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Nationale

Dialogue intermalien: Lamamra appelle au compromis

Dialogue intermalien: Lamamra appelle au compromis

Ils étaient tous présents jeudi à l’hôtel Aurassi d’Alger. Négociateurs maliens des deux bords, médiateurs étrangers et algériens ainsi que les représentants de la communauté internationale.

La cérémonie a consisté en la lecture de messages forts tous en faveur d’une solution globale et définitive à la crise qui secoue le nord du Mali depuis des décennies. En président de séance, le MAE algérien, Ramtane Lamamra a insisté, comme tous les orateurs de la médiation, pour que chacun consente à accepter le compromis.

Prévue à 14 heures, la cérémonie ne commence que vers le coup de 18h alors que les officiels algériens et maliens étaient à l’heure. Ces derniers ayant probablement été discrètement informés d’une demande émanant des différents groupes de rebelles qui ont voulu faire le point avant toute déclaration publique en plénière. Les médiateurs les invitent à rejoindre un autre étage de la partie de l’hôtel réservée pour l’événement. Concertation à huis-clos.

Retard et suspens

Dans la grande salle où la tribune et les chaises des participants ont été préparées, les journalistes et quelques organisateurs se posent des questions. Il en est pour spéculer sur un éventuel incident de dernière minute qui empêcherait le bon déroulement du lancement de la quatrième phase des pourparlers intermaliens d’Alger.

Un monsieur d’un certain âge en costume-cravate rassure : « Non, ne vous impatientez-pas, il ne se passe rien de grave, on règle quelques détails à huis-clos et la cérémonie va commencer. » Un cameraman de la télévision nous explique qu’il s’agit d’un fonctionnaire des Affaires étrangères.

On patiente donc. « S’apprêtent-ils à signer un accord important aujourd’hui comme ce fut le cas pour la feuille de route en juillet et septembre dernier ? » se demandent quelques confrères pressés d’obtenir l’info capitale du jour. Plus prudent, un journaliste malien fait remarquer que le document proposé lors du 3eme round par la médiation et intitulé Elément pour un accord pour la paix et la réconciliation, aurait fait l’objet de trop de critiques pour qu’on en soit déjà à l’étape de la signature. Les heures passent, il est plus de 17 heures et des rumeurs de divergences traversent la salle, comme pour meubler le temps.

Mais une demi-heure plus tard, le ministre des Affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, revient avec un sourire qui parait tout à fait naturel. Suivi des staffs diplomatiques de la médiation et des négociateurs, rebelles et émissaires de Bamako.

Appel au compromis

Le MAE malien, Abdoulaye Diop ne semble pas moins détendu, réitérant toute la confiance de son pays à l’endroit de la médiation. Assis et vêtus de leur tenue traditionnelle, les chefs de délégations des groupes politico militaires du Septentrion malien font bloc sur l’aile gauche de la salle qui fait face à la tribune. Silencieux et l’air grave, ils écoutent les interventions des médiateurs qui ouvrent la cérémonie lorsque le président de séance Ramtane Lamamra leur donne la parole.

Du représentant de la présidente en exercice de l’UA, un diplomate burkinabé qui en profite pour faire le point de la situation politique dans son pays après le renversement populaire de Blaise

Compaoré, au représentant de l’Union européenne – qui considère qu’il est naturel que les négociations prennent du temps mais qu’il ne faut pas trop exagérer- tous ont appelé au compromis pour aboutir à un accord global et définitif. Compromis étant le mot-clé de la cérémonie.

Lamamra et la patience du Sud

L’intervention d’un des représentants de la rébellion, Ag Ghissa s’exprimant au nom de la coordination, qui fait figure de camp plus radical que celui regroupé dans la Plate-forme, est venue rappeler qu’arriver à un compromis n’était pas une démarche simple.
Comme à l’accoutumée, il décrit, lors de sa prise de parole, l’amertume des populations du nord du Mali subissant encore les affres de la marginalisation et de la répression passées. Ramtane Lamamra s’empresse de lui répondre que tous ces aspects seront pris en considération lors des discussions à huis-clos du lendemain à la résidence Djenane El Mithak et qu’elles n’excluent pas la paix et la réconciliation.

Répondant aussi indirectement à tous les impatients qui voient dans la durée des pourparlers d’Alger des raisons de douter du résultat, le diplomate expérimenté s’autorise un emprunt métaphorique à la tradition orale du sud de l’Algérie.
« J’ai appris chez nos compatriotes du grand sud qui mènent des caravanes de dromadaires où le fonctionnement est basé Sur la solidarité absolue contre l’aridité et les conditions de vie très difficiles, que ladite caravane avance à la vitesse du dromadaire le plus lent. »

Ajoutant qu’il n’était pas dans son esprit de désigner qui ralentit les négociations, le MAE algérien accuse avec fair-play les critiques émises contre le document de la médiation. Expliquant qu’une acceptation trop rapide du texte à l’écriture complexe aurait été aussi suspecte et peu crédible qu’un rejet catégorique. Et de se féliciter que le document soit reconnu comme base de réflexion pour aboutir à une rédaction consensuelle lors des ateliers de cette quatrième phase du dialogue qui devaient commencer vendredi dernier à Djenane El Mithak. Nous y reviendrons.

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