Deux nouvelles unités à l’hôpital de Chéraga pour prendre en charge la santé mentale des jeunes
L’engagement du gouvernement à placer la santé mentale des jeunes au cœur de ses priorités s’illustre par l’inauguration de deux nouvelles unités spécialisées visant à garantir l’optimisation de leur prise en charge. C’est ce qu’a indiqué, jeudi, le ministre de la Santé, Abdelhak Saïhi.
Dans ce cadre, le ministre a procédé à l’inauguration de deux unités de pédopsychiatrie au niveau de l’établissement hospitalier spécialisé en santé mentale Mahfoud-Boucebci de Chéraga. Il a déclaré, à cette occasion, qu’« il est de notre devoir de prendre soin de cette tranche d’âge des jeunes qui est très importante. Ceci d’autant plus que le gouvernement ne ménage aucun effort pour prendre soin de tous les patients et suivre les développements scientifiques dans différentes disciplines médicales, comme la médecine mentale des adolescents et la pédiatrie ». Il a également révélé « l’existence d’une coordination gouvernementale pour la prise en charge rapide des enfants scolarisés et la formation des médecins dans de nouvelles spécialités scientifiques adaptées aux exigences de la pédopsychiatrie ».
L’inauguration des deux nouvelles unités à l’hôpital de Chéraga s’inscrit dans une démarche globale de lutte contre les troubles mentaux chez les jeunes.
La première unité, dédiée aux adolescents, permettra de leur offrir une prise en charge individualisée et adaptée à leurs besoins spécifiques. Composée d’une équipe pluridisciplinaire (psychiatres, psychologues, assistants sociaux, éducateurs spécialisés), elle accompagnera les jeunes dans leurs difficultés et les aidera à développer leur résilience face aux épreuves de la vie.
La seconde unité, dédiée aux consultations et urgences pédopsychiatriques, répond à un besoin urgent en matière de prise en charge immédiate des enfants en situation de crise. Dotée d’équipements modernes et d’une équipe qualifiée, elle permettra d’intervenir rapidement et efficacement dans les moments les plus critiques, évitant ainsi des drames potentiels.
Le ministre a soutenu que la création de ces unités devrait également être diffusée sur l’ensemble du territoire national. Il a ainsi souligné la nécessité du jumelage d’hôpitaux dans le Nord, les Hauts Plateaux et le Sud pour acquérir et échanger des expériences et des connaissances afin d’améliorer les services de santé fournis à cette catégorie et à d’autres catégories de patients.
En outre, le ministre a, à cette occasion, tiré la sonnette d’alarme face à l’augmentation des troubles mentaux chez les adolescents et les enfants. Il a pointé du doigt l’influence néfaste de « nouveaux comportements induits par l’utilisation à mauvais escient des technologies de l’information et de la communication ». Addiction aux écrans, cyber-harcèlement, exposition à des contenus violents ou à caractère sexuel, ces phénomènes, en plein essor à l’ère du numérique, fragilisent la santé mentale des jeunes et les rendent plus vulnérables aux troubles anxieux, dépressifs ou psychotiques.
Pour contrer ces effets néfastes, le ministre a appelé à une mobilisation collective. Il a notamment préconisé une meilleure sensibilisation des parents et des éducateurs aux enjeux de la santé mentale des jeunes, ainsi qu’un encadrement plus strict de l’utilisation des écrans chez les enfants et les adolescents.
M. Saïhi a également insisté sur la nécessité de renforcer la formation des médecins généralistes en pédopsychiatrie. Cette mesure permettra d’améliorer la prise en charge des patients sur tout le territoire national et de faciliter l’accès à des soins spécialisés pour les jeunes et les enfants.
Par ailleurs, le premier responsable du secteur de la santé a présidé, jeudi dernier, une réunion d’évaluation du plan national de prise en charge des patients atteints de cardiomyopathie hypertrophique obstructive. Dans une allocution prononcée à l’ouverture des travaux de cette rencontre, M. Saïhi a souligné « l’intérêt que porte le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la promotion de la santé et à la prise en charge des malades ». Il a conforté ses propos en citant « l’affectation d’un budget conséquent au secteur et l’ouverture de plus de 600 structures de santé depuis 2021, ce qui a permis d’améliorer les prestations sanitaires ». M. Saïhi a également souligné l’importance de la création de pôles et de services de santé pour améliorer la prise en charge des malades, notamment dans les wilayas du sud du pays.
Après avoir rappelé les principaux facteurs de risque de cardiopathie, dont la mauvaise alimentation et la sédentarité, le ministre a insisté sur la nécessité d’appuyer le rapport d’évaluation du Plan national de prise en charge des malades (PAM) atteints de cardiomyopathie hypertrophique obstructive par des données et des chiffres précis permettant une évaluation minutieuse du niveau de réalisation des objectifs de ce plan lancé il y a trois ans.
M. Saïhi a également insisté sur l’importance du renforcement de la formation continue du personnel du secteur, notamment les médecins généralistes, pour assurer une prise en charge optimale des malades, y compris ceux atteints de cardiopathie.