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Op-Ed

Divorce consommé !

Il fallait s’y attendre, le complexe sidérurgique d’El Hadjar, ancien fleuron de « l’industrie industrialisante », vit des heures particulièrement difficiles. En raison de la mauvaise gestion et de promesses d’investissement non tenues de la part du partenaire indien Mittal, aussi géant dans la voracité de ses acquisitions à travers le monde que dans le mensonge de ses négociateurs. On se souvient des nombreux épisodes de tension où le syndicat des travailleurs tirait la sonnette d’alarme en dénonçant la gabegie, en décrivant la dégradation de l’appareil de production au point de menacer d’un accident majeur les hauts fourneaux.
On se rappelle ainsi la faillite de l’investisseur étranger qui détenait un temps environ 70 % des parts avant que la partie algérienne rééquilibre les avoirs en sa faveur et pour revenir à la règle des 51/49. Non sans concéder un effort financier conséquent. C’était au lendemain d’une des crises qui ont secoué le complexe et qui fit réagir la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, exhortant le gouvernement algérien à renationaliser le pôle stratégique de la sidérurgie algérienne. Aujourd’hui, des mois ou des années plus tard, on apprend que des cadres du magnat mondial du fer viennent à Alger pour répondre, devant la partie algérienne, de leur faillite persistante. Notre confrère rapportant les faits n’exclut pas quelque volonté cachée chez ces bonnes gens indélicates de travailler sciemment au sabotage d’El Hadjar. En ces temps de récession due à la chute vertigineuse de notre rente pétrolière, les responsables algériens vont-ils enfin tenir le langage qu’il se doit envers ces associés de pacotille ? Va-t-on assumer le divorce nécessaire avec ce partenaire qui a trahi tous ses engagements impunément sous prétexte qu’il est le leader universel dans le secteur ? Il semblerait qu’après les mesures prises contre vents et marées dans le domaine de l’automobile, et auparavant dans celui de la téléphonie, l’Etat algérien n’a manifestement pas à craindre ce genre de rupture. Quitte à s’en remettre à l’arbitrage international, pourvu que les escrocs lâchent prise et qu’ils desserrent leurs griffes qui font tant de mal à l’économie nationale. Echec de plus ou échec de trop, l’aveu politique coûtera moins cher qu’une fausse solution dans le couple Mittal-Sider devenu Imetal sans nouveaux bénéfices. Alors, que le gouvernement Sellal ose et renationalise un patrimoine qui appartient d’abord aux Algériens.
 

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