Approvisionnement en médicaments : L’Algérie prend les devants
Dans un climat international de plus en plus incertain, marqué par des tensions persistantes au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les flux commerciaux mondiaux, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a pris les devants, à travers une note urgente adressée à l’ensemble des établissements activant dans la fabrication, l’importation et l’exploitation des produits pharmaceutiques, afin d’anticiper d’éventuelles perturbations susceptibles d’affecter la disponibilité des médicaments.
Le ministère a, dès le début de sa note, fait savoir que les évolutions géopolitiques en cours pourraient « engendrer des déséquilibres dans les chaînes d’approvisionnement internationales, notamment en matière de matières premières pharmaceutiques, de produits intermédiaires et de médicaments finis ». Une situation qui, si elle n’est pas rigoureusement encadrée, pourrait impacter, « dans les semaines ou mois à venir, la régularité de l’offre sur le marché national ».
Face à ces risques, le département ministériel a imposé un relèvement du niveau de vigilance. Les opérateurs sont ainsi appelés à assurer « un suivi quotidien, précis et documenté de leurs programmes d’approvisionnement, qu’il s’agisse des importations ou des processus de production locale ». Cette exigence concerne l’ensemble de la chaîne, depuis la commande des intrants jusqu’à la distribution des produits finis.
Dans ce cadre, toute difficulté, même naissante, doit être portée sans délai à la connaissance des services compétents. Le ministère a souligné l’impératif d’« une transparence totale » et d’« une réactivité immédiate » afin de permettre une évaluation rapide des risques et, le cas échéant, la mise en place de mesures correctives adaptées.
Un canal de communication dédié a été expressément mobilisé à cet effet. Les entreprises sont tenues de notifier toute contrainte via l’adresse électronique suivante : [email protected]. Ce dispositif vise à centraliser l’information, fluidifier les échanges et garantir une prise en charge rapide des situations critiques.
Préserver la sécurité sanitaire
Cette note constitue également un rappel strict des obligations légales qui encadrent l’activité des établissements pharmaceutiques. Le ministère met en avant les dispositions de l’article 162 de la loi n°25-17 du 14 décembre 2025 portant loi de finances pour 2026, lesquelles viennent modifier et renforcer celles prévues par l’article 61 de la loi n°22-24 du 25 décembre 2022 relative à la loi de finances pour 2023.
Ces textes imposent, en premier lieu, la déclaration obligatoire et régulière des stocks de produits pharmaceutiques via la plate-forme numérique du ministère. Cette mesure participe à garantir une visibilité en temps réel sur l’état des disponibilités à l’échelle nationale, condition indispensable pour anticiper toute tension sur certaines molécules ou classes thérapeutiques.
En second lieu, les opérateurs sont tenus de respecter scrupuleusement les programmes prévisionnels de fabrication et d’importation préalablement validés par les autorités. Toute incapacité à honorer ces engagements, qu’elle soit liée à des contraintes externes ou internes, doit faire l’objet d’un signalement immédiat. Le ministère a rappelé, à cet égard, que le non-respect de ces obligations expose les contrevenants à des sanctions prévues par la législation en vigueur. Celles-ci peuvent aller de mesures administratives à des dispositions plus contraignantes, en fonction de la gravité des manquements constatés.
A travers cette démarche proactive, les pouvoirs publics affichent clairement leur volonté de prévenir toute rupture dans l’approvisionnement du marché national, dans un contexte international volatile. L’enjeu dépasse la simple régulation économique, il s’agit de garantir la continuité de l’accès aux traitements pour les patients et de préserver la sécurité sanitaire du pays.
Cette mobilisation s’inscrit également dans une stratégie plus large visant à renforcer la résilience du système pharmaceutique national, notamment à travers la promotion de la production locale, la diversification des sources d’approvisionnement et l’amélioration des outils de suivi et de régulation.
En conclusion, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a souligné le caractère impératif de cette note et a appelé l’ensemble des opérateurs à une adhésion pleine et entière à ses dispositions. Dans un environnement international incertain, la rigueur, la transparence et la réactivité apparaissent plus que jamais comme des conditions essentielles pour garantir la stabilité du marché et la disponibilité des médicaments.