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Nationale

Dialogue intermalien : Le jeu trouble du MNLA

Dialogue intermalien : Le jeu trouble du MNLA

A la veille du deuxième round du dialogue intermalien, prévu dès aujourd’hui à Alger entre les différentes factions Azawad et le pouvoir central malien, une délégation du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a rencontré le roi Mohammed VI à Rabat. Le MNLA semble vouloir intégrer le Maroc dans les questions régionales, chose qu’Alger ne va sûrement pas apprécier.

Le Maroc est en train de provoquer l’Algérie à travers la crise malienne. En effet, le roi Mohammed VI tente de s’imposer comme le leader dans la région. Ainsi, le roi du Maroc a reçu longuement, vendredi passé dans son royaume, une délégation du MNLA afin de débattre la crise malienne qui oppose ce mouvement armé à l’Etat malien, et ce à la veille du début du dialogue intermalien qui se tiendra, à partir d’aujourd’hui, à Alger. Avant d’être reçue par le roi Mohammed VI, la délégation du MNLA a été chaleureusement accueillie par les ministres marocains, dont celui des Affaires étrangères et le délégué chargé des Affaires étrangères.

Ainsi, la délégation du MNLA, composée notamment de Bilal Ag Acherif et de Moussa Ag Attaher, respectivement secrétaire général et secrétaire chargé de la communication du mouvement, a anormalement eu droit aux honneurs habituellement réservés aux représentants officiels d’entités étatiques. Le roi du Maroc a expliqué aux responsables du MNLA que son pays était soucieux de voir le peuple malien jouir de la paix, de la stabilité et surtout du progrès. Et d’ajouter qu’il est déterminé à apporter une contribution agissante pour rétablir la paix au Mali, en particulier, et dans la région du Sahel, en général.

Ce qui est intrigant dans cette histoire, c’est la conjoncture que le roi a choisie pour rencontrer la délégation du MNLA, et qui coïncide avec la reprise du dialogue intermalien à Alger. Il est on ne peut plus clair que le Maroc tente de bouleverser le dialogue qui est organisé par les autorités algériennes. Mohammed VI aurait, à en croire des sources bien informées, porté un message aux responsables du MNLA dans lequel il leur a « confié » les revendications à présenter à la table du dialogue.

Il est important de signaler que le Maroc se mêle des crises régionales que l’Algérie a pris la responsabilité de solutionner grâce à sa diplomatie. En fait, nous assistons à une « guerre » diplomatique » entre Alger et Rabat. Une « guerre » dans laquelle des factions armées de l’Azawad sont prises en « otages » par le Maroc. Certes, l’acteur le plus important parmi les factions des Azawad est incontestablement le MNLA. Le mouvement en question n’a pas hésité de jouer sur les deux fronts, Alger et Rabat, pour arriver à ses fins.

Cependant, il s’agit là d’un jeu troublant qui peut attirer de gros ennuis au MNLA. Il est clair que l’Algérie ne va pas se taire après que le MNLA s’est rendu à Rabat, quelques jours seulement avant le début du dialogue d’Alger. Pour le MNLA, la politique est un jeu où il faut jouer toutes ses cartes pour arriver à s’imposer. Toutefois, ce jeu peut s’effondrer comme un château de cartes.

Pour rappel, en plus des représentants du pouvoir central malien, six groupes armés, le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA), la Coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et enfin le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), l’aile dissidente, vont participer aujourd’hui au dialogue intermalien à Alger, pour trouver une issue définitive à la crise armée qui frappe depuis plus de deux décennies le Mali. Une crise qui a engendré des milliers de morts. Le MNLA ainsi que les autres factions réclament leur indépendance alors que l’Etat malien, pour sa part, a refusé une telle revendication.

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