’intérêts et les billets gratuits octroyés que ce soit par les différentes agences bancaires de la caisse principale de Khalifa Bank ou Khalifa Airways. Même chose pour les avocats des différentes parties à l’instar des accusés et des parties civiles qui se sont contentés de suivre les débats et de n’intervenir que très rarement contrairement aux deux premiers jours, à l’image des avocats du principal inculpé Khalifa Abdelmoumene.

Djellab le gros « client »

A noter que le président en charge du dossier a donné hier la liste des personnes qui seront auditionnées dimanche et lundi prochains. Le juge a affirmé 12 témoins seront entendus dans le cadre de cette affaire et parmi ces derniers figurent des accusés qui ont purgé les peines prononcées contre eux lors du premier jugement. Le premier témoin qui sera entendu à titre officiel est l’ancien ministre des Finances Mohamed Djellab qui avait occupé le poste d’administrateur au sein de la caisse principale de Khalifa Bank à Chéraga.

Le même jour sera consacré à l’écoute du frère d’Abdelmoumene Rafik Khalifa, Khalifa Abdelaziz Lakhdar, qui était associé dans la banque de Khalifa dissoute. L’ancienne secrétaire de l’ex-golden boy, Aiouz Nadjia, sera également entendue lundi prochain par les membres du tribunal quant à sa relation directe avec la banque Khalifa et surtout en ce qui concerne la relation qui la liait à l’ex-patron Abdelmoumene Khalifa.

Par ailleurs, le tribunal procédera lundi prochain à l’écoute de Laksaci Mohamed, actuel gouverneur de la Banque nationale d’Algérie et de son adjoint Touati Ali. Mohamed Khemoudj, l’ancien directeur général de l’inspection générale de la banque d’Algérie sera lui aussi entendu.

Tous les membres de la commission monétaire de la Banque d’Algérie seront par ailleurs entendus à titre d’information par le tribunal criminel.

Il sera procédé le même jour à l’audition de l’expert assermenté en comptabilité Hamid Foufa pour donner son point de vue sur des questions liées à la gestion financière et les anomalies et carences relevées au lendemain de sa désignation par le juge d’instruction qui était en charge du dossier. Ces derniers ont été destinataires récemment de convocations qui leur ont été adressées par le service de la programmation du parquet général de la cour de Blida.

Il est fort possible que le président Antar Menouar procède à une confrontation entre le principal inculpé Abdelmoumene Rafik Khalifa et Aiouz Nadjia, qui a maintenu tout au long de l’instruction judiciaire qu’elle avait « exercé en qualité de secrétaire personnelle auprès de la Khalifa Bank et qu’elle avait reçu plusieurs personnalités dont d’ex-ministres et d’ex-cadres et fonctionnaires d’institutions, des stars du monde footballistique et artistique ».

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