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Nationale

Djamila Amrane-Minne, une oubliée de l’université algérienne

Djamila Amrane-Minne, une oubliée de l’université algérienne

Les services des activités culturelles et sportives des établissements relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique n’ont consacré aucun hommage pour commémorer le 3e anniversaire de la disparition du premier professeur femme d’histoire à l’Université algérienne. Cet « oubli » s’ajoute à la marginalisation inexpliquée du 60e anniversaire de la disparition du martyr Taleb Abderrahmane. La révolutionnaire, historienne, universitaire et poétesse Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne, est décédée le 11 février 2017 à l’âge de 77 ans. Danièle Minne est la fille de deux militants anticolonialistes, Jacqueline Guerroudj et Abdelkader Guerroudj, tous deux condamnés à mort suite à leur participation aux opérations révolutionnaires pour la cause algérienne, avant d’être graciés le 8 mars 1962. Après sa participation à la grève estudiantine le 19 mai 1956, Danièle Minne a rejoint les réseaux de porteuses de bombes dans la zone autonome à Alger, où elle a participé à des attentats anticolonialistes sous la direction de son chef militaire Yacef Saadi, dont celui du bar l’Otomatic à Alger.

Condamnée le 4 décembre 1957 et incarcérée à la prison de Barberousse à Bab Jedid, dans la Haute Casbah, elle a été transférée à Rennes (ouest de la France). Elle n’a été libérée qu’en avril 1962, à la suite des Accords d’Evian concluant un cessez-le-feu entre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et le gouvernement français. Après l’indépendance, Danièle Minne a opté pour la nationalité algérienne et devient dès lors Djamila. Sur les traces de sa maman, elle a préféré enseigner l’histoire à l’université d’Alger, faisant d’elle le premier professeur femme d’histoire en Algérie. Hélas, menacée par des extrémistes pendant la décennie noire, elle est allée un temps, enseigner à l’université de Toulouse, où elle a consacré sa thèse de troisième cycle à « L’emploi à Béjaïa ». Sa thèse de doctorat d’Etat a, pour sa part, été consacrée à un sujet qui lui tenait à cœur : « Les femmes dans la révolution algérienne ». Une thèse qui a d’ailleurs été publiée en livre.

Décédée le 11 février 2017, Djamila Amrane-Minne repose actuellement dans la wilaya de Béjaïa. Seule une association sportive universitaire implantée à Ben Aknoun, sur les hauteurs d’Alger, connue aussi sous le nom Olympique Sportif des étudiants universitaires, lui rend régulièrement hommage à travers ses festivités sportives et culturelles, à l’image de la coupe Djamila, une échéance sportive féminine dédiée à nos quatre héroïnes de la Bataille d’Alger, en l’occurrence Djamila Bouazza Djamila Amrane, Djamila Boupacha et Djamila Bouhired. Une sorte d’initiative pour nationaliser la communauté estudiantine, mais le tout sans le moindre soutien des établissements universitaires et encore moins de l’Office national des œuvres universitaires, en dehors de la présence symbolique de quelques représentants le jour “J”. Ce club a d’ailleur, lancé plusieurs appels aux autorités pour baptiser une résidence universitaire féminine au nom de la défunte, en reconnaissance à ses sacrifices.

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