Djallal Bouabdallah à propos de l’interconnexion numérique africaine : «L’Algérie a les moyens de jouer un rôle majeur»
L’expert en transformation numérique, Djallal Bouabdallah, a mis en avant, à l’occasion de l’événement Global Africa Tech 2026, les avancées de l’Algérie en matière d’infrastructures numériques, d’innovation et de stratégie, tout en soulignant l’urgence de renforcer une coopération Sud-Sud pour transformer ce potentiel en levier de croissance économique, en mettant en exergue le rôle central que l’Algérie peut jouer.
Cette déclaration, faite au Jeune Indépendant en marge de l’événement ayant réuni de nombreux acteurs africains du numérique, vient à la suite du message du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a insisté sur la nécessité de construire une Afrique interconnectée, cette interconnexion étant un moteur pour l’économie du continent.
Interrogé sur les implications concrètes de cette vision, l’expert a souligné que l’économie contemporaine repose sur plusieurs piliers, dont l’économie numérique qui occupe une place de plus en plus prépondérante. Celle-ci représente entre 15 et 17 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, révélant ainsi des opportunités significatives pour les pays africains et pour l’Algérie en particulier, a-t-il dit.
Dans ce contexte, M. Bouabdallah a rappelé que le développement de l’économie numérique nécessite un écosystème complet incluant infrastructures technologiques, compétences humaines, ainsi que des cadres réglementaires adaptés. A ce titre, l’Algérie disposerait de plusieurs atouts stratégiques, notamment sa position géographique, l’étendue de son territoire et la disponibilité d’une énergie accessible, selon l’expert.
Par ailleurs, des avancées notables ont été enregistrées ces dernières années. « Le pays s’appuie notamment sur des infrastructures telles que le réseau de fibre optique transsaharien, dont la dorsale dépasse les 2 600 kilomètres, ainsi que sur plus de 3 millions de foyers connectés au FTTH ». Le dynamisme de l’écosystème entrepreneurial est également mis en avant, avec une évolution marquante du nombre de start-up labellisées, passé de quelques dizaines en 2020 à près de 13 000 aujourd’hui.
En parallèle, l’Algérie compte, actuellement, 18 centres de données ainsi qu’un nombre équivalent de fournisseurs de services cloud et de solutions de stockage. Ces éléments s’inscrivent dans « une stratégie globale, appuyée par des initiatives nationales en matière de transformation numérique, de cybersécurité et d’adaptation des systèmes de formation aux nouvelles technologies ».
Pour M. Bouabdallah, ces acquis constituent une base solide mais nécessitent, désormais, une exploitation optimale. Il plaide ainsi pour le renforcement d’une coopération Sud-Sud, dans laquelle l’Algérie pourrait jouer un rôle moteur. Une orientation qui rejoint, selon lui, les grandes lignes du message présidentiel, mettant en avant la disponibilité des compétences et des infrastructures pour accompagner cette dynamique.