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Culture

Dimajazz revient sous le signe de la résistance

Dimajazz revient sous le signe de la résistance

Après une année de disette ayant fait couler pas mal d’encre et laissant libre cours aux rumeurs les plus insensées, Dimajazz revient cette année du 18 au 22 du mois en cours, et les organisateurs semblent attachés à leur habituelle ingéniosité. Le festival, qui a pu justement émerger du lot de festivités organisées ici et là à travers le territoire grâce à l’éventail d’artistes triés souvent sur le volet, maintient le cap et promet aux amoureux du style afro-américain, né au début du siècle dernier du croisement entre le blues et la musique classique, de faire vibrer dès mardi le théâtre régional de Constantine avec une entrée en matière avec un habitué de la scène du festival,le batteur et compositeur de la world music Karim Ziad.

Bien que depuis sa naissance en 2003, la scène du festival a pu aussi vibrer aux rythmes de la funk, du rock, ou encore du blues et plus récemment du gnawa national, un style qui s’inscrit dans la lignée des musiques originales tant par la richesse rythmique et mélodique que par sa faculté à faire des symbioses avec différents types musicaux, dont justement le jazz.

Pour sa neuvième édition, les organisateurs semblent avoir bien pris conscience de l’originalité de leur « protégé » et ils ne manquent pas de le préciser dans le préambule de la présentation du programme. « Dimajazz est le fruit de la passion et de l’abnégation. Et nous y tenons parce que nous l’avons enfanté, nous l’avons nourri et nous l’avons veillé pendant les épreuves ; nous y tenons pour ce qu’il a toujours véhiculé comme valeurs de paix, de tolérance et de liberté. » « Votre festival préféré a su tirer profit de sa maturité pour survivre aux contrecoups de cette phase transitoire ». C’est pourquoi ils disent avoir placé cette 15e édition sous le signe de la résistance au moment où il les mutations que connaît le monde en général et celui des arts en particulier ont pris de courts les anciennes méthodes. Les organisateurs sont conscients aussi qu’ils sont appelés à faire preuve d’ingéniosité pour surpasser des méthodes devenues obsolètes ayant jusque-là géré ce type de rencontres, où les caisses de l’Etat sont sollicitées souvent sans aucun retour. Un pari auquel semble vouloir s’accrocher les organisateurs.

Et, c’est peut-être une particularité de l’édition 2018, où l’une des raisons ayant amené les organiseurs à faire appel à des groupes du terroir, mais non moins impressionnants sur scènes que ceux venus d’ailleurs.

En effet, hormis Boney Fields et the Bone’s project et leur blues saupoudré de funk music avec un style made in Chicago, ou encore le jeune groupe Lehmans Brothers dont les ruthmes s’inspirant des mélodies jazz et funk des années 70 agrémenté de soul invitant facilement le public à danser, plusieurs Algériens se produiront sur la scène du TRC à l’image du magnifique Fawzi BB Blues avec son style blues algérien à la Clepton qui ne fera certainement pas d’indifférent, Samira Brahmia qui n’est plus à présenter ou encore Anis Benhallak. Ithrene, un groupe chaoui s’inspirant de la musique de Aïssa Djarmouni, fera aussi son entrée dans le festival.

Cette année, un hommage sera également rendu à Djamel Allem disparu en 2018, présenté comme un ami du festival et dont le coup de pouce a marqué les organisateurs, lesquels ne manquent pas de préciser qu’ils lui sont redevables du soutien moral et effectif qu’il leur a témoigné en 2005, lorsqu’il a été parrain du festival. Un hommage tout aussi teint de résistance sera rendu à l’un des leurs, feu Adel Merrouche, membre fondateur du Dimajazz disparu en 2007.

Programme du dimajazz 2018 au TR Constantine à partir de 19 h :

Mardi 18 : Ouverture / Karim Ziad

Mercredi 19 : Ithrene / Anis Benhallak

Jeudi 20 : BB Blues / Samira Brahmia

Vendredi 21 : Garage band / Lehmanns Brothers

Samedi 22 : Bahdja / Boney Fields & The Bones Project

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