Développement mondial: L’Algérie impose son nouveau paradigme
Au deuxième jour des travaux du Forum parlementaire mondial, organisé conjointement par le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, les députés algériens Youssef Hamidi et Salim Merah ont pris part aux échanges, portant la voix de l’Assemblée populaire nationale (APN) dans une enceinte marquée par les enjeux de croissance et de financement des économies émergentes. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi, un communiqué de l’APN.
A travers cette participation au Forum parlementaire mondial, l’Algérie a défendu une vision du développement qui articule réformes économiques, stabilité politique et ouverture internationale, dans un contexte où les défis globaux appellent des réponses coordonnées et durables.
Intervenant au sein de la commission dédiée aux « investissements dans les marchés émergents », M. Merah a exposé les grandes lignes de l’expérience algérienne en matière d’attractivité économique. S’appuyant notamment sur les récentes appréciations formulées par la direction du FMI à l’issue d’une visite officielle en Algérie, il a mis en avant les progrès enregistrés au cours des dernières années.
Le parlementaire a ainsi souligné « l’amélioration notable du climat des affaires », attribuée à une série de réformes structurantes touchant aussi bien le cadre juridique de l’investissement que la question du foncier économique. A cela s’ajoute la mise en place de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement et l’avancée significative du processus de numérisation de l’administration.
Poursuivant sa présentation, il a relevé « une dynamique encourageante des exportations hors hydrocarbures », lesquelles ont plus que doublé en l’espace de cinq ans. Il a souligné que cette évolution s’inscrit dans un contexte de reprise progressive après la pandémie de COVID-19, accompagnée d’un recul des tensions inflationnistes. L’intervention a également été l’occasion de mettre en avant les priorités sectorielles sur lesquelles repose la stratégie nationale de diversification économique.
L’accent a été mis sur les infrastructures numériques, considérées comme un levier essentiel pour moderniser l’économie et améliorer la compétitivité. Les efforts engagés dans le développement des réseaux de transport et de logistique, incluant les ports et les chemins de fer, ont également été évoqués comme des facteurs clés pour faciliter les échanges et soutenir l’investissement.
Le secteur de l’énergie occupe, lui aussi, une place centrale dans cette vision, avec une approche qui combine valorisation des ressources traditionnelles et développement des énergies renouvelables. A cela s’ajoute une attention particulière portée aux start-up et à l’innovation, dans l’objectif de faire émerger un écosystème entrepreneurial capable de répondre aux exigences d’une économie en mutation.
Paix et développement, deux dimensions liées
Abordant les enjeux internationaux, M. Mera a replacé la question économique dans une perspective plus large, considérant que « la stabilité mondiale constitue un facteur déterminant pour le développement ». Il a soutenu que « les équilibres économiques ne peuvent être consolidés sans un environnement international apaisé, fondé sur la coopération et le respect mutuel ».
C’est dans cette optique qu’il a évoqué la visite en Algérie du Pape Léon XIV, effectuée à l’invitation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Il a estimé que « ce déplacement revêt une portée symbolique forte », en ce qu’il illustre la vocation de l’Algérie à promouvoir le dialogue entre les cultures et les religions, dans un contexte international marqué par de nombreuses tensions.
Sur le plan économique, le député a rappelé que « la consolidation de la paix constitue une condition sine qua non pour un développement durable », permettant de réorienter les ressources vers des secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé ou encore les technologies. Il a, en outre, mis en avant le parcours de l’Algérie, marquée par une histoire de lutte et de sacrifices, ainsi que sa capacité à bâtir un Etat engagé en faveur de la stabilité interne et régionale. Une trajectoire qui, selon lui, « confère à l’Algérie une légitimité particulière pour promouvoir le dialogue et le règlement pacifique des différends ».
En conclusion, M. Merah a estimé que les résultats enregistrés par l’Algérie traduisent « l’existence de bases solides pour poursuivre la transformation économique du pays ». Il a ajouté que les perspectives de diversification, d’attraction des investissements et de création d’emplois reposent, selon lui, sur la poursuite des réformes et sur l’adaptation continue des politiques publiques.
Dans ce processus, le rôle du Parlement apparaît déterminant pour l’élaboration de cadres législatifs adaptés, le contrôle de l’action gouvernementale et la consolidation de la confiance entre les différents acteurs économiques, l’institution parlementaire contribuant directement à l’amélioration de l’environnement des affaires.