Diplomatie arabe : Ahmed Attaf déploie l’agenda d’Alger à Amman
En marge de la session ministérielle de la Ligue arabe en Jordanie, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, a multiplié les consultations de haut niveau. Entre gestion des crises au Moyen-Orient, élection d’un nouveau secrétaire général et soutien stratégique à ses partenaires, Alger réaffirme son rôle de pivot pour la stabilité régionale.
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a pris part à la réunion ministérielle consultative arabe ainsi qu’à la reprise de la 165e session du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel à Amman, en Jordanie. Dans un contexte régional lourdement marqué par les tensions au Moyen-Orient et dans le Golfe, ces travaux ont permis des échanges approfondis sur les crises en cours, la question palestinienne et la modernisation des mécanismes de l’action arabe commune. En marge de ces assises, le chef de la diplomatie algérienne a mené un véritable marathon diplomatique avec plusieurs de ses homologues.
Cette session a également été marquée par un événement institutionnel majeur, à savoir l’élection de Nabil Fahmy au poste de secrétaire général de la Ligue arabe, en remplacement d’Ahmed Aboul Gheit arrivé au terme de son mandat. À cette occasion, Ahmed Attaf a tenu à saluer les efforts déployés par le secrétaire général sortant durant une période particulièrement complexe, tout en félicitant chaleureusement son successeur à qui il a souhaité un plein succès.
Solidarité affirmée avec Riyad, Koweït et Khartoum
L’intense activité bilatérale d’Ahmed Attaf a débuté par un entretien crucial avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal bin Farhan Al Saoud. Le ministre algérien a réaffirmé à cette occasion la pleine solidarité de l’Algérie avec le Royaume d’Arabie saoudite à la suite des attaques dont il a été la cible dans un contexte d’escalade militaire régionale.
Les deux ministres ont convenu de renforcer leur coordination et ont avancé sur les préparatifs de la première session du Haut Conseil de coordination algéro-saoudien. Cette même solidarité face aux menaces sécuritaires a été exprimée lors de sa rencontre avec le ministre koweïtien des Affaires étrangères, le Cheikh Jarrah Jaber Al-Ahmad Al-Sabah, où les deux parties ont réitéré l’importance du règlement pacifique des différends.
Le dossier de la stabilité africaine a également été au cœur des discussions lors de l’entretien avec le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieddine Salem. Ahmed Attaf a réaffirmé la position constante de l’Algérie en faveur de la stabilité, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Soudan, tout en plaidant pour un renforcement de la coopération bilatérale.
Concertation stratégique avec Le Caire, Bagdad et Bruxelles
Les relations algéro-égyptiennes ont quant à elles affiché une trajectoire très positive lors des échanges avec le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty. Les deux responsables se sont félicités de la dynamique impulsée par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Abdel Fattah al-Sissi, tout en insistant sur l’impératif de désescalade au Moyen-Orient et en Palestine à travers une coordination continue entre Alger et Le Caire.
Sur le plan géopolitique global, l’entretien avec le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a permis d’aborder des perspectives prometteuses dans les secteurs de l’énergie et de la culture. Les deux ministres ont par ailleurs salué l’accord de cessez-le-feu conclu entre l’Iran et les États-Unis, le qualifiant d’évolution positive majeure pour l’apaisement des tensions régionales.
Enfin, l’agenda d’Ahmed Attaf s’est élargi au partenaire européen lors d’une rencontre avec la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas. Cet entretien a permis d’examiner les voies de dynamisation de la coopération bilatérale entre l’Algérie et l’UE sur les questions d’intérêt commun.
À travers ce déploiement d’envergure à Amman, l’Algérie réaffirme sa doctrine diplomatique immuable reposant sur le dialogue, la concertation et le règlement pacifique des crises.